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Rugby: Perpignan retrouve la coupe d'Europe face aux London Irish

mercredi 2 avril 2008 à 16:25


Le Perpignanais Adrien Plante (C), le 9 février 2008 à Clermont-Ferrand

Le Perpignanais Adrien Plante (C), le 9 février 2008 à Clermont-Ferrand (Photo: Raymond Roig / AFP)

PERPIGNAN (AFP) - Avec le 4e quart de finale de son histoire, samedi face aux London Irish, Perpignan retrouve les sommets de l'Europe alors qu'il rejoint en France le haut (4e) du Top 14, signe d'une alchimie tardive mais au timing parfait autour de Jacques Brunel, l'ex-entraîneur adjoint du XV de France.

L'Union est encore jeune (cinq mois), mais elle n'a jamais connu d'état de grâce. A pied d'oeuvre dès la fin du Mondial-2007, Brunel ne put auparavant que superviser à distance la préparation d'un groupe comptant 14 joueurs mobilisés en Coupe du Monde. Et l'USAP paya de n'avoir eu qu'un vrai mois pour se pencher sur le chantier de jeu de l'ancien adjoint de Bernard Laporte.

D'où un collectif dispersé, un rugby hésitant, manifestes lors d'un début de saison poussif: deux défaites et un nul hideux (3-3 contre Bourgoin). De vilaines rechutes (à Bayonne, Biarritz) après chaque coup de rein en Coupe d'Europe. Et jusqu'à février, une pluie de blessés.

Jacques Brunel (D) avec Bernard Laporte, le 16 juillet 2007 à Font-Romeu

Jacques Brunel (D) avec Bernard Laporte, le 16 juillet 2007 à Font-Romeu (Photo: Martin Bureau / AFP)

"Les débuts ont été difficiles", convient Brunel, 54 ans. "Il fallait trouver un équilibre dans l'équipe, dans le jeu, une cohérence. Les résultats ont été délicats. On n'a pas eu le coup de pouce qui nous aurait permis d'aller plus vite."

La sonnette d'alarme est tirée il y a un mois avec le nul (10-10) face à l'avant-dernier, Dax. L'USAP est alors 10e et son président, Paul Goze, explose devant les carences dans le combat: "On n'est pas une équipe, et encore moins une équipe de l'USAP !"

Brunel est discuté, des joueurs disent peiner avec les demandes dans le jeu, les repères, l'alternance. Un stage intime, dans la neige et sans ballon, voit certains vider leur sac. Et une USAP recentrée sur ses valeurs "culturelles" -conquête, combat, défense-, vient s'imposer à Paris (23-12), où le champion de France n'avait plus perdu depuis trois ans et demi.

Brunel a fait front. Physiquement, il est redescendu dans l'arène, de l'observation en tribunes au banc de touche. Et sans parler d'ambitions de jeu rognées, le manageur, adepte à la fois du mouvement et de la discipline, a ajouté une dose de pragmatisme.

"Parfois, il faut savoir reculer pour mieux avancer ensuite", observe-t-il.

Coup de maître, Brunel a marqué les esprits en allant chercher -comme joker médical- le 2e ligne Christophe Porcu, retraité de 36 ans qui promenait ses 118 kg à Torreilles, en Fédérale 3. En six semaines, il est devenu le "papa" du pack catalan. Seul Brunel, son entraîneur à Auch dans les années 90, y croyait.

Le calme est revenu. L'USAP enchaîne les succès -quatre depuis Jean-Bouin. Résultat: elle s'offre des phases de qualité, comme contre Montpellier (27-6) où, derrière les +Galactiques+ de l'effectif, de jeunes révélations (Planté, Pérez) trouvent leur compte.

Voilà dans quel état une USAP, recadrée et confiante, retrouve les quarts européens après une saison d'absence (défaite en 2006 face au Munster). Avec une réelle chance de passer des London Irish qu'elle battit en Poule 1, 23-6 à Aimé-Giral, et bouscula, 16-24 à Reading.

Voilà comment Brunel lui-même regoûte aux sommets de l'Europe des clubs (il mena Colomiers en finale en 1999), après cinq mois d'ajustement, du cadre huilé de la sélection nationale à celui, plus pimenté voire explosif, du club catalan.

"Je n'ai pas été surpris", analyse-t-il. "Je connaissais le contexte. Ici, c'est passionnel, un petit peu excessif parfois. C'est aussi ce qui m'a attiré dans ce challenge."


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