par Marc Verney
Article publié le 11/10/2007 Dernière mise à jour le 11/10/2007 à 17:04 TU

l'Anglais Jonny Wilkinson échappe au Français Fabien Pelous durant la demi finale de la cinquième Coupe du monde à Sydney le 16 novembre 2003.
(Photo : AFP)
Le premier match officiel entre la France et l’Angleterre a lieu en mars 1906. La rencontre se solde par une lourde défaite des Français par 35 à 8. Il faudra patienter jusqu’en 1927 pour voir une équipe tricolore l’emporter sur l’Angleterre à domicile au stade Yves-du-Manoir de Colombes par le score étriqué de 3 à 0. En un siècle (1906-2007), les deux équipes se sont rencontrées à 89 reprises : il y a eu sept matchs nuls, 35 victoires tricolores, 47 anglaises…
La rivalité entre les deux nations naît d’abord dans le Tournoi. Après d’épineuses années trente où la France se fait expulser de la compétition pour la violence de son rugby et l’argent qui coule un peu trop dans son championnat, c’est, après la Deuxième Guerre mondiale, en 1951 qu’un XV tricolore bat les Anglais chez eux pour la première fois. Une victoire historique, arrachée 11 à 3 à Twickenham grâce notamment à deux essais de Guy Basquet et de Jean Prat.
Rugby-champagne
Les années soixante et soixante-dix sont marquées par l’avènement en France, d’un rugby plus mobile, avec des attaquants au style parfois inattendu. Les nations britanniques donnent un nom à ce jeu « à la française » : le « french flair » est né. C’est le summum du rugby-champagne qui est atteint lors du Tournoi 1972, à l’occasion du dernier France-Angleterre se tenant au stade Yves-du-Manoir. Le XV tricolore, qui compte dans ses rangs des joueurs comme Walter Spanghero, Pierre Villepreux ou Jo Maso passe six essais au XV de la rose qui est battu 37 à 12.
Dans les années suivante, c’est autour des packs, chez les « gros » que la rivalité se fait la plus forte. Si la France de Jacques Fouroux, Jean-Pierre Romeu et de Jean-Pierre Rives gagne 4 à 3 en 1977 à Twickenham, sous les huées de la foule anglaise, les années qui suivent voient l’Angleterre peu à peu reprendre la main. Entre 1989 et 1995, grâce à des joueurs puissants et vifs comme Dooley, Ackford, Moore, Guscottt ou Carling, l’Angleterre remporte huit rencontres consécutives, dont un match de la Coupe du monde 1991 en France au Parc des Princes (quart de finale) 19 à 10 (deux essais d’Underwood et de Carling). C’est aussi l’époque où le capitaine Will Carling glisse aux Français son fameux et condescendant « good game » à la fin des matchs… une petite phrase qui énerve singulièrement des joueurs français dépassés...
L’ère de Sir Clive Woodward
Opposées dans le match pour la troisième place de la Coupe du monde 1995, les deux équipes se livrent peu, et à l’issue de 80 minutes ternes, c’est la France qui l’emporte 19 à 9 au stade Loftus Versfeld de Pretoria. L’arrivée de l’entraîneur Clive Woodward (ancien international, 21 sélections) va sonner le réveil du XV de la rose. Après un mauvais Mondial 1999 (élimination en quarts de finale contre l’Afrique du Sud), Woodward pérennise la titularisation de joueurs d’exception, Vickery, Johnson, Dallaglio, Wilkinson… et l’équipe continue de progresser : elle remporte le Grand Chelem 2003 pour la première fois depuis 1995 (victoire 25-17 face à la France à Twickenham). Un succès suivi d’une brillante tournée dans l’hémisphère sud à la fin du printemps pour préparer la Coupe du monde : les Anglais gagnent contre l’Australie et les All Blacks.
La fiche technique des trois matchs France-Angleterre de Coupe du monde
19 octobre 1991
Quart de finale
A Paris, au Parc des Princes devant 43 000 spectateurs, l’Angleterre bat la France 19 à 10 (10-6 à la mi-temps).
Les points
Angleterre : deux essais, Underwood (19e), Carling (82e), une transformation de Webb (82e), trois pénalités de Webb (6e, 9e, 75e).
France : un essai de Lafond (51e), deux pénalités de Lacroix (16e, 22e).
Les équipes
Angleterre : Webb, Heslop, Carling (capitaine), Guscott, Underwood, Andrew, Hill, Winterbottom, Teague, Skinner, Dooley, Ackford, Probyn, Moore, Leonard.
France : Blanco (capitaine), Lafond, Sella, Mesnel, Saint-André, Lacroix, Galthié, Cabannes, Cécillon, Champ, Roumat, Cadieu, Ondarts, Marocco, Lascube.
22 juin 1995
Match pour la troisième place
A Pretoria, au Loftus Versfeld devant 45 000 spectateur, la France bat l’Angleterre par 19 à 9 (3-3 à la mi-temps).
Les points
France : un essai de Roumat (58e), un essai de Ntamack (80e), trois pénalités de Lacroix (40e, 41e et 56e).
Angleterre : trois pénalités d’Andrew (26e, 47e et 61e).
Les équipes
France : Sadourny, Ntamack, Sella, Lacroix, Saint-André (capitaine), Mesnel, Galthié, Cabannes, Cigagna, Benazzi, Roumat, Merle, Califano, Gonzalez, Benezech.
Angleterre : Catt, Hunter, Carling (capitaine), Guscott, Underwood, Andrew, Morris, Clarke, OJomoh, Rodber, Bayfield, Johnson, Ubogu, Moore, Leonard.
16 novembre 2003
Demi finale
Au Stade olympique de Sydney, devant plus 82 000 spectateurs, par un temps pluvieux et frais, l’Angleterre bat la France 24 à 7 (12-7 à la mi-temps).
Les points
Angleterre : cinq pénalités (33e, 40e+5, 54e, 63e, 75e) et trois drops (9e, 40e+4, 59e) de Jonny Wilkinson.
France : un essai de Serge Betsen (10e), transformation de Frédéric Michalak.
Les équipes
Angleterre : Lewsey, Robinson, Greenwood, Catt (Tindall 71e), Cohen, Wilkinson, Dawson (Bracken 73e), Back, Dallaglio, Hill (Moody 76e), Kay, Johnson (capitaine), Vickery, Thompson (West 80e+1), Woodman (Leonard, 80e+1).
France: Brusque, Rougerie, Marsh, Jauzion, Dominici (Poitrenaud 38e), Michalak (Merceron 65e), Galthié (capitaine), Magne, Harinordoquy, Betsen (Labit 65e), Thion, Pelous, Marconnet, Ibanez, Crenca (Milloud 63e).
(Source : AFP)