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Chronique des matières premières

Vanille malgache, des collecteurs se sentent floués

Faute de contrat écrit, les livraisons de vanille effectuées par les paysans ou les collecteurs auprès des exportateurs tardent parfois à être payées, une source de contentieux dont on parle peu à Madagascar car ces différends commerciaux sont rarement réglés devant la justice. Joséphine et Alexis, deux collecteurs bien connus dans le triangle de la vanille, au nord-ouest de la grande île, avaient déjà entendu ce genre d’histoires sans y porter grande attention jusqu’au jour où ils l’ont expérimenté : voilà plus de trois ans qu’ils attendent le paiement d’une livraison effectuée en décembre 2003 pour Vanillemad. Montant de l’ardoise en franc malgache de l’époque : une quinzaine de milliards. Après moult relances, ils en ont récupéré une partie mais en ce début d’année ils finissent par prendre peur, car depuis quelques mois la rumeur enfle dans la région : Vanillemad va déposer son bilan. Et dans ce cas, contre qui vont-ils se retourner ?

Echaudés, ils portent l’affaire devant la justice. Ykbal Hiridjee, le patron de Vanillemad vient alors en personne à Sambava pour discuter avec les deux plaignants : soufflant le chaud et le froid, il leur prédit un enlisement de l’affaire devant la justice dont ils ne sortiront pas indemnes avant de leur proposer un nouvel arrangement à l’amiable, un rééchelonnement de sa dette jusqu’en 2008. Mais dès son retour à Tana, l’accord trouvé semble déjà oublié.

Pour Andriamihaja Santos, le directeur financier du groupe, le problème est ailleurs : «En 2003 la récolte a été mauvaise, tout le monde a eu des pertes, et ces collecteurs n’ont pas livré un produit à la hauteur de la qualité promise», et puis il ajoute, «de toute façon chaque fois que j’ai essayé de discuter avec cette dame, elle ne fait que pleurer». La dame en question, dame Joséphine, pleure, mais en vain : pour financer les campagnes suivantes, elle s’est endettée auprès de sa famille. Pour sécuriser leur paiement en cas de victoire devant la justice qui se prononcera à la fin du mois d’avril, ils font saisir au début du mois de mars une cargaison appartenant à Vanillemad prête à être expédiée, ainsi que de la marchandise stockée en magasin.

Peine perdue, le tribunal des référés a ordonné la semaine dernière la levée de la saisie, un jugement « au mépris du droit et de la procédure », selon l’avocat des collecteurs, Maître Rajaonarivelo. Un avis partagé par de nombreux professionnels de la vanille. Commentaire d’un concurrent : « Ce type de pratique est malsain pour le marché, c’est triste mais malheureusement c’est assez répandu de par le monde ». A moins que les clients ne deviennent plus exigeants. Pour éviter que leur marque ne soit associée à des pratiques douteuses, certains fabricants de crème glacée veillent à l’éthique de leur fournisseurs de vanille.


DROIT DE REPONSE
 

Ce droit de réponse, contrairement à l’article incriminé ne juge personne, la justice est là pour le faire, pas la presse qui doit rester témoin sans prendre parti dans une procédure judiciaire en cours et encore moins contester l’autorité de la chose jugée qui par deux fois vient de nous donner raison. La campagne 2003 dont tout le monde se rappelle « hausse des prix, baisse de la qualité » est la raison majeure de la diminution du marché de la vanille naturelle dans le monde, remplacée par des produits de substitution. Des collecteurs pré financés pour la totalité de leurs achats par notre société pour des montants importants ne peuvent prétendre à des prix exorbitants pour des qualités de marchandises livrées volontairement hors délais et ne correspondant pas aux besoins des clients ni à l’éthique de la profession. Le collecteur est un mandataire qui doit agir exclusivement sur instruction de son mandant et comme tout mandat il doit rendre compte… et non l’inverse. Rappelons également qu’il est responsable de l’exécution de son mandat. La société Vanille Mad tient à faire savoir que les pratiques d’antan sont révolues, n’en déplaisent à certains nostalgiques « Kororevaka », coup de balance à l’endroit de petits préparateurs / collecteurs, livrer de la vanille au nom d’un tiers pour se soustraire aux obligations comptables et fiscales, confondre les transactions commerciales et financières entre les comptes personnels et les comptes commerciaux, emprunter de l’argent (famille ou usuriers) pour spéculer sans pour autant que ces prêts n’apparaissent dans la comptabilité ni dans les déclarations fiscales des uns et des autres, aucune déclaration d’emploi notamment à cause de l’utilisation de la main-d’œuvre infantile. Ces pratiques de certains de nos concurrents sont effectivement malsaines. Créée en 1996, bien après la libéralisation du marché, notre société a réalisé d’importants investissements qui nous permettent d’apporter une contribution citoyenne en terme d’action sociale et professionnelle, une formation technique locale et à l’étranger de nos équipes, « qualité – traçabilité », une cantine et transport pour le personnel (400 personnes), un cadre agréable, propre et sain pour humaniser le travail, une infirmerie pour l’éducation sanitaire et médicale (action contre le SIDA), un appui à l’éducation et la lutte contre le travail des enfants, un laboratoire, ainsi qu’un détecteur de métal pour la satisfaction de nos clients (démarche qualité) des ingénieurs agronomes pour la conservation de l’environnement, la promotion dans le monde entier de la Vanille Naturelle de Madagascar au travers de salons, foires, congrès à nos frais. Tout ceci reflète un esprit et une situation saine de notre entreprise qui ne s’achemine nullement, n’en déplaise à nos concurrents, vers un dépôt de bilan bien au contraire, car l’adversité nous motive. Quelle action, quels investissements, quelle contribution au développement nos accusateurs informels ont-ils à mettre en face…Les choses bien faites peuvent être copiées mais de grâce, ne les détruisons pas ! Ce développement, cette action citoyenne, notre encrage dans le long terme n’ont été possible qu’avec le soutien de nos partenaires financiers mais également grâce à nos actions concertées et communes avec l’administration malgache, dans le cadre de structure nationale et internationale de promotion pour le développement et le soutien de la Vanille Naturelle de Madagascar, des planteurs que nous soutenons dans ces périodes difficiles, mais également grâce aux vrais collecteurs professionnels qui nous sont fidèles. Nous remercions nos clients dont beaucoup connaissent nos actions et notre éthique sans lesquels notre programme ci-dessus n’aurait pu se réaliser et pour le soutien permanent qu’ils nous apportent pour développer le marché mondial de la Vanille Naturelle pour que gagne Madagascar, naturellement.

Pour la société Vanille Mad
Nilam HIRIDJEE


[06/04/2006]

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