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Contenus : le «libre» gagne du terrain

Le Manuel Sésamath 5e : Un manuel scolaire en accès libre sur le Net téléchargeable au format OpenOffice  

		(Photo :http://www.sesamath.net)
Le Manuel Sésamath 5e : Un manuel scolaire en accès libre sur le Net téléchargeable au format OpenOffice
(Photo :http://www.sesamath.net)
Phénomène marginal, il y a encore quelques années, les logiciels libres comme Linux sont aujourd’hui dans tous les établissements scolaires. Les projets «open source» se multiplient. Du contenant (logiciel) au contenu (les cours), il n’y a qu’un pas qu’ont décidé de franchir certains enseignants.

Windows n’a pas le monopole en matière de système d’exploitation, on trouve son équivalent à coût réduit du côté de Linux. Paris a ouvert pour la première fois les portes du Palais Brongniart à un colloque très studieux de l’Association des sociétés de services en logiciels libres (ASS2L). Objectif : faire le point sur les grandes évolutions du marché des logiciels libres. Au menu également de cette manifestation : des débats sur l’avancée de l’informatique libre dans le système éducatif français. Qu’on se le dise, les logiciels libres comme le système d’exploitation Linux ou le navigateur web Firefox, jusqu’alors réservés à quelques initiés, aux entreprises et aux administrations publiques sont en train de bousculer le monde de l’éducation en France. La particularité des logiciels libres, c’est qu’ils peuvent être diffusés librement sans licence. Leur code source (le cœur du logiciel) est accessible et modifiable à loisir.

C’est en octobre 1998 que le ministère français de l'Education nationale a pris pour principe l’utilisation des logiciels libres. Un accord-cadre portant sur le déploiement des standards ouverts dans le système éducatif français est ainsi signé cette année-là avec l’Association francophone des utilisateurs de Linux et des logiciels libres (Aful). D’abord réservée aux universités, l’utilisation des logiciels libres s’est ensuite étendue aux écoles primaires, lycées et collèges. A l’heure actuelle, la majorité des académies ont doté leurs établissements scolaires du navigateur Firefox et 96% des serveurs web de l’Education nationale tournent sous un logiciel libre.

Un choix pédagogique

Le logiciel libre est-il une alternative au logiciel privé propriétaire ? Linux constitue une solution peu coûteuse pour la mise en réseau d’un établissement d’enseignement, comme l’explique Jean-Pierre Archambault, coordonnateur du pôle de compétences logiciels libres au Centre national de documentation pédagogique (CNDP) : «Les équipements informatiques (matériel, logiciel) des établissements scolaires ont un coût. A l’achat, les logiciels libres offrent des solutions nettement moins chères. Pourquoi payer 10 000 fois une licence alors qu’il existe la suite bureautique gratuite OpenOffice ?».  Des raisons économiques mais également pédagogiques expliquent cet engouement du mammouth pour les standards ouverts («open source»). Et Jean-Pierre Archambault d’argumenter : «l’école doit permettre aux élèves d’acquérir une culture informatique et non les seules fonctions de base de tel ou tel outil».

D’autres initiatives qui concernent directement l’«open source» ont également obtenu le soutien actif et logistique du ministère. Du contenant (logiciel) au contenu, il n’y a qu’un pas qu’ont décidé de franchir certains enseignants. «La banalisation d’internet fait que de plus en plus d’enseignants sont des utilisateurs mais également des auteurs de contenus», rappelle à ce propos Jean-Pierre Archambault. Utiliser un support comme internet pour permettre à des professeurs de partager leurs connaissances tel est le vœu de Sébastien Hache, professeur de mathématiques et animateur de Sésamath. L’association sur la Toile, c’est d’abord un portail d’informations en ligne. Ensuite, un réseau qui réunit en ligne près de 15 000 professeurs de mathématiques sur les 40 000 que compte l’Hexagone. Enfin, des projets comme un manuel scolaire libre.

Une compilation de logiciels libres

Derrière cet ouvrage, il n’y aucune société marchande mais une communauté de professeurs de mathématiques qui se sont retrouvés pendant plusieurs mois sur le Net comme l’explique Sébasien Hache : «ce manuel conforme aux nouveaux programmes de mathématiques en classe de 5ème a été développé, conçu et rédigé de manière coopérative par une cinquantaine de professeurs qui ont travaillé en réseau via internet. Cet ouvrage est le premier manuel scolaire libre, gratuit c’est-à-dire accessible à tout le monde. Chacun peut donc apporter des améliorations et en faire profiter les autres ». Tous les chapitres du manuel sont proposés sur le Net en accès libre. Pour ceux qui ne peuvent le télécharger, reste l’édition papier aux environs de 10 euros. Les pays en développement d’Afrique francophone, sont dans l’ensemble demandeurs d’un tel concept. Le Sénégal devrait être le premier à bénéficier de ce manuel.

Dans le même esprit, le CNDP travaille également à la production de contenus libres en partenariat avec des sociétés de services de logiciels libres. Parmi les initiatives déjà engagées, celle du Centre régional de documentation pédagogique (CRDP) de l’académie de Paris qui a édité une clé USB, «la Framakey», qui comprend une compilation de logiciels libres prêts à l’emploi tels que le navigateur web Firefox, la suite bureautique phare du monde libre OpenOffice ou bien encore le logiciel de téléphonie sur le Net Wengo. Ce dispositif a en outre le principal avantage de fonctionner sans installation sur le disque dur et de disparaître au retrait de la clé. Autre avantage, la clé peut fonctionner aussi bien sur PC, sur Mac, que sur quasiment tout autre type de machine y compris un ordinateur peu puissant. Là encore, l’utilisateur a le choix de télécharger gratuitement en ligne la compilation ou bien encore d’acheter la version  au prix de 35 euros. Cette première Framakey à destination des enseignants sera suivie de deux autres modèles destinés au monde des professionnels de la musique, et aux petites et moyennes entreprises.



par Myriam  Berber

Article publié le 27/06/2006Dernière mise à jour le 27/06/2006 à TU