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Madagascar

L’orchidée, ambassadrice de la biodiversité

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La Cité des sciences et de l’industrie réserve une place d’honneur à l’orchidée, une fleur dont les propriétés séduisent les industriels de la cosmétique et de la parfumerie. Le groupe Alban Muller, expert en phytocosmétique et phytothérapie, mise sur le «vert intelligent» et la qualité «made in France». Tout en protégeant l’orchidée noire et l’orchidée reine de Madagascar, deux espèces très menacées, le laboratoire entend valoriser les ressources et les savoir-faire malgaches. Le groupe ambitionne de développer un commerce équitable au profit des populations, sans dommage pour la biodiversité. Racée, gracile et délicatement parfumée, l’élégantissime fleur est au cœur d’une exposition qui se tient à Paris (France), jusqu’au 9 mars 2008.

Eulophiella roempleriana © Lecoufle
Eulophiella roempleriana
© Lecoufle

Sauvage, voluptueuse, sensuelle, l’orchidée exprime la ferveur et l’union dans le langage symbolique des fleurs. En Asie, cette plante noble est liée à l’art de la calligraphie et du pinceau. Elle évoque un monde de beauté à l’harmonie délicate et fragile. De toutes les tailles, de toutes les formes et de toutes les couleurs, elles sont en fait des milliers à appartenir à la plus grande famille végétale de la planète.

En dépit des saccages dont a été victime la forêt primaire où l’orchidée prospère, l’île de Madagascar en abrite encore, à elle seule, environ mille deux cents variétés. La belle Angraecum eburneum longicalcar, blanche, aux longs  éperons, était quasi portée disparue : en 1964, pourtant, le botaniste Marcel Lecoufle en redécouvre quelque spécimens. En 2006, quatre rejetons de cette fleur élégante, aux pétales délicatement dentelés, ont été réintroduits à Madagascar.

Angreacum sesquipedale ou Etoile de Madagascar © Lecoufle
Angreacum sesquipedale ou Etoile de Madagascar
© Lecoufle

Engagé en faveur de la biodiversité, le groupe Alban Muller qui, depuis trente ans, explore les réservoirs naturels de la planète et qui s’est imposé dans l’industrie de la parfumerie, des cosmétiques et de la santé par les plantes, a donc fait le pari de redéployer la culture de Angraecum eburneum longicalcar. A tout seigneur tout honneur, l’orchidée «une plante à haute valeur ajoutée», doit retrouver sa place au sein de la capitale de la grande île (plus étendue que la France) : Alban Muller explique qu’il s’agit surtout «d’engager un processus de développement durable et solidaire dans un pays parmi les plus pauvres de la planète».

Alban Muller

Président du groupe éponyme et du pôle Cosmetic Valley

«C'est une orchidée qui sera produite par les Malgaches et non pas prélevée puis exploitée ailleurs.»

Alban Muller, président du producteur éponyme d’extraits naturels, est également président du pôle de compétitivité Cosmétic Valley, un pôle qui rassemble les plus grands noms de la parfumerie française, et qui représente soixante-dix pour cent de la production nationale de la filière. Une industrie nationale très … florissante, placée au quatrième rang de l’exportation française et générant environ trois milliards d’euros de chiffres d’affaire annuels.

Alban Muller

Président du groupe éponyme et du pôle Cosmetic Valley

«Il y a un projet à Antananarivo, de réintroduire certaines plantes rares pour l'agrément de tous mais pour avoir aussi une production à exporter.»

Acampe renschiana © Lecoufle
Acampe renschiana
© Lecoufle

L’exposition de la Cité des sciences explique au visiteur comment Madagascar, une île qui était accolée à l’Afrique et à l’Inde il y a 160 millions d’années, est devenue «un sanctuaire d’espèces disparues partout ailleurs sur la planète et présente un des taux d’espèces  endémiques le plus élevé au monde». Cependant, les cultures sur brûlis, les extractions de minerais et la déforestation ont détruit leur habitat naturel et ont entraîné la disparition des insectes transportant le pollen permettant leur reproduction, au point que certaines variétés d’orchidées sont devenues, de nos jours, introuvables.

Quand la Satyrium séduit le souimanga ...

Grapharchis scripta © Lecoufle
Grapharchis scripta
© Lecoufle

Etymologiquement, orchis signifie testicule en référence à la forme de certaines orchidées terrestres des régions tempérées. D’après les botanistes, le nombre d'espèces d’orchidées répertoriées varie de 25 000 à 30 000. Les orchidées ont colonisé tous les milieux, à l'exception des déserts. Certaines ont développé des stratégies étonnantes de dépendance et de symbiose avec des espèces animales ou végétales : la germination d’une graine d’orchidée dépend de sa rencontre pour l’une avec un champignon, pour l’autre avec un papillon et pour telle autre encore avec le souimanga, un petit oiseau malgache gris blanc, attiré par le nectar de la Satyrium et qui la féconde en allant se délecter.

En marge de cette immense diversité, les horticulteurs ont également cherché à rivaliser avec la nature en croisant les espèces. On dénombre aujourd’hui environ 100 000 orchidées hybrides, souvent stériles, reproduites par clonage en fonction des attentes du marché.



par Dominique  Raizon

Article publié le 14/04/2007 Dernière mise à jour le 14/04/2007 à 15:30 TU