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France/Algérie

La mémoire, les visas, les contrats

par  RFI

Article publié le 05/12/2007 Dernière mise à jour le 05/12/2007 à 06:14 TU

Au dernier jour de sa visite officielle en Algérie, Nicolas Sarkozy s'exprimera devant les étudiants de Constantine avant une dernière rencontre avec le président Bouteflika. La question coloniale reste prégnante. Hier, les entreprises françaises ont signé 5 milliards d'euros de contrats.
Abdelaziz Bouteflika et Nicolas Sarkozy, avant la signature des contrats, à Alger, le 4 décembre.  

		( Photo : AFP )
Abdelaziz Bouteflika et Nicolas Sarkozy, avant la signature des contrats, à Alger, le 4 décembre.
( Photo : AFP )

 « Une nouvelle page s’est ouverte avec l’Algérie », voilà le commentaire de l’Elysée au deuxième jour de la visite de Nicolas Sarkozy. Cette journée a été couronnée par une convention de partenariat d’exception, une sorte de traité d’amitié simplifié qui enterre, une bonne fois pour toute, le traité d’amitié tant souhaité par Jacques Chirac.

Lors d’une cérémonie organisée au Palais de la culture, les deux pays ont également signé une série de contrats dépassant les 5 milliards d’euros, des contrats dans le secteur de l’énergie et de la pétrochimie notamment, mais également dans le domaine des transports (construction d'un tramway), et de la culture : un accord cadre de coproduction et de coopération cinématographique a été signé.

Bref, l’atmosphère semble apaisée, « chacun a fait un pas vers l’autre » affirme l’Elysée. Dans aucun de ses discours Nicolas Sarkozy n’a dit clairement « non à la repentance. » ; dans les deux textes prononcés hier à Alger, le président a évoqué le passé colonial sur le même ton que la veille.

Nicolas Sarkozy

« Depuis l'indépendance de l'Algérie, nos deux pays ont entrepris de bâtir une relation enfin dégagée de l'injustice profonde du système colonial... Nous sommes prêts à regarder en face cette partie de l'histoire sans tabous, y compris dans ce qu'elle a de plus sombre. »

écouter 1 min 17 sec

05/12/2007 par Mouna El Banna

Devant la communauté française, il a parlé de la nécessité d’un travail de mémoire, « mais ce travail, a-t-il dit, ne doit pas être un préalable au développement aux deux pays. » « Je suis convaincu, lui avait dit peu auparavant le président Bouteflika, que cette visite nous permettra d’aborder avec franchise et courage les problèmes qui se posent dans nos rapports. »

Une épineuse question: les visas

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika n'a pas hésité à dénoncer mardi à Alger, devant Nicolas Sarkozy, les mesures de reconduite à la frontière des immigrés clandestins pratiquées dans les pays européens, dont la France.

Avec un million de personnes, la communauté algérienne est l'une des plus importantes installées en France. Avoir plus de visas, pour faciliter les visites familiales ou les études par exemple, sont deux des revendications permanentes des Algériens.

Mais la politique des visas d'entrée s'est durcie, 120 000 ont été délivrés en 2006 contre 270 000 en 2001. Pour Nicolas Sarkozy, la difficulté est de trouver un équilibre entre fermeté et ouverture. Les visas de circulation pourraient être plus systématiques pour les personnes qui ne présentent pas de risque migratoire. D'après une enquête sénatoriale, l'Algérie détient le plus grand nombre de ressortissants qui restent dans l'Hexagone une fois leur visa périmé. On compterait 350 000 Algériens en situation irrégulière en France. Ce chiffre pèse sur les relations bilatérales.

L'un des objectifs de cette visite d'Etat est donc d'améliorer la circulation des personnes entre les deux rives de la Méditérranée, tout en renforçant la lutte contre l'immigration clandestine.

Yazid Zerhouni

Ministre algérien de l'Intérieur

« Monsieur Kouchner avait dit que le peuple français et le peuple algérien sont des frères. Quand un frère vient chez moi, il ne frappe pas à la porte. Lorsqu'il vient avec ses enfants, il entre sans frapper, et j'en fais de même...Ces liens doivent être entretenus et fluidifiés. Ce n'est pas avec les restrictions qu'on peut les fortifier ».

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