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Chronique des matières premières

La ruée vers la terre

Dominique Baillard 

		(Photo : RFI)
Dominique Baillard
(Photo : RFI)

Les financiers en costume cravate qui spéculent ou les automobilistes qui roulent au carburant verts sont volontiers désignés comme responsables de la hausse des produits agricoles. Une vision partielle et surtout très citadine des déterminants de l'agriculture qui a relégué au second plan le fondement pourtant essentiel à tout projet agricole : la disponibilité d'une terre bien arrosée.

Sans augmenter les surfaces cultivées, difficile de répondre aux besoins des milliards d’humains. Dans l’urgence, les pays souffrant le plus de la crise révisent le plan d’occupation des sols. Aux Philippines par exemple, où le gouvernement a tant de mal à trouver sur le marché mondial le riz nécessaire pour nourrir sa population, la conversion des terrains agricoles en terrain constructible a été récemment suspendue pour développer la riziculture. A plus grande échelle, on compte surtout sur les vastes étendues disponibles en Amérique du Sud, en ex-Union Soviétique, voire en Afrique, si les infrastructures suivent, pour augmenter la production. Glencore, poids lourd du négoce des matières premières va louer des dizaines de milliers d’hectares en Australie pour tirer le meilleur parti de la hausse durable des grains. Evidemment la multinationale a choisi des sols assez fertiles pour supporter la sécheresse qui a durement frappé le continent. Car sans eau pas d’agriculture possible.

Au XXè siècle l’agriculture a multiplié sa consommation d’eau par cinq, sans trop se poser de questions sur son coût, nul lorsque la pluie est au rendez-vous. Au XXIè siècle en revanche, l'eau est devenue un bien précieux à utiliser à bon escient. L'Arabie Saoudite, si fière d'être parvenue à l'autosuffisance en blé, vient d'interrompre ce programme qui pompe 85% de ses ressources hydriques. Désormais le royaume s'approvisionnera sur le marché mondial. L'extension de la surface des terres correctement irriguées, voilà qui sera déterminant pour une nouvelle révolution agricole. Les fonds ont déjà anticipé cette tendance, de l'Argentine aux plaines noires d'Ukraine, ils rachètent partout où ils peuvent les terres bon marché, provoquant un boum du foncier dans les pays émergents.


par Dominique  Baillard

[25/04/2008]

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