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RD Congo

Un journaliste de radio Okapi assassiné

par  RFI (avec AFP)

Article publié le 22/11/2008 Dernière mise à jour le 23/11/2008 à 07:39 TU

Didace Namujimbo est le deuxième journaliste de Radio Okapi à être tué à Bukavu.(Source : http://www.radiookapi.net)

Didace Namujimbo est le deuxième journaliste de Radio Okapi à être tué à Bukavu.
(Source : http://www.radiookapi.net)

Didace Namujimbo, journaliste à radio Okapi, a été abattu par balle à bout portant vendredi soir par des inconnus à Bukavu. Il est le second journaliste de cette radio parrainée par les Nations unies assassiné dans cette ville, capitale de la province du Sud-Kivu. La Mission des Nations unies au Congo (Monuc) a déclaré ne rien savoir de l'identité des agresseurs.

D'après des voisins de Didace Namujimbo, il était 21 heures lorsqu’un coup de feu a été entendu dans la rue. Mais en raison du climat de peur qui règne dans la ville, plongée dans le noir à cette heure-là, ce n'est que samedi matin vers 6 heures que le corps du journaliste a été retrouvé sur place baignant dans son sang à moins de 100 mètres de chez lui. Selon radio Okapi, le journaliste a été tué d'une balle dans le cou, juste en dessous de l'oreille droite. La douille a été récupérée sur place.

D'après plusieurs sources, les assassins n'ont pas pris le téléphone portable ni l'argent (50 dollars) que Didace avait sur lui. Pour la Fondation Hirondelle - organisation non-gouvernementale suisse spécialisée dans les projets de médias dans des pays sortant de conflits - cela écarterait la thèse d'un crime crapuleux.

Didace Namujimbo avait enquêté sur l'assassinat de Serge Maheshe

Agé d'une trentaine d'années et père de trois enfants, Didace Namujimbo avait notamment couvert le procès des assassins de Serge Maheshe.

Le 13 juin 2007, Serge Maheshe avait lui aussi été assassiné devant son domicile. Le 21 mai 2008, un tribunal militaire avait condamné à mort trois civils dont les deux tueurs présumés. Or ni l'enquête ni le procès qui a suivi n'ont permis de connaître la vérité sur le mobile de ce meurtre.

A Bukavu bien entendu on ne peut s'empêcher de rapprocher cette mort violente de l'assassinat d'un autre journaliste de radio Okapi. Aujourd’hui à la rédaction de radio Okapi à Bukavu, le sentiment oscille entre le choc face à ce nouveau drame, la peur et la colère.

Léonard Mulamba

L'un des rédacteurs en chef de Radio Okapi

« Nous faisons des reportages sur l'armée, sur les affrontements... Chaque jour nos collègues qui sont dans l'est du pays travaillent dangereusement pour récolter l'information à livrer aux auditeurs de Radio Okapi. »

22/11/2008 par Jean-Pierre Monzat

Chantal Kanyimbo Manyonga

Présidente de l'union nationale de la presse congolaise

« Nous dénonçons ce énième assassinat d'un journaliste congolais. »

22/11/2008


Reporters sans frontières (RSF), organisation basée à Paris, a exprimé samedi son « horreur » après le meurtre de Didace Namujimbo. « Le fiasco du procès des assassins présumés de Serge Maheshe a rendu possible ce second crime abject, qui plonge l'ensemble des journalistes travaillant dans l'est de la RDC dans une totale insécurité », ajoute RSF dans un communiqué.

Radio Okapi est née en février 2002 d'un partenariat entre les Nations unies et la Fondation Hirondelle. Elle est aujourd'hui la seule radio à informer les Congolais dans les quatre langues nationales et en français. 

Bukavu est sous le choc, comme la fondation Hirondelle

« C'est le 2e journaliste de la radio OIkapi qui est assassiné, tous les deux étaient reconnus pour leur fiabilité et leur professionnalisme... »

23/11/2008 par Christine Muratet

Madnodje Mounoubai

Porte-parole de la MONUC, la Mission de l’ONU en RDC

« Nous condamnons ce qui s'est passé, ce lâche assassinat. »

22/11/2008 par Christine Muratet