Rechercher

/ languages

Choisir langue
 

Honduras

L'OEA suspend le Honduras

Article publié le 05/07/2009 Dernière mise à jour le 05/07/2009 à 16:23 TU

Logo de l'Organisation des Etats américains( Photo: OEA )

Logo de l'Organisation des Etats américains
( Photo: OEA )

Réunie en urgence à Washington, l'Organisation des Etats américains (OEA) a suspendu samedi soir le Honduras à la suite du putsch contre le président Manuel Zelaya et du refus des nouvelles autorités de le rétablir dans ses fonctions. S'exprimant lors de cette réunion, Manuel Zelaya a répété son intention de retourner dans son pays ce dimanche. Mais le nouveau pouvoir en place à Tegucigalpa a fait savoir qu'il procédera à son arrestation s'il revient sur le sol hondurien.

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

L’assemblée générale extraordinaire a suivi la recommandation de son secrétaire général et a exclu officiellement le Honduras de l’organisation. José Miguel Insulza, après une semaine de médiation, était rentré de Tegucigalpa avec la conviction que le nouveau gouvernement n’avait nullement l’intention de laisser Manuel Zelaya reprendre ses fonctions.

L’OEA n’avait donc plus d’autres choix que d’appliquer l’article 21 de sa charte, qui stipule que « tout pays qui interrompt inconstitutionnellement l’ordre démocratique peut-être suspendu. » Ce fut le cas pour Cuba en 1962.

Lors d’une séance, qui s’est prolongée tard dans la nuit, Manuel Zelaya a remercié les membres pour leur soutien et a réitéré son désir de retourner aujourd’hui dans son pays. Mais José Miguel Insulza et le secrétaire d’Etat canadien Peter Kent ont essayé de l’en dissuader, soulignant que sa sécurité ne pourrait être garantie.

L’administration Obama, qui soutien Manuel Zelaya, a pour sa part gelé la coopération militaire avec l’armée hondurienne et suspendu certains programmes d’assistance mais n’a pas encore rappelé son ambassadeur. Le président américain souhaite améliorer ses relations avec l’Amérique latine, mais il est critiqué par les conservateurs qui lui reprochent de se placer dans le camp d’Hugo Chavez et Raul Castro.

Manuel Zelaya interrogé samedi soir sur Telesur

« Je suis en train d'organiser mon retour au Honduras. Je demande à tous les paysans, aux femmes au foyer, aux habitants, aux indigènes, aux jeunes, aux différentes organisations de travailleurs, aux chefs d'entreprise, à tous les amis politiques que j'ai sur le territoire national, de m'accompagner lors de mon retour. C'est le retour du président élu par la volonté souveraine du peuple. Quant à vous les putschistes, les traîtres, qui avez porté un grand coup à notre pays et à la démocratie, vous devez dans les meilleurs délais rendre des comptes devant les tribunaux internationaux pour le génocide qui est en cours dans notre pays. Tous les pays du monde vous ont condamné, sans exception. »

A écouter

Le cardinal Oscar Rodriguez, archevêque de Tegucigalpa

« Nous pensons qu'une action précipitée comme tenter de revenir au pays maintenant, pourrait provoquer un bain de sang. »

05/07/2009