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Chine

Urumqi: mosquées vides, gares assaillies

Article publié le 10/07/2009 Dernière mise à jour le 10/07/2009 à 13:05 TU

Les violences interethniques se sont calmées à Urumqi, mais la population les redoute toujours. Des commerces ont bien rouvert leurs portes, mais l'un des temps forts de la journée, la grande prière du vendredi pour les musulmans, n'a pas pu se dérouler comme d'habitude puisque la plupart des mosquées de la capitale du Xinjiang étaient fermées. Les Ouïghours mais aussi les Hui, - autre minorité musulmane, - ont été encouragés à prier chez eux. Certains restent donc à la maison et d'autres préfèrent partir. Du coup, des milliers de personnes ont envahi les gares routières et ferroviaires d’Urumqi. Les forces de police restent très nombreuses. Les soldats quadrillent la ville.

La cohue à une station de bus dans la ville d'Urumqi, le 10 juillet 2009.(Photo : Reuters)

La cohue à une station de bus dans la ville d'Urumqi, le 10 juillet 2009.
(Photo : Reuters)

 
Avec notre correspondant à Pékin
, Marc Lebeaupin

Après avoir affirmé jeudi que la situation était sous contrôle à Urumqi, les dirigeants de la ville ont tout de même pris la décision de limiter l’accès aux mosquées le jour du grand rassemblement de la population musulmane pour la prière du vendredi. Une décision prise dans la nuit.

 Jeudi, l’imam d'une mosquée d'Urumqi nous disait qu’il s’apprêtait à accueillir les fidèles et qu’il allait lancer un message d’apaisement et de renoncement à la violence. Malgré cela, les autorités locales n’ont autorisé que quelques mosquées à ouvrir leur porte parmi lesquelles la Mosquée Blanche située dans un quartier excentré de la capitale où un millier de fidèles se sont rassemblés.

Une des rares mosquées ouvertes à Urumqi, le 10 juillet 2009.(Photo : Reuters)

Une des rares mosquées ouvertes à Urumqi, le 10 juillet 2009.
(Photo : Reuters)

 
Dans un communiqué, les dirigeants locaux ont conseillé tout de même aux musulmans de prier chez eux. Des consignes avaient été affichées également ce matin sur la plupart des édifices religieux restés fermés et les forces de sécurité, équipées d’armes automatiques et de matraques, se sont redéployées autour de ces lieux de prière.

« On ne peut rien faire », constatait ce vendredi matin un membre de la communauté ouïghoure selon lequel « les Chinois considèrent toujours que la religion est au service des partisans du séparatisme, de l’extrémisme et du terrorisme ».

La tension restait donc vive aujourd’hui à Urumqi où des milliers d’habitants tentaient ce matin de quitter la ville, poussés par la peur de nouvelles violences.