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Etats-Unis

Le projet de « Ground Zero » s’enlise

par  Sylvain Biville

Article publié le 11/09/2009 Dernière mise à jour le 11/09/2009 à 20:47 TU

Hommage des familles des victimes du 11-Septembre sur le site de Ground Zero.(Photo : Reuters)

Hommage des familles des victimes du 11-Septembre sur le site de Ground Zero.
(Photo : Reuters)

Barack Obama a affiché vendredi la détermination des Etats-Unis à traquer al-Qaïda, lors d’une cérémonie au Pentagone, commémorant le huitième anniversaire des attentats du 11 septembre. A New York, le vice-président, Joe Biden, a participé, sur le site des deux tours détruites, à un hommage aux 2752 victimes des attaques contre les « Twin Towers ». Huit ans après les faits, « Ground Zero », qui doit être transformé en mémorial, est toujours un vaste chantier et les New-Yorkais commencent à s'impatienter face à la lenteur des travaux.

Les cérémonies de commémoration du 11-septembre

« A Ground Zero, à New York, les proches des victimes se succèdent au micro pour lire les noms de 2 751 morts de ce matin-là. »

11/09/2009 par Donaig Le Du

Barack Obama, président des Etats-Unis

sur le 11-septembre

« Renouvelons l'esprit de ce jour la capacité humaine non pas pour le mal mais au service du bien. »

11/09/2009


« Ground Zero »
est aujourd'hui l'un des sites les plus visités de New-York. Huit ans après les attentats du 11 septembre, les millions de badauds qui se pressent sur les lieux n'ont toujours rien d'autre à contempler qu'un trou béant, du béton et des grues.

Dans les mois qui ont suivi la catastrophe, les plus grands architectes ont été mis à contribution pour effacer la balafre laissée par la disparition des « Twin Towers ». Sous la houlette de l’Américain Daniel Liebeskind, un ambitieux projet a été présenté, alliant le devoir de mémoire aux impératifs commerciaux.

- Le mémorial et le musée, prévus au niveau du sol, doivent être composés de fontaines et de deux gigantesques bassins rappelant l’emplacement des tours.

- La « Freedom Tower », une gigantesque tour de plus de 500 mètres, est censée combler le vide laissé par les « Twin Towers » dans le « skyline » (ligne d’horizon) de Manhattan. Comme dans les tours détruites, un observatoire et des restaurants sont prévus au dernier étage. Une fois achevée, ce devrait être la plus haute construction sur le sol américain.-

- Quatre autres gratte-ciel sont également prévus dans le projet initial.

- Une gare ferroviaire souterraine, de même importance que « Grand Central Station », doit accueillir, à terme 200 000 voyageurs par jour.

- Une salle de spectacles, un centre commercial et des milliers de mètres carrés de bureaux doivent compléter l’ensemble.

Maquette du projet de réhabilitation de « Ground Zero », établie par New York and New Jersey Port Authority.(Photo : Silverstein Properties)

Maquette du projet de réhabilitation de « Ground Zero », établie par New York and New Jersey Port Authority.
(Photo : Silverstein Properties)

Retards et batailles judicaires

Le projet a suscité la fierté des New Yorkais lors de sa présentation. Depuis, il donne l’impression de s’enliser. L’autorité portuaire de New York (« Port Authority »), agence gouvernementale propriétaire des lieux et responsable des travaux, est enferrée dans d’interminables batailles judiciaires avec des promoteurs immobiliers, dont Larry Silverstein, qui avait obtenu la gestion en location du « World Trade Center » six semaines avant les attentats et doit depuis être consulté pour toute décision concernant l’avenir du site.

Le budget initial a explosé, pour atteindre la somme astronomique de trois milliards de dollars, uniquement pour ce qui relève de Port Authority. La crise financière n’a fait qu’aggraver les choses, dans ce quartier voisin de Wall Street. Sur les cinq tours prévues au départ, deux gratte-ciels pourraient être purement et simplement abandonnés, en raison de l’état du marché de l’immobilier de bureaux.

Les New-Yorkais s'impatientent

Face aux multiples retards, les Américains hésitent entre lassitude et colère. Le Washington Times rappelle que l’Empire State Building, qui fut pendant quatre décennies le plus haut bâtiment du monde, a été construit à New York, en pleine crise économique, en 18 mois. Sur la défensive, les responsables des travaux assurent que plus de 1 000 ouvriers s’activent chaque jour à « Ground Zero » et que le chantier avance à grands pas. Mais ce qui alimente la frustration, c’est que, huit années après la catastrophe, aucune des différentes composantes du projet global n’est achevée.

Selon un sondage de l’Université de Quinnipiac, deux New-Yorkais sur trois pensent que le mémorial ne sera jamais prêt, comme prévu, pour les cérémonies du dixième anniversaire en 2011, selon un sondage de l'Université de Quinnipiac. 25% des personnes interrogées disent même ressentir de la honte face à la lenteur des travaux. « Il y a de la déception, peut-être pas de la colère, mais certainement de l'inquiétude, de voir que tant d'années après les attaques terroristes du 11 septembre, il y ait eu si peu de progrès dans la reconstruction du site », souligne Maurice Carroll, directeur de l’institut de sondages.

Maurice Carroll, directeur de l'institut de sondage de l'université Quinnipiac

« Vous regardez le chantier à travers le grillage, et vous vous dites 'Oh mon Dieu !' toutes ces années et ça n'a pas beaucoup avancé. »

11/09/2009 par Sylvain Biville