Rechercher

/ languages

Choisir langue
 

Iran

Quatre hauts gradés tués dans un attentat-suicide

par  RFI

Article publié le 18/10/2009 Dernière mise à jour le 18/10/2009 à 13:17 TU

Des Gardiens de la Révolution défilent à Téhéran, le 21 septembre 2008.(Photo : AFP)

Des Gardiens de la Révolution défilent à Téhéran, le 21 septembre 2008.
(Photo : AFP)

Un attentat-suicide a tué une vingtaine de personnes - ce dimanche, dans la province du Sistan-Balouchistan, au sud-est du pays. Parmi les victimes, on dénombre quatre hauts gradés appartenant au corps d'élite de l'armée du pays, les Gardiens de la Révolution dont le numéro deux des forces terrestres, le général Nour-Ali Shoushtari. 

« Dans cette action terroriste, le général Nour-Ali Shoushtari, l'adjoint du commandant de l'armée de terre des Gardiens de la Révolution, le général Mohammad-Zadeh, commandant des Gardiens de la Révolution pour le Sistan-Balouchistan, le commandant des Gardiens pour la ville d'Iranshahr (sud-est), et le commandant de l'unité Amir-al Momenin ont été tués », a indiqué l'agence de presse iranienne Fars.

Même si aucun groupe n'a encore revendiqué l'attentat, tous les regards se portent sur une organisation, dénommée Joundallah (soldats de Dieu), qui a commis plusieurs attentats dans cette région. Ce mouvement extrémiste, dirigé par d’Abdolmalik Rigi, réunit les rebelles sunnites de l’est de l’Iran. Ils se disent proches des talibans afghans. Fort d’environ mille combattants entraînés et armés, le groupe affiche ouvertement sa volonté de prendre le contrôle de la province du Sistan-Baloutchistan.

Zahedan, chef lieu de la province de Sistan-Balouchistan.(Carte : DK/RFI)

Zahedan, chef lieu de la province de Sistan-Balouchistan.
(Carte : DK/RFI)

Le régime de Téhéran accuse également ce mouvement d’avoir des liens étroits avec al-Qaïda et ses ramifications au Pakistan. Cet attaque survient au moment même où l'armée pakistannaise mène une offensive contre les talibans au Pakistan.

Le Sistan-Balouchistan n’est pas seulement la deuxième plus grande province d’Iran, il est également - et avant tout – l’une des plus pauvres et des moins développées du pays. La région, voisine des frontières afghanes et pakistanaises, est le berceau de la plus importante communauté sunnite de l’Iran qui se sent opprimée par les chiites.  

Le Sistan-Balouchistan est délaissé en terme d'investissements par le pouvoir et un seul marché se trouve en pleine expansion : le trafic de stupéfiants et notamment de l’opium afghan, pour lequel cette province est le plus important point de passage. La drogue est pratiquement le seul gagne-pain lucratif pour nombre d’habitants de la région.

Téhéran accuse régulièrement les Etats-Unis et la Grande-Bretagne de soutenir les rebelles sunnites dans les provinces frontalières de l’Iran, provoquant ainsi des tensions ethniques.

L'« opppression mondiale » accusée

Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier commis ces dernières années contre les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du régime islamique. L’adjoint du chef de l’armée de terre des Gardiens de la Révolution et le commandant de ce corps d’élite dans la province du Sistan-Balouchistan font partie des victimes.

Aucun groupe n’a revendiqué l’attentat-suicide mais les autorités iraniennes accusent généralement le groupe rebelle sunnite Joundallah d’être derrière ces actions armées. Le groupe Joundallah a revendiqué par le passé plusieurs attentats, notamment celui en mai dernier, contre une mosquée, qui avait fait vingt-cinq morts à Zahedan, chef-lieu de la province. En février 2007, une voiture piégée avait explosé au passage d’un bus des Gardiens de la Révolution, faisant treize morts.

Le président du Parlement iranien, Ali Larijani a accusé directement les Etats-Unis, en affirmant que cette acte résultait de l’action des Etats-Unis contre l’Iran. Ces derniers mois, les autorités iraniennes, à chaque fois qu’il y avait eu des attentats, ont accusé les Etats-Unis et la Grande-Bretagne de soutenir les groupes armés qui combattent le régime central, notamment le groupe Joundallah qui agit au Sistan-Balouchistan, mais aussi des groupes autonomistes ou indépendantistes kurdes, comme le Pejak, au Kurdistan iranien ainsi que des rebelles arabes dans la province du Khouzistan à la frontière avec l’Irak.