Rechercher

/ languages

Choisir langue
 

Maroc

Procès en série contre la presse

par  RFI

Article publié le 26/10/2009 Dernière mise à jour le 26/10/2009 à 04:49 TU

Site web du journal « Al Jarida al Oula ».(Photo : aljaridaaloula.com)

Site web du journal « Al Jarida al Oula ».
(Photo : aljaridaaloula.com)

La presse vit des jours difficiles dans le royaume du Maroc. Ces dernières semaines, les atteintes à la liberté d’expression s’accumulent. Journalistes condamnés à des peines de prison, hebdomadaires saisis, journaux étrangers interdits, les exemples sont nombreux. Dernier en date, le blocage de la distribution du journal Le Monde vendredi pour cause de publication d’une caricature de la famille royale. Deux journalistes d'un quotidien arabophone sont également poursuivis pour publication de fausses informations sur la santé du roi. Le verdict est attendu ce lundi.

Ce dimanche soir, trois hommes bloquaient toujours l’entrée de la rédaction d’Akhbar el Youm. Depuis quatre semaines une dizaine de policiers en civil interdit l’accès au troisième journal le plus lu du pays.

La raison ? Le quotidien est poursuivi pour avoir publié une caricature jugée diffamatoire. Sur le dessin, le cousin du roi Mohammed VI se tient devant le drapeau du Maroc. Et l’étoile marocaine à 5 branches en partie dissimulée aurait été remplacée par une étoile de David, selon le procureur du roi.

Résultat : le dessinateur (Khalid Gueddar), et le directeur du journal, (Taoufik Bouachrine) risquent tous deux une peine de 3 à 5 ans de prison pour outrage au drapeau national.

L’autre verdict attendu aujourd’hui est celui d’Al Jarida al Oula, le 2e journal le plus lu au Maroc.  Cette fois c’est une enquête sur l’état de santé du roi qui leur vaut des poursuites. Le directeur et un journaliste sont accusés de publication de fausses informations. Ils risquent entre 3 mois et 1 an de prison.

Mais ici, beaucoup s’attendent déjà à un verdict sévère. Il y a 10 jours, le directeur d’un autre quotidien a été condamné à un an de prison ferme et 885 euros d’amende pour exactement les mêmes faits.

Autant d’affaires qui révèlent les limites voir un recul de la liberté d’expression au Maroc.

Ce recul est d’ailleurs mesuré par le classement de Reporters sans frontière, publié la semaine dernière : le Maroc a perdu 5 places dans le ranking en chutant à la 127e place sur 175 pays. L’association s’inquiète de ces procès répétés contre des journalistes et prévoit de donner une conférence de presse ce lundi au Maroc.