France : législatives 2002
Semaine du 1er au 7 juin
Samedi 01/06/2002
Noël Mamère en campagne électorale
Le candidat des Verts à la présidentielle et député sortant de la 3e circonscription de Gironde s'active dans la banlieue bordelaise pour obtenir un deuxième mandat malgré l'effritement de son score local. En effet, après une victoire serrée aux dernières municipales (mars 2001), l’ancien journaliste n’a totalisé que 10,34% des suffrages dans sa circonscription le 21 avril dernier. Noël Mamère part pourtant confiant et table sur le report des voix de gauche au second tour des législatives, malgré de solides inimitiés locales.
Christine Boutin s’active
Un mois et demi après le premier tour de l’élection présidentielle où elle a obtenu 2,34% des suffrages dans les Yvelines, Christine Boutin sillonne les 66 communes de la 10e circonscription où elle brigue un cinquième mandat de député sous l’étiquette UMP. Mais sa réélection ne devrait pas être une simple formalité puisque 15 candidats se présentent contre elle.
Elisabeth Guigou en Ile-de-France
L’ancienne ministre de Lionel Jospin se présente dans la 9e circonscription de Seine-Saint-Denis dans laquelle elle a la lourde tâche de ne pas perdre cette terre acquise aux socialistes depuis 1981 et doit aussi faire oublier sa défaite aux municipales à Avignon. En dépit de multiples candidats à gauche, Elisabeth Guigou que l’on dit «parachutée» dans ce département, a toutes les chances de se retrouver au second tour.
Dimanche 02/06/2002
Marine Le Pen se présente dans le Pas-de-Calais
A 34 ans, la fille de Jean-Marie Le Pen, se présente dans la 13e circonscription du Pas-de-Calais où elle semble irriter ses adversaires comme le député sortant, le socialiste Jean-Claude Bois, en course pour un cinquième mandat. Ex-avocate, Marine Le Pen a trouvé une circonscription de choix : le Front national ayant réalisé son meilleur score du département au premier tour des législatives de 1997, avec 18,56% des suffrages.
Les législatives, une aubaine pour les nationalistes
Ils n’ont aucune chance d’avoir des élus mais les petits partis nationalistes corses profitent de ces élections pour prôner une évolution sans violence de leur île vers l’autonomie et faire ainsi entendre leurs différences avec les indépendantistes, absents de la campagne. Ces modérés ne pèsent guère, faute de représentativité politique, alors que Corsica Nazione, fort de 8 députés à l’Assemblée corse, a pu s’imposer comme l’un des interlocuteurs du gouvernement Jospin, pour négocier les accords de Matignon.
Georges Sarre menacé
Le maire chevènementiste du Xième arrondissement et député de la 6e circonscription, la plus à gauche de Paris, est pour la première fois menacé par une candidate socialiste venue le défier dans ces quartiers qu’il domine depuis 1981. Georges Sarre, 66 ans, élu municipal depuis 1971, député de 1981 à 1988, ministre de 1988 à 1993 puis de nouveau député, a été réélu en 1997 avec 37,56% des voix au premier tour et 61,91% au second, aux dernières législatives.
Lundi 03/06/2002
La droite donnée toujours vainqueur
36% des électeurs voteraient pour un candidat de l’UMP ou de l’UDF (droite), tandis que 24,5% voteraient pour le Parti socialiste (gauche) ou 13% pour le Front national (extrême droite), selon un sondage IFOP, paru dans le Journal du Dimanche. Les Verts et les communistes arrivent ensuite à égalité à 5% des intentions de vote. Les candidats de l’extrême gauche seraient choisis par 4,5% des électeurs, les Divers droite par 4%, ceux du Pôle républicain par 2%, les écologistes (1%) et le parti de Bruno Mégret (1%).
Inquiétude face à la multitude de candidats
Les Français vont devoir décider, dimanche prochain, s’ils donnent au président Chirac une large majorité à l’Assemblée nationale ou s’ils renouvellent une cohabitation forcée avec le Parti socialiste, mais pour ce «troisième tour de la présidentielle», le nombre record de candidatures risque une nouvelle fois de brouiller les cartes. Malgré les tentatives d’union de la droite et de la gauche parlementaire, 8 456 candidats sont inscrits pour le premier tour des législatives, soit en moyenne près de 15 par circonscription. Daniel Cohn-Bendit a d’ailleurs jugé «délirante» cette multiplication des candidatures notamment à gauche tout en déplorant que «la classe politique reparte comme avant le 21 avril».
Mardi 04/06/2002
Le dur combat de Dominique Voynet
La secrétaire nationale des Verts s’attend à un combat difficile avec l’Union pour la majorité présidentielle, à Dole, pour conserver son siège dans la 3e circonscription du Jura, face à la mobilisation des chasseurs et aux règlements de compte de la gauche, malgré le soutien officiel des appareils socialiste, communiste et du Parti radical de gauche. «C’est la femme à abattre. On n’aime pas trop les gens qui montent. En plus, elle ne cultive pas la langue de bois. Alors, elle a droit à toutes les critiques, souvent au ras des pâquerettes», a même déploré l’un de ses conseillers.
La Corrèze convoitée par la gauche
En Corrèze, les trois députés sortants (deux socialistes et un RPR) sont bien placés pour être réélus, même si la situation est incertaine dans les circonscriptions de Brive et d’Ussel. Dans la première circonscription, la droite ne croit pas à ses chances. Le député François Hollande a arpenté sa circonscription depuis cinq ans et mène une campagne très active. Dans la deuxième circonscription, le député socialiste sortant apparaît légèrement favori. Dans la troisième circonscription, le député RPR est donné favori mais sa réélection dépendra du score réalisé par les chasseurs mais aussi de l’extrême droite.
Quelle position adoptera Jean-Pierre Chevènement ?
Le chef de file du Pôle républicain a indiqué que son mouvement n’avait pas arrêté de position quant à son attitude en cas de victoire de la gauche aux législatives. En cas de victoire de cette dernière, «nous nous adopterons aux politiques qui seront faites», a-t-il déclaré. Quant à son attitude entre les deux tours, Jean-Pierre Chevènement a affirmé qu’il ferait «en sorte qu’au vu des résultats, un certain nombre de dispositions soient arrêtées, sous réserve de réciprocité».
Mercredi 05/06/2002
La droite toujours donnée gagnante
54% des Français souhaitent la victoire de la droite, contre 38% celle de la gauche, selon un sondage Ifop pour l’Express, réalisé les 30 et 31 mai. Le nombre de personnes souhaitant la victoire de la droite a plutôt tendance à progresser depuis le début du mois de mai (41% le 3 mai, 54% le 17 mai et 55% le 24 mai) et inversement, la part des personnes préférant la victoire de la gauche diminue légèrement.
Robert Hue critique la droite
Le député sortant communiste de la 5e circonscription du Val d’Oise où il brigue un nouveau mandat, a mis en garde contre les conséquences d’une «mainmise chiraco-RPR» sur la France après les législatives. Parlant du salaire minimum, Robert Hue s’est prononcé pour une hausse de 100 euros au 1er juillet prochain.
Le maire de Paris moqueur
Dans une tribune publiée dans le journal le Monde, Bertrand Delanoë fait valoir que la droite a réduit la campagne des législatives «à une problématique unique : la cohabitation». D’autre part, le maire socialiste de la capitale française estime que le «gouvernement risque de creuser les fossés déjà perceptibles de la société française» et que «la France d’en bas pourrait prochainement tomber de haut».
Jean Tibéri, de nouveau candidat à Paris
L’ex-maire de Paris, député depuis 34 ans, aborde les législatives avec confiance : pour affronter les 21 candidats qui se présentent dans son fief, il bénéficie de l’investiture de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) et du soutien officiel de la droite, bien qu’il soit toujours exclu du RPR. Jusqu’en 1995, Jean Tibéri a pratiquement toujours été élu au premier tour dans sa circonscription ou son arrondissement. Celle qui a réussi à le faire vaciller n’est autre que la socialiste Lyne Cohen-Solal, adjointe au maire de Paris, qu’il affronte pour la troisième fois, après les législatives de 1997 et les municipales de 2001.
Jeudi 06/06/2002
Un RPR suspendu
Michel Bulté, conseiller de Paris et conseiller régional d’Ile-de-France, a été suspendu du RPR en raison de sa candidature dans la 20e circonscription de Paris, en contradiction avec l’investiture de l’Union pour la majorité présidentielle donnée à Lynda Asmani. Régulièrement candidat dans cette circonscription parisienne, l’ex-adjoint de Jean Tibéri avait été en 1998 candidat à la présidence du RPR, sans finalement réunir les parrainages nécessaires.
La cohabitation au centre de tous les débats
Après une campagne taxée de morne par la presse, les Français décideront les 9 et 16 juin prochains s’ils veulent doter le président de droite, Jacques Chirac, d’une majorité parlementaire ou renouveler l’expérience de la cohabitation avec la gauche. Paradoxalement, alors que la percée de Jean-Marie Le Pen, candidat de l’extrême droite, au premier tour de la présidentielle, avait suscité une vive réaction en France, la campagne pour les législatives ne passionne pas les foules.
Appel à la mobilisation
Le Parti socialiste a appelé à la mobilisation des électeurs de gauche à trois jours du premier tour des législatives. «Pour nous, c’est essentiel qu’on ne se retrouve pas le 9 juin dans la situation du 21 avril, multipliée par des dizaines et des dizaines de circonscriptions», a déclaré Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste de l’Assemblée nationale sortante. «Ce danger existe et c’est pour cela que nous appelons à la mobilisation», a-t-il ajouté.
Vendredi 07/06/2002
Jean-Marie Le Pen démontrera qu’il n’a pas torturé
Le président du Front national, lors d’une conférence de presse, ce vendredi, démontrera en présence d’un témoin qu’il n’a pas pratiqué la torture en Algérie. Après la publication dans Le Monde de plusieurs témoignages militants et sympathisants du FLN algérien affirmant avoir été torturés par Jean-Marie Le Pen durant la guerre d’Algérie, le leader de l’extrême droite a dénoncé «une machination immonde intervenant à cinq jours des législatives».
Paris, terre de prédilection
La gauche espère bénéficier, dans la capitale française, d’un «micro-climat» qui, comme aux municipales de mars 2001, lui permettrait, même en cas de vents contraires nationaux, de poursuivre une progression continue depuis 1995. Elle compte ainsi préserver les 9 circonscriptions sur 21 qu’elle contrôle depuis 1997.
La députation, c’est fini pour certains !
Environ 15% des députés sortants (soit 84) de la législature 1997-2002 ne se représentent pas. Et les raisons sont diverses : soit pour des raisons d’âge, soit parce qu’ils étaient les suppléants de ministres qui reprennent leurs circonscriptions, soit encore parce qu’ils ont dû laisser leur place à des femmes, en raison de la parité.
La multiplication des candidats est dangereuse
La diversité des candidatures à droite comme à gauche, avec le risque d’éparpillement des voix que cela comporte, peut conduire à l’élimination dès le premier tour de candidats des grandes formation politiques, telle l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) ou le Parti socialiste (PS). Des candidats de gauche mais aussi de droite risquent d’être victimes d’un scénario comparable à celui du premier tour de la présidentielle, plusieurs circonscriptions pouvant connaître non pas des triangulaires (droite-gauche-extrême droite) comme en 1997, mais des duels droite-extrême droite ou gauche-extrême droite.
Noël Mamère en campagne électorale
Le candidat des Verts à la présidentielle et député sortant de la 3e circonscription de Gironde s'active dans la banlieue bordelaise pour obtenir un deuxième mandat malgré l'effritement de son score local. En effet, après une victoire serrée aux dernières municipales (mars 2001), l’ancien journaliste n’a totalisé que 10,34% des suffrages dans sa circonscription le 21 avril dernier. Noël Mamère part pourtant confiant et table sur le report des voix de gauche au second tour des législatives, malgré de solides inimitiés locales.
Christine Boutin s’active
Un mois et demi après le premier tour de l’élection présidentielle où elle a obtenu 2,34% des suffrages dans les Yvelines, Christine Boutin sillonne les 66 communes de la 10e circonscription où elle brigue un cinquième mandat de député sous l’étiquette UMP. Mais sa réélection ne devrait pas être une simple formalité puisque 15 candidats se présentent contre elle.
Elisabeth Guigou en Ile-de-France
L’ancienne ministre de Lionel Jospin se présente dans la 9e circonscription de Seine-Saint-Denis dans laquelle elle a la lourde tâche de ne pas perdre cette terre acquise aux socialistes depuis 1981 et doit aussi faire oublier sa défaite aux municipales à Avignon. En dépit de multiples candidats à gauche, Elisabeth Guigou que l’on dit «parachutée» dans ce département, a toutes les chances de se retrouver au second tour.
Dimanche 02/06/2002
Marine Le Pen se présente dans le Pas-de-Calais
A 34 ans, la fille de Jean-Marie Le Pen, se présente dans la 13e circonscription du Pas-de-Calais où elle semble irriter ses adversaires comme le député sortant, le socialiste Jean-Claude Bois, en course pour un cinquième mandat. Ex-avocate, Marine Le Pen a trouvé une circonscription de choix : le Front national ayant réalisé son meilleur score du département au premier tour des législatives de 1997, avec 18,56% des suffrages.
Les législatives, une aubaine pour les nationalistes
Ils n’ont aucune chance d’avoir des élus mais les petits partis nationalistes corses profitent de ces élections pour prôner une évolution sans violence de leur île vers l’autonomie et faire ainsi entendre leurs différences avec les indépendantistes, absents de la campagne. Ces modérés ne pèsent guère, faute de représentativité politique, alors que Corsica Nazione, fort de 8 députés à l’Assemblée corse, a pu s’imposer comme l’un des interlocuteurs du gouvernement Jospin, pour négocier les accords de Matignon.
Georges Sarre menacé
Le maire chevènementiste du Xième arrondissement et député de la 6e circonscription, la plus à gauche de Paris, est pour la première fois menacé par une candidate socialiste venue le défier dans ces quartiers qu’il domine depuis 1981. Georges Sarre, 66 ans, élu municipal depuis 1971, député de 1981 à 1988, ministre de 1988 à 1993 puis de nouveau député, a été réélu en 1997 avec 37,56% des voix au premier tour et 61,91% au second, aux dernières législatives.
Lundi 03/06/2002
La droite donnée toujours vainqueur
36% des électeurs voteraient pour un candidat de l’UMP ou de l’UDF (droite), tandis que 24,5% voteraient pour le Parti socialiste (gauche) ou 13% pour le Front national (extrême droite), selon un sondage IFOP, paru dans le Journal du Dimanche. Les Verts et les communistes arrivent ensuite à égalité à 5% des intentions de vote. Les candidats de l’extrême gauche seraient choisis par 4,5% des électeurs, les Divers droite par 4%, ceux du Pôle républicain par 2%, les écologistes (1%) et le parti de Bruno Mégret (1%).
Inquiétude face à la multitude de candidats
Les Français vont devoir décider, dimanche prochain, s’ils donnent au président Chirac une large majorité à l’Assemblée nationale ou s’ils renouvellent une cohabitation forcée avec le Parti socialiste, mais pour ce «troisième tour de la présidentielle», le nombre record de candidatures risque une nouvelle fois de brouiller les cartes. Malgré les tentatives d’union de la droite et de la gauche parlementaire, 8 456 candidats sont inscrits pour le premier tour des législatives, soit en moyenne près de 15 par circonscription. Daniel Cohn-Bendit a d’ailleurs jugé «délirante» cette multiplication des candidatures notamment à gauche tout en déplorant que «la classe politique reparte comme avant le 21 avril».
Mardi 04/06/2002
Le dur combat de Dominique Voynet
La secrétaire nationale des Verts s’attend à un combat difficile avec l’Union pour la majorité présidentielle, à Dole, pour conserver son siège dans la 3e circonscription du Jura, face à la mobilisation des chasseurs et aux règlements de compte de la gauche, malgré le soutien officiel des appareils socialiste, communiste et du Parti radical de gauche. «C’est la femme à abattre. On n’aime pas trop les gens qui montent. En plus, elle ne cultive pas la langue de bois. Alors, elle a droit à toutes les critiques, souvent au ras des pâquerettes», a même déploré l’un de ses conseillers.
La Corrèze convoitée par la gauche
En Corrèze, les trois députés sortants (deux socialistes et un RPR) sont bien placés pour être réélus, même si la situation est incertaine dans les circonscriptions de Brive et d’Ussel. Dans la première circonscription, la droite ne croit pas à ses chances. Le député François Hollande a arpenté sa circonscription depuis cinq ans et mène une campagne très active. Dans la deuxième circonscription, le député socialiste sortant apparaît légèrement favori. Dans la troisième circonscription, le député RPR est donné favori mais sa réélection dépendra du score réalisé par les chasseurs mais aussi de l’extrême droite.
Quelle position adoptera Jean-Pierre Chevènement ?
Le chef de file du Pôle républicain a indiqué que son mouvement n’avait pas arrêté de position quant à son attitude en cas de victoire de la gauche aux législatives. En cas de victoire de cette dernière, «nous nous adopterons aux politiques qui seront faites», a-t-il déclaré. Quant à son attitude entre les deux tours, Jean-Pierre Chevènement a affirmé qu’il ferait «en sorte qu’au vu des résultats, un certain nombre de dispositions soient arrêtées, sous réserve de réciprocité».
Mercredi 05/06/2002
La droite toujours donnée gagnante
54% des Français souhaitent la victoire de la droite, contre 38% celle de la gauche, selon un sondage Ifop pour l’Express, réalisé les 30 et 31 mai. Le nombre de personnes souhaitant la victoire de la droite a plutôt tendance à progresser depuis le début du mois de mai (41% le 3 mai, 54% le 17 mai et 55% le 24 mai) et inversement, la part des personnes préférant la victoire de la gauche diminue légèrement.
Robert Hue critique la droite
Le député sortant communiste de la 5e circonscription du Val d’Oise où il brigue un nouveau mandat, a mis en garde contre les conséquences d’une «mainmise chiraco-RPR» sur la France après les législatives. Parlant du salaire minimum, Robert Hue s’est prononcé pour une hausse de 100 euros au 1er juillet prochain.
Le maire de Paris moqueur
Dans une tribune publiée dans le journal le Monde, Bertrand Delanoë fait valoir que la droite a réduit la campagne des législatives «à une problématique unique : la cohabitation». D’autre part, le maire socialiste de la capitale française estime que le «gouvernement risque de creuser les fossés déjà perceptibles de la société française» et que «la France d’en bas pourrait prochainement tomber de haut».
Jean Tibéri, de nouveau candidat à Paris
L’ex-maire de Paris, député depuis 34 ans, aborde les législatives avec confiance : pour affronter les 21 candidats qui se présentent dans son fief, il bénéficie de l’investiture de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) et du soutien officiel de la droite, bien qu’il soit toujours exclu du RPR. Jusqu’en 1995, Jean Tibéri a pratiquement toujours été élu au premier tour dans sa circonscription ou son arrondissement. Celle qui a réussi à le faire vaciller n’est autre que la socialiste Lyne Cohen-Solal, adjointe au maire de Paris, qu’il affronte pour la troisième fois, après les législatives de 1997 et les municipales de 2001.
Jeudi 06/06/2002
Un RPR suspendu
Michel Bulté, conseiller de Paris et conseiller régional d’Ile-de-France, a été suspendu du RPR en raison de sa candidature dans la 20e circonscription de Paris, en contradiction avec l’investiture de l’Union pour la majorité présidentielle donnée à Lynda Asmani. Régulièrement candidat dans cette circonscription parisienne, l’ex-adjoint de Jean Tibéri avait été en 1998 candidat à la présidence du RPR, sans finalement réunir les parrainages nécessaires.
La cohabitation au centre de tous les débats
Après une campagne taxée de morne par la presse, les Français décideront les 9 et 16 juin prochains s’ils veulent doter le président de droite, Jacques Chirac, d’une majorité parlementaire ou renouveler l’expérience de la cohabitation avec la gauche. Paradoxalement, alors que la percée de Jean-Marie Le Pen, candidat de l’extrême droite, au premier tour de la présidentielle, avait suscité une vive réaction en France, la campagne pour les législatives ne passionne pas les foules.
Appel à la mobilisation
Le Parti socialiste a appelé à la mobilisation des électeurs de gauche à trois jours du premier tour des législatives. «Pour nous, c’est essentiel qu’on ne se retrouve pas le 9 juin dans la situation du 21 avril, multipliée par des dizaines et des dizaines de circonscriptions», a déclaré Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste de l’Assemblée nationale sortante. «Ce danger existe et c’est pour cela que nous appelons à la mobilisation», a-t-il ajouté.
Vendredi 07/06/2002
Jean-Marie Le Pen démontrera qu’il n’a pas torturé
Le président du Front national, lors d’une conférence de presse, ce vendredi, démontrera en présence d’un témoin qu’il n’a pas pratiqué la torture en Algérie. Après la publication dans Le Monde de plusieurs témoignages militants et sympathisants du FLN algérien affirmant avoir été torturés par Jean-Marie Le Pen durant la guerre d’Algérie, le leader de l’extrême droite a dénoncé «une machination immonde intervenant à cinq jours des législatives».
Paris, terre de prédilection
La gauche espère bénéficier, dans la capitale française, d’un «micro-climat» qui, comme aux municipales de mars 2001, lui permettrait, même en cas de vents contraires nationaux, de poursuivre une progression continue depuis 1995. Elle compte ainsi préserver les 9 circonscriptions sur 21 qu’elle contrôle depuis 1997.
La députation, c’est fini pour certains !
Environ 15% des députés sortants (soit 84) de la législature 1997-2002 ne se représentent pas. Et les raisons sont diverses : soit pour des raisons d’âge, soit parce qu’ils étaient les suppléants de ministres qui reprennent leurs circonscriptions, soit encore parce qu’ils ont dû laisser leur place à des femmes, en raison de la parité.
La multiplication des candidats est dangereuse
La diversité des candidatures à droite comme à gauche, avec le risque d’éparpillement des voix que cela comporte, peut conduire à l’élimination dès le premier tour de candidats des grandes formation politiques, telle l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) ou le Parti socialiste (PS). Des candidats de gauche mais aussi de droite risquent d’être victimes d’un scénario comparable à celui du premier tour de la présidentielle, plusieurs circonscriptions pouvant connaître non pas des triangulaires (droite-gauche-extrême droite) comme en 1997, mais des duels droite-extrême droite ou gauche-extrême droite.
par Clarisse Vernhes
Article publié le 07/06/2002
