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Tsunami et séisme en Asie

Enfants en danger

Les orphelins victimes du séisme en Asie pourraient être victimes de réseaux de prostitution ou de travail forcé.(Photo : AFP)
Les orphelins victimes du séisme en Asie pourraient être victimes de réseaux de prostitution ou de travail forcé.
(Photo : AFP)
Le tsunami en Asie a laissé plus de 150 000 morts et des milliers de déplacés et notamment de nombreux orphelins. Les organisations de protection de l’enfance ne cachent leur inquiétude, les enfants isolés ou séparés d’un parent survivant pourraient être victimes de trafics. L’Unicef met en garde contre les risques d’exploitation. Mais pour les ONG qui organisent l’urgence, l’adoption doit rester le dernier recours.

Le sort des enfants touchés par le cataclysme en Asie préoccupe de plus en plus le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). L’organisation inter-gouvernementale n’a pas encore évalué le nombre de mineurs livrés à eux-mêmes depuis la tragédie du 26 décembre dans l’océan indien, mais estime que 1,5 million d’entre eux ont été touchés d’une manière ou d’une autre par le tsunami. Les moins de 18 ans représentent en moyenne 39% de la population des pays frappés par la vague géante. Rien qu’en Indonésie, le pays qui a payé le plus lourd tribu avec près de 100 000 morts, le gouvernement estime que 35 000 enfants sont orphelins, sans abri ou séparés de leurs parents dans la province d’Aceh.

Peu de cas de trafic d’enfants ont été confirmés jusqu’à présent, mais les organisations spécialisées comme l’Unicef savent d’expérience que le commerce d’enfants augmente en situation de crise en cas de mouvements de populations. Ces orphelins particulièrement vulnérables, pourraient être ainsi victimes de réseaux de prostitution, de travail forcé ou d’adoption au prix fort comme l’observe Marc Vergara, porte-parole de l’Unicef à Genève : «il est facile de dire:’c’est mon petit neveu’. Les mineurs isolés, surtout les jeunes filles, peuvent être poussées vers la prostitution par besoin de survivre et parce qu’ils n’ont rien d’autre à offrir».

300 orphelins à vendre

Dix jours après la catastrophe, plusieurs organisations spécialisées font état de l’enlèvement de dizaines d’orphelins. Une fondation indonésienne pour l’enfance estime qu’au moins vingt mineurs ont déjà été victimes de trafiquants dans la province d’Aceh. Pour sa part, John Budd, porte-parole de l'Unicef en Indonésie a fait état d’un cas confirmé d'un enfant enlevé à Aceh et emmené à Medan, la capitale de la province de Sumatra Nord, pour y être vendu. Un employé de l’Unicef en Malaisie a également reçu sur son téléphone portable un SMS indiquant que «trois cents orphelins âgés de 3 à 10 ans originaires d’Aceh étaient à vendre».

Les autorités indonésiennes sont également vigilantes. Pour empêcher le commerce d’enfants, les enfants seront placés dans des orphelinats gérés par le gouvernement, des fondations islamiques ou des écoles musulmanes. Le gouvernement a également interdit aux jeunes de moins de 16 ans de quitter la province d'Aceh sans leurs parents. Pour sa part, l’Unicef met en place dans les zones sinistrées des centres d’accueil qui tenteront d’identifier et de retrouver les familles des orphelins. Les premiers ouvriront en Indonésie.

En France, en réponse à une demande de la religieuse française Soeur Emmanuelle, le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, a indiqué que Paris était prêt à mettre en place un dispositif particulier pour faciliter l'adoption d’enfants orphelins. «Pour autant que les pays concernés soient respectés dans leurs prérogatives, nous pouvons mettre en place un tel dispositif (…) Il faudra tenir compte de ce que veulent les pays dont sont originaires ces enfants, il faut respecter ces pays. Gardons-nous de nous précipiter, l’adoption est un sujet sensible».

Une circonspection partagée par les organisations spécialisées de l’enfance (Unicef, Croix-Rouge, Save The Children) qui rappellent que le mieux, pour un orphelin, est d’être recueillie par sa famille élargie, par sa communauté ou son village et de rester dans son pays. Christiane Sébenne, une des responsables de l’Association Enfance et Famille d’adoption (EFA) préconise le parrainage : «Il ne faut pas confondre adoption et humanitaire. La première urgence c’est secourir ces enfants, envoyer de l’argent, des vivres, reconstruire des lieux de vie pour que ce enfants puissent rester dans leur environnement». Un constat que fait aussi la défenseure des enfants Claire Brisset pour qui il ne faut pas ajouter au traumatisme celui du déracinement: «le plus important, outre la réunification des familles, c’est de donner des repères aux enfants. Le parrainage est très utile dans ce genre de situation. Cela permet de fournir, sur place, une aide matérielle à un enfant et une scolarisation jusqu’à l’âge adulte».


par Myriam  Berber

Article publié le 05/01/2005 Dernière mise à jour le 06/01/2005 à 11:34 TU