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Brésil

Un remboursement de dette plein d’arrière-pensées

La bonne santé financière du Brésil pourrait profiter à son président, Lula, qui brigue un second mandat en 2006.(Photo : AFP)
La bonne santé financière du Brésil pourrait profiter à son président, Lula, qui brigue un second mandat en 2006.
(Photo : AFP)
Après avoir remboursé en décembre, plus tôt que prévu, sa dette au Fonds monétaire international (FMI) et promis de régler dès le mois de janvier son ardoise envers le Club de Paris qu’il envisage d’étaler sur toute l’année 2006, le Brésil est également en passe de payer totalement l’argent qu’il doit à l’Organisation des Nations unies (ONU). Le pays semble avoir renoué avec une bonne santé financière au terme de plusieurs années de crise, et veut en profiter pour tenter obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations-unies.

Le Brésil semble être gagné par la frénésie du remboursement de sa dette extérieure depuis le dernier trimestre de 2005. En effet, Brasilia a décaissé en décembre la bagatelle de 15,5 milliards de dollars pour le compte du FMI. Une dette qui n’arrivait pourtant à échéance qu’en 2006 et 2007.

Cet empressement du Brésil à régulariser ses arriérés financiers avec les bailleurs de fonds est lié au boum de ses exportations, avec pour conséquence la croissance rapide des réserves internationales du pays et une grande marge de manœuvre. « Les réserves sont passées de 16 milliards en 2003 à 50 milliards de dollars à la fin de décembre », reconnaît le Trésor public brésilien.

Dans le même temps, Joaquim Levy, secrétaire brésilien du Trésor, a annoncé que son pays s’était engagé à payer au Club de Paris la totalité de sa dette à hauteur de 2,6 milliards de dollars. Aux termes d’un accord avec ses principaux créanciers au sein du Club de Paris, notamment la Coface de France, Eximbanc, Miti y Licaos du Japon, et Hermes ainsi que KFW d’Allemagne, le Brésil échelonnera ce paiement sur les douze mois de 2006. Selon les spécialistes brésiliens, ce remboursement anticipé permettra au pays d’économiser 100 millions de dollars en termes d’intérêts et de faire également face aux besoins de la population.

Le président Lula vise un second mandat

Lundi, le ministère des Affaires étrangères à remis le couvert en annonçant pour sa part que son pays avait décidé de solder sa dette de 135,1 millions de dollars envers l’ONU. Depuis trois ans, le Brésil a accumulé des retards importants dans sa contribution au budget régulier de l’organisation de même qu’aux « budgets des opérations de paix et des tribunaux pénaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda », indique un communiqué du ministère. Brasilia a déjà effectué en 2005 la quasi-totalité des paiements et il ne reste, théoriquement, qu’une petite partie des arriérés à acquitter. En moins de trois mois, le Brésil s’est quasiment mis en règle vis-à-vis de ses principaux bailleurs de fonds et des organismes internationaux notamment l’ONU. Une telle « réactivité » brésilienne n’est certainement pas dénuée d’arrières pensées diplomatiques.

Depuis plusieurs mois, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, 58 ans, mène tambour battant une campagne offensive pour une réforme des Nations unies dans la perspective d’un élargissement du nombre des pays siégeant au Conseil de sécurité. Dans ses différents contacts diplomatiques, le Brésil n’a jamais fait mystère de sa volonté d’occuper un siège permanent au sein de cette instance. Le remboursement « précoce » de la dette onusienne et de celle des autres institutions financières, témoigne de l’importance que les officiels brésiliens accordent au siège de membre permanent.

D’autre part, selon des observateurs, la politique économique menée au Brésil laisse augurer une embellie en 2006 notamment avec une croissance économique attendue autour de 5% contre 2,5% en 2005. Une aubaine pour le président Lula - élu avec 62 % des voix octobre 2002  - qui espère en tirer profit afin de remporter la présidentielle d’octobre pour un second mandat. Surtout si un succès économique se doublait d’une victoire diplomatique à l’ONU.

par Muhamed Junior  Ouattara

Article publié le 03/01/2006 Dernière mise à jour le 03/01/2006 à 18:16 TU