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France / Nucléaire

Tricastin : des inquiétudes et des questions sans réponse

par  RFI

Article publié le 17/07/2008 Dernière mise à jour le 18/07/2008 à 12:32 TU

Dix jours après la fuite d'uranium sur le site de retraitement des déchets du Tricastin, dans la Drôme, au sud de la France, il subsiste encore beaucoup d'inquiétudes et autant de questions sans réponse. La présidente d'Areva, Anne Lauvergeon se rend sur place, ce vendredi. Areva a, par ailleurs, admis des erreurs et a nommé jeudi un nouveau directeur général pour l'usine de Socatri.

Le site nucléaire de Tricastin.(Photo : AFP)

Le site nucléaire de Tricastin.
(Photo : AFP)


La société Socatri, filiale du groupe Areva, une société de traitement de déchets, a rejeté accidentellement, dans la nuit du 6 au 7 juillet, 74 kilos d’uranium sur le site de Tricastin, qui regroupe en un même lieu fermé plusieurs acteurs du nucléaire. La pollution, d’après les administrations et les industriels, « n’a pu que contaminer les eaux de surface, et cela a engendré des mesures d’interdiction d’usage des eaux provenant des deux rivières concernées, La Gaffière et Le Lauzon, dans le Vaucluse ». Ces mesures viennent d'être d'ailleurs partiellement levées, ce jeudi.

Or, des prélèvements réalisés dans la nappe phréatique - très sollicitée par les populations pour la consommation et l’agriculture – ont révélé des taux variables de contamination parfois supérieurs aux valeurs limites fixées par l’OMS, qui sont de 15 microgrammes par litre. De leur côté, les préfectures de la Drôme et du Vaucluse ont réaffirmé ce mercredi, par décret, l’interdiction de la consommation des eaux provenant de cette nappe.                        

Selon les administrations du nucléaire qui procèdent à ces analyses, cet accident n'a pas pu contaminer la nappe phréatique. Pour la Criirad, la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité, « la pollution qui a été mesurée est supérieure au bruit de fond naturel, et elle est due à des contaminations antérieures provenant en partie d’un stockage à même le sol, depuis trente ans, de déchets nucléaires militaires situés sur le site ».

Le ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo, préconise une vérification de toutes les nappes phréatiques du territoire se trouvant à proximité des centrales nucléaires. « Insuffisant », dit la Criirad avant d'jouter : « Toutes les nappes se trouvant à proximité de tous les établissements civils et militaires, qui interviennent dans le nucléaire, doivent être aussi concernés ».

Jean-Louis Borloo

Ministre de l'Ecologie, de l'Energie et du Développement durable

« On n'est pas sur un sujet de sûreté nucléaire, on est sur un sujet de pollution collatérale. »

écouter 00 min 57 sec

17/07/2008 par Grégoire Lory

Roland Desbordes

Directeur général de la Criirad

« La pollution autour du site nucléaire de Tricastin est réelle. »

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17/07/2008 par Arnaud Jouve

A écouter

Tricastin : manque de transparence

« Les élus locaux ont du mal à réunir et à transmettre des informations. »

17/07/2008 par Agnès Rougier