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Géorgie

Ballet diplomatique en faveur de la trêve

Article publié le 12/08/2008 Dernière mise à jour le 12/08/2008 à 11:49 TU

Une manifestation pro-géorgienne s'est organisée devant le siège des Nations-Unies à New York, lundi 11 août.(Photo : Reuters)

Une manifestation pro-géorgienne s'est organisée devant le siège des Nations-Unies à New York, lundi 11 août.
(Photo : Reuters)

Les discussions engagées devant le Conseil de sécurité des Nations unies à New York se sont une nouvelle fois soldées par un échec. La Russie a rejeté le projet de résolution, basé sur le plan français et appelant à un cessez-le-feu. Les Vingt-Sept de l'Union européenne (UE) ne parviennent pas plus à trouver de position commune. Le président français Nicolas Sarkozy, qui assure la présidence de l'UE, se rend aujourd'hui à Moscou et à Tbilissi pour trouver une issue à la guerre.

Avec notre correspondante à New York, Fabienne Sintes

« Il manque beaucoup de choses dans ce texte ». C’est en substance ce que le diplomate russe, Vitaly Tchourkine, est venu expliquer après la réunion, à huis clos cette fois, du Conseil de sécurité, « il est prématuré ».

Ce projet de résolution présenté par la France reprend quasiment point par point le plan de paix en trois volets présenté déjà par Bernard Kouchner : cessation immédiate des hostilités, respect de la souveraineté géorgienne et rétablissement du statu quo ante.

Rapport de force favorable à Moscou

« Je ne vois rien qui fasse notamment allusion à l’agression géorgienne en Ossétie du sud ni ce qui protègerait, à l’avenir, l’Ossétie et l’Abkhazie » a rajouté l’ambassadeur russe. En l’état, la Russie ne votera pas une résolution ainsi rédigée. Moscou bénéficie d'un rapport de force favorable et attend, imperméable aux attaques verbales qui n’ont pas manquées, aujourd’hui encore.

L'ambassadeur de Russie aux Nations-Unies, Vitaly Tchourkine.(Photo : Reuters)

L'ambassadeur de Russie aux Nations-Unies, Vitaly Tchourkine.
(Photo : Reuters)

L’ambassadeur américain à l’ONU a voulu se faire préciser, une fois de plus, que la Russie n’avait pas l’intention de renverser le président Mikheïl Saakachvili. « Non, a répondu la Russie, mais nous ne voyons pas comment travailler avec lui.»

Impuissant depuis vendredi soir, le Conseil de sécurité discutera à nouveau du projet de résolution française aujourd’hui, tout en observant la diplomatie européenne, et en comptant sur les progrès, ou pas, de Nicolas Sarkozy à Moscou.

 

Avec notre correspondant à Moscou, Alexandre Billette

Les chances de succès semblent assez minces puisque la proposition que devrait faire Nicolas Sarkozy à Dmitri Medvedev, qui est celle d’ailleurs apportée par Bernard Kouchner au président géorgien hier risque d’être insuffisante pour Moscou, qui juge que le moment est prématuré.

Nicolas Sarkozy devrait proposer un cessez-le-feu immédiat mais pour Moscou, il faudrait que les Géorgiens s’engagent à ne pas recourir à la force en Ossétie du sud et en Abkhazie pour signer ce document. La Russie estime ne pas avoir la preuve que c’est bel et bien le cas. Etant donnée la domination écrasante de la Russie sur le terrain géorgien depuis quelques heures, Moscou est en situation de force non seulement sur le front, mais aussi à la table des négociations.

L'Union européenne divisée

La présidence française de l'Union européenne devra tenir une ligne de crête. Si les Vingt-Sept sont tous d'accord pour obtenir un arrêt des combats et souhaitent le retour à l'intégrité territoriale de la Géorgie, ils ne sont pas sur la même position vis-à-vis de Moscou. Les plus offensifs à l'encontre de la Russie, la Pologne et les trois états baltes, militent pour que les Vingt-Sept révisent drastiquement leur coopération avec la Russie. Leurs dirigeants, en compagnie de celui de l'Ukraine, se rendent d'ailleurs ensemble à Tbilissi pour soutenir la Géorgie. A l'opposé l'Italie ne veut pas entendre parler de ce qui apparaitraît comme une coalition européenne anti-russe. Enfin sur une ligne plus médiane, l'Allemagne peu suspecte d'indulgence envers Moscou, insiste sur la nécessité d'un retrait complet des Géorgiens d'Ossétie du sud. On est donc très loin d'un consensus. La Russie l'a fort bien compris. Son ambassadeur en Lettonie s'est d'ailleurs permis de menacer ceux qui critiquent son pays de devoir payer pour de telles erreurs. Sur ce sujet, l'Union européenne aujourd'hui élargie à dix pays d'Europe centrale et orientale doit impérativement définir une position commune. A défaut de quoi elle risque une fracture sans doute encore plus grave que celle qui l'a divisée lors de la guerre en Irak.