Article publié le 13/02/2009 Dernière mise à jour le 13/02/2009 à 12:14 TU
Le député néerlandais d'extrême droite Geert Wilders, déclaré persona non grata par Londres, a été arrêté par les autorités britanniques à son arrivée hier à l'aéroport londonien de Heathrow. Les services de l'immigration l'ont empêché d'entrer sur le territoire britannique en raison de ses propos sur l'islam et les musulmans. Ceux-ci constituent, selon elles, une « menace pour la sécurité publique ». Geert Wilders avait prévu d'assister à la projection de son film controversé sur l’islam, Fitna, à la Chambre des lords, suivie d'un débat.
Avec notre correspondante à Londres, Murielle Delcroix

Le député néerlandais d'extrême droite Geert Wilders à son arrivée à l'aéroport londonien de Heathrow, le 12 février 2009.
(Photo : AFP)
Si Geert Wilders voulait faire parler de lui et étendre la polémique au-delà des Pays-Bas, c’est assez réussi. Son arrivé à Heathrow, malgré une interdiction formelle de pénétrer le sol britannique, a donné lieu à un véritable cirque médiatique et provoqué un vif débat à la fois sur la liberté d’expression et sur l’islam dans un pays où les deux sujets sont on ne peut plus sensibles.
Escorté manu-militari dans les locaux des douanes, sous l’œil fébrile des caméras, le député d’extrême droite a brièvement été interrogé. Geert Wilders a eu le temps, avant de reprendre le premier avion, de parler « d’une triste journée pour la liberté d’expression », lui qui presse le gouvernement néerlandais d’interdire le Coran.
C’est, d’ailleurs, son court métrage controversé Fitna et ses propos contre l’islam qui ont conduit les autorités britanniques à le refouler, ce qui n’a pas empêché le parti nationaliste britannique UKIP, qui l’avait invité à la chambre des Lords, pour une projection de son film suivi d’un débat, de maintenir l’événement.
Pour sa part, le ministère de l’Intérieur, soutenu par les principaux partis d’oppositions, a justifié sa décision en rappelant que « le gouvernement s’opposait à l’extrémisme sous toutes ses formes et empêcherait d’entrer tout ceux qui veulent propager l’extrémisme, la haine et l’incitation à la violence.»
| « Winston Churchill doit faire des bonds dans sa tombe » |
Autant les idées et la personne du député Geert Wilders ne sont guère populaires auprès de la seconde Chambre des états généraux, la chambre basse du Parlement haguenois, autant les élus de tous bords ont exprimé publiquement leur colère à l’annonce du refoulement de monsieur Wilders à l’aéroport de Londres Heathrow. Ainsi, un député travailliste réclame une protestation officielle de la part du gouvernement néerlandais, un libéral parle « d’une décision incompréhensible du ministère britannique de l’Intérieur » et un démocrate chrétien déclare que « Winston Churchill doit faire des bonds dans sa tombe tellement la liberté d’expression se trouve bafouée par cet incident. » De fait, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Maxime Verhagen, a appelé son homologue britannique David Miliband pour dire son étonnement et ses regrets d’apprendre qu’un député de l’Union européenne ne puisse se déplacer librement sur tout le territoire de celle-ci. Cependant, juridiquement, Londres est dans ses droits, le principe de libre circulation des personnes peut être suspendu pour des raisons d’ordre public. De plus, le Royaume-Uni n’est pas dans la zone Schengen. |