Rechercher

/ languages

Choisir langue
 

Crash A310/Comores

Les secours s'organisent

Article publié le 30/06/2009 Dernière mise à jour le 30/06/2009 à 21:20 TU

Au lendemain de la catastrophe aérienne au large des Comores, seule une adolescente de 14 ans a pu être sauvée. L’Airbus A310 de la compagnie Yemenia s’est abîmé en mer lundi soir vers 22h 50 (TU). 153 personnes étaient à bord, dont 66 Français. Sur place, les secours se désespèrent pas de retrouver des survivants mais manquent de moyens. Bruxelles voudrait étendre la liste noire européenne au monde entier.

Des famiiles se sont pressées à l'aéroport de Moroni pour s' informer après la catastrophe, le 30 juin 2009.(Photo: Reuters)

Des famiiles se sont pressées à l'aéroport de Moroni pour s' informer après la catastrophe, le 30 juin 2009.
(Photo: Reuters)

Avec notre correspondant à Moroni, Ahmed Abdallah Mguéni

Contrairement à ce qui avait été annoncé, mardi à la mi-journée, le survivant n’est pas un enfant de cinq ans, mais une adolescente de 14 ans, selon une information du Croissant Rouge comorien. La jeune rescapée se trouve à l’hôpital de Moroni et son état de santé est satisfaisant.

Les autorités sont repliées dans le centre de secours de la capitale pour diriger les opérations.

L'aéroport de Moroni.(Photo: Reuters)

L'aéroport de Moroni.
(Photo: Reuters)

La nuit est tombée sur l’archipel, ce qui ralentit la progression des sauveteurs. Depuis mardi après-midi, des secouristes français sont arrivés en renfort à bord d’un Transall qui transportait une tonne de médicaments.

Cependant, des bâtiments de la marine française sont attendus avec impatience, car il leur est plus facile d’approcher la zone du crash située à 20 km de la côte, au nord de l’île.

À part les cinq corps récupérés en milieu de journée, la plupart des 153 passagers sont retenus prisonniers dans la carlingue.

Les autorités yéménites sont arrivées à Moroni. Le président comorien qui se trouvait en Libye a écourté son voyage. Il est intervenu en direct sur Radio Comores pour annoncer son retour dans la nuit.

Les secours déplorent le manque de moyens

Joint au téléphone par la rédaction de RFI, le chirurgien comorien, Dr Issa Ben Imane, décrit les conditions difficiles des équipes de secours en raison d’une logistique inappropriée.

« Nous sommes en alerte depuis 2-3h du matin. Nous nous sommes reportés vers le nord qui possède un hôpital tout proche du lieu d’impact. L’essentiel de l’équipe médicale se trouve sur place : médecins et infirmiers, ainsi que le Croissant Rouge, la gendarmerie et la police. Nous somme tous frustrés parce que la recherche en pleine mer est impossible par manque de moyens. Nous ne possédons ni bateaux, ni hélicoptères.  Ce matin, un avion civil a survolé le lieu de la catastrophe. Des corps inanimés et d’autres en vie ont été repérés. Des pirogues patrouillent la zone, ainsi que des Zodiacs dont le rayon d’action ne dépasse pas une trentaine de kilomètres. En ce moment, la mer est très houleuse et le temps presse, si l’on ne veut pas ramener que des cadavres. On aimerait surtout récupérer d’éventuels survivants ».

Après la liste noire européenne, une liste mondiale?

Avec notre bureau de Bruxelles

Mise en place il y a trois ans par le commissaire européen aux Transports de l’époque, le Français Jacques Barrot, la liste noire européenne est périodiquement remise à jour.

Ce mardi matin, elle comptait environ 210 compagnies originaires de 18 pays, dont la moitié se voit refuser en bloc la totalité de ses transporteurs aériens.

Les transporteurs aériens figurant sur la liste noire de l’UE se reconnaissent souvent à leur raison sociale évocatrice. Ainsi le voyageur prudent évitera-t-il la Kirghize Click Airways ou l’indonésienne Smac Air ; les congolaises Air Beni et Air Infini n’inspirant sans doute guère davantage la confiance.

Aucune compagnie yéménite ne figure actuellement sur la liste.

Si les interdictions couvrent effectivement l’arrivée, le départ et le survol de l’Union, en revanche les autorités européennes ne sont généralement pas au courant de changement d’avion intervenant inopinément au cours d’un même code de vol.

L’idée d’une extension de la liste noire européenne au monde entier en collaboration avec l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) est certes séduisante, mais on redoute, ici à Bruxelles, que les contrôles pratiqués hors de l’UE et de l’Amérique du Nord se révèlent bien plus laxistes et sujets à corruption, ce qui est actuellement le cas.