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France : législatives 2002

Carnet de campagne

Pour tout savoir, au jour le jour, sur la campagne des élections législatives: bons mots et petites phrases, déplacements et meetings des candidats à la députation.
Vendredi 14/06/2002

Alain Juppé va prendre la tête de l'UMP
Cinq ans après son échec aux élections législatives anticipées de 1997, Alain Juppé, ancien Premier ministre et ex-président du RPR, s'apprête à faire un retour en force au plan national, en prenant la direction de l'Union pour la majorité présidentielle, le nouveau parti de Jacques Chirac.

La droite toujours en tête
53% des Français voteraient pour les candidats de la droite, contre 47% pour ceux de gauche, selon un sondage IPSOS réalisé pour Le Fifaro et Europe 1, dans les 198 circonscriptions dont l'issue est incertaine. Selon les projections en sièges réalisées par IPSOS, l'UMP pourrait avoir de 384 à 441 sièges, de 24 à 30 pour l'UDF et la gauche de 130 à 172 (le PS pourrait en avoir de 115 à 145, le PCF de 14 à 22 et les Verts de 1 à 5).

Le Parti communiste et sa reconstruction
Contestés depuis la déroute de la présidentielle et des législatives, les dirigeants du PCF se sont ralliés à l’idée d’un congrès visant à reconstruire un parti incapable d’enrayer la spirale de l’échec. Robert Hue et Marie-George Buffet ont précisé que la Conférence nationale des 26 et 27 juin prochains lancerait le débat sur l’avenir du parti, son rôle au sein de la gauche.

L'ex-juge contre l’ancien maire
Eric Halphen qui a rejoint le Pôle républicain de Jean-Pierre Chevènement, a participé, le 13 juin, à la dernière réunion publique de Lyne Cohen-Solal, adversaire socialiste de Jean Tiberi, l’ancien maire de Paris, dans la 2e circonscription de la capitale. Pour mémoire, Eric Halphen, ancien juge d’instruction, avait mis en examen Jean Tiberi dans l’affaire des HLM de Paris.

Jeudi 13/06/2002

Renaud Donnedieu de Vabres et la justice
La justice française a confirmé, le 12 juin, les poursuites engagées contre le nouveau ministre des Affaires européennes, dans une affaire de financement illicite du Parti Républicain (PR) et de blanchiment d’argent. Renaud Donnedieu de Vabres est soupçonné, lorsqu’il était en 1996 le bras droit de François Léotard, président du PR, d’avoir apporté 762 000 euros en espèces à une banque italienne en garantie de l’obtention d’un prêt du même montant, destiné à financer l’achat du siège du parti, à Paris.

Sondage favorable pour la droite
56% des Français comptent choisir l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) contre 44% pour le Parti socialiste en cas de duel entre les deux formations, selon un sondage Ifop publié le 11 juin dans l’Express. Sur les 519 circonscriptions qui restent à pourvoir le 16 juin, les duels entre le PS et l’UMP représentent près de 90% des cas. Pour les duels entre le Front national et l’UMP, 86% des sondés se tourneraient vers l’UMP et 14% se prononceraient pour les socialistes et 21% pour les frontistes. 12% ne se prononcent pas.

Qui sera président de l’Assemblée nationale, le 25 juin ?
Les manœuvres ont déjà commencé autour des postes qui vont compter à l’Assemblée nationale au lendemain du second tour des législatives et notamment autour du perchoir du Palais-Bourbon. Ainsi, Alain Juppé que l’on disait intéressé par la présidence de la chambre basse a finalement décidé de ne plus la briguer. En revanche, Edouard Balladur, ancien Premier ministre, Jean-Louis Debré, président du groupe RPR dans l’Assemblée sortante et Philippe Douste-Blazy, président du groupe UDF sortant, sont toujours en lice.

Un seul mot d’ordre pour le 16 juin : mobiliser
Après le taux record d’abstention (35,6%) enregistré au premier tour des élections législatives, la droite en passe de l’emporter et la gauche en net recul, multiplient les appels à la mobilisation. Nombre de ténors de l’UMP et du PS s’affichent dans les grandes villes pour tenter de raviver une campagne qui n’a guère passionné jusqu’ici. La mobilisation des quelques 15 millions d’électeurs qui ne se sont pas rendus aux urnes, reste cependant incertaine.

Mercredi 12/06/2002

Peu de triangulaires
1 045 candidats dont 24% de femmes restent en lice pour le second tour du 16 juin. D’autre part, il y aura finalement qu’une dizaine de triangulaires dont neuf impliquant le Front national. Les Français auront donc à choisir entre un candidat de droite et un candidat de gauche. Une configuration dans le droit-fil de la bipolarisation des débuts de la Ve République.

Les soutiens de l’UDF à l’UMP
A Paris, l’UDF de François Bayrou a annoncé qu’elle allait soutenir, le 16 juin, les candidats de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) sauf dans la 15e circonscription où elle avait investi le député sortant Gilbert Gantier. Avec 29,93% des voix, ce dernier est arrivé derrière le candidat de l’UMP, Laurent Dominati (32,38%), soit un écart de 600 voix.

La sélection du Front national
Jean-Marie Le Pen a fait état d’une «petite sélection» de candidats dont le Front national (FN) souhaite plus particulièrement la défaite au second tour des législatives. Sur cette liste figurent notamment Martine Aubry, Dominique Voynet, Noël Mamère, Yves Cochet et Robert Hue. Le leader de l’extrême droite a justifié ces choix en indiquant que «cette liste emblématique» comportait des personnalités «arrivées en tête de la détestation».

Leçon de politique pour Jean-Pierre Chevènement
Le leader du Pôle républicain, dont le Parti socialiste a rongé la moitié de l’électorat déboussolé au premier tour des législatives, doit retenir cette leçon de gauche, s’il veut éviter, le 16 juin, une déconvenue historique dans son fief de Belfort. En course pour un dixième mandat, régulièrement élu depuis 1973 dans la 2e circonscription du Territoire de Belfort, Jean-Pierre Chevènement a, pour la première fois, été devancé avec 21,5% des voix par le candidat de l’UMP, Michel Zumkeller (26,6%) qui peut lorgner sur les 16,47% du Front national.

Mardi 11/06/2002

Les résultats du premier tour
La droite a rassemblé 43,62% des voix contre 36,02% pour la gauche. L'extrême droite a recueilli 12,2%, l'extrême gauche 2,74% et les autres formations 5,43%. Un total de 58 députés, dont 56 de droite, ont été élus dès le premier tour. Les 519 autres députés seront choisis au second tour du scrutin, dimanche 16 juin.

La Bourse et les résultats du premier tour
Les résultats du scrutin du 9 juin, qui laissent entrevoir une large majorité parlementaire pour la droite, ont été favorablement accueillis par la Bourse de Paris. Le CAC 40, qui avait terminé le 7 juin sur un repli de 1,98%, a ouvert le 10 juin, lendemain du premier tour, en hausse de 0,86%.

Le Parti communiste français aura-t-il un groupe à l'Assemblée ?
Le PCF joue sa survie après ses mauvais résultats. Avec 4,91%, il a perdu la moitié de ses voix depuis 1997. Au premier tour de l’élection présidentielle, le 21 avril dernier, il avait recueilli le plus mauvais score de son histoire : 3,37%. L’absence d’un groupe politique à l’Assemblée nationale - qui doit être constitué d’au moins 20 membres - serait une première depuis la Libération où il comptait 182 députés. Sans groupe, son expression politique et son action législative seraient sérieusement diminuées. Il subirait aussi des conséquences importantes sur le plan financier alors qu’il est déjà en difficulté pour le remboursement de sa campagne présidentielle.

Comment la Corse a-t-elle voté ?
La Corse a voté à contre-courant du reste de la France en donnant à la gauche l’espoir d’obtenir trois députés sur quatre au second tour et en plaçant en difficulté deux ténors de l’île, les anciens ministres José Rossi (UMP) et Emile Zuccarelli (PRG). Les électeurs corses ont donc ménagé le suspens pour le 16 juin. L’issue du scrutin qui est indécise dans les quatre circonscriptions de l’île pourrait envoyer quatre députés n’ayant jamais siégé au Palais-Bourbon.

Lundi 10/06/2002

Le Front national se maintient dans 37 circonscriptions
Le FN peut se maintenir dans 37 circonscriptions au deuxième tour des législatives. Des triangulaires gauche-droit-extrême droite pourraient avoir lieu, 19 duels droite-extrême droite ainsi que huit duels gauche-extrême droite.

La vague bleue
Les Français sont en passe de donner au président de la République la majorité qu’il leur avait demandée, en plaçant la droite largement en tête à l’issue du premier tour des élections législatives. Ils rejetteraient ainsi une nouvelle cohabitation. La droite a, en effet, recueilli 44% des voix, en progression de huit points par rapport à 1997.

Dimanche 09/06/2002

Un taux d'abstention record
L'abstention a atteint un taux record lors du premier tour des élections législatives. Elle se situerait autour de 37%. Apparemment le sursaut civique et démocratique observé le 5 mai, lors du second tour de la présidentielle, n'a pas perduré.

Sept ministres élus dès le premier tour
56 députés de droite dont sept ministres du gouvernement Raffarin ont été élus dès le 9 juin. Les ministres de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, des Affaires sociales François Fillon, des Transports, Gilles de Robien, de l'Agriculture, Hervé Gaymard, de l'Enseignement supérieur, François Loos, de la Mer, Nicole Ameline, et de la Santé, Jean-François Mattei, font partie de ces députés élus. Deux députés socialistes ont également été élus au premier tour, portant à 58 leur nombre total : le président sortant du groupe PS à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault et Christian Payet, sur l’île de la Réunion, dans l’Océan indien. Parmi les personnalités les plus en vues élues lors de ce premier tour, figurent l’ancien Premier ministre, Edouard Balladur et le dirigeant du Mouvement pour la France, Philippe de Villiers.

Samedi 08/06/2002

Deux sièges de députés déjà pourvus
Quelque 41 millions d'électeurs sont appelés à désigner, le 9 juin, leurs députés. Deux des 577 sièges, ceux de la Polynésie, ont déjà été pourvus, le vote dans cette collectivité d'outre-mer ayant eu lieu le 1er juin.

Beaucoup de dissidents à droite se réclament du président
La victoire de Jacques Chirac à la présidentielle a éveillé les appétits à droite et de nombreux élus locaux, non investis par l'Union pour la majorité présidentielle (UMP) ou l'UDF de François Bayrou, partent à la bataille en se réclamant de lui, avec le risque de provoquer la confusion chez les électeurs.



par Clarisse  Vernhes

Article publié le 14/06/2002