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Côte d’Ivoire

Washington prive Abidjan des préférences commerciales

George Bush, le 13 juillet dernier, lors de la signature de la loi de l'AGOA. 

		(Photo : AFP)
George Bush, le 13 juillet dernier, lors de la signature de la loi de l'AGOA.
(Photo : AFP)
Le président George Bush a fait retirer la Côte d'Ivoire de la liste des pays d'Afrique sub-saharienne bénéficiant de l'Agoa, une loi qui facilite les exportations de certains produits africains sur le marché américain, et inversement.

Pour en bénéficier de l’Agoa, il faut s'être plié aux lois de l'économie libérale. La liste des bénéficiaires est revue et corrigée chaque année ; 36 pays en font désormais partie, dont le Burkina Faso, ajouté il y a quelques jours, mais la Côte d’Ivoire en est désormais exclue..

De source diplomatique, on explique qu'avec la crise, la Côte d'Ivoire n'est plus en mesure de respecter les critères de bonne gouvernance et de protection des droits de l'homme imposés aux pays bénéficiaires de l'Agoa.

Résultat : la Côte d'Ivoire ne pourra plus bénéficier des baisses importantes de droits de douane sur les exportations de certains produits africains vers les États-Unis.

Toutefois, l'an dernier, la Côte d'Ivoire n'en a même pas tiré 2 % du volume global de ses exportations. Le commerce extérieur ivoirien ne devrait donc pas s'en trouver bouleversé. Cependant, cette décision intervient au moment où la Côte d'Ivoire est aux abois, sur le plan économique et financier.

Un coup dur sur le plan politique

Les bailleurs de fonds sont de moins en moins enclins à mettre la main à la poche. La Banque Mondiale a d'ailleurs suspendu il y a six mois ses décaissements en faveur d'Abidjan. Aujourd'hui, l'État commence à avoir du mal à payer ses fonctionnaires en temps et en heure...

Mais cette décision américaine est surtout un coup dur sur le plan politique. C’est d'abord tout un symbole, puisque parmi les pays qui ont connu le même sort, il y a le Zimbabwe. Et puis c'est un signal fort de l'administration américaine. Après les affrontements du mois dernier avec l'armée française, le président Gbagbo a envoyé un émissaire spécial à Washington, il a donc tenté de jouer la carte américaine contre la carte française.

Selon des observateurs, George W. Bush lui signifie aujourd'hui qu'il n'a pas l'intention de mettre le pied dans le bourbier ivoirien.



par Sarah  Tisseyre

Article publié le 23/12/2004 Dernière mise à jour le 23/12/2004 à 14:33 TU