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Iran-Russie

Du combustible russe pour le premier réacteur iranien

Visite d'une délégation russe à la centrale atomique iranienne de Bouchehr.(Photo: AFP)
Visite d'une délégation russe à la centrale atomique iranienne de Bouchehr.
(Photo: AFP)
La Russie a signé dimanche un accord avec l’Iran sur la fourniture de combustible nucléaire à la centrale de Bushehr, au sud de l’Iran. Fortement endommagée pendant la guerre avec l'Irak (1980-1988), celle-ci avait été réparée avec l'aide de la Russie. Cette fois, le responsable russe qui a fait le déplacement dans le complexe iranien pour parapher l’accord, Alexandre Roumyantsev, prévoit son «démarrage physique fin 2006…le combustible étant livré environ six mois auparavant». Répondant par avance aux critiques de Washington qui accuse Téhéran de vouloir se doter de l’arme atomique sous le couvert d’un nucléaire civil, Moscou affirme que l’uranium usagé sera rapatrié en Russie pour que la République islamique ne s’en serve pas à des fins militaires.

Selon Alexandre Roumyantsev, environ 100 tonnes de combustible doivent être acheminées en Iran. «L'installation des équipements de la centrale sera achevée dans dix mois, les essais et le début officiel des opérations auront lieu six mois plus tard», explique par ailleurs son partenaire iranien, Gholamreza Aghazadeh. La signature de l’accord était attendue depuis deux ans. Elle a connu un ultime retard samedi, un calendrier faisant finalement l’objet d’un «protocole confidentiel». Finalement, Moscou se serait servi du bras de fer international, qui a tout particulièrement opposé Téhéran à Washington, pour lui imposer de rendre le combustible après usage. En même temps, le président Poutine fait ostensiblement fi des «suggestions» de Georges Bush lors de leur récente rencontre de Bratislava.

Moscou marque ses positions

Moscou continue de plaider que Bouchehr ne rapproche pas l'Iran de la bombe atomique. Les deux pays jurent qu’ils ne sont nullement en infraction avec les règles internationales. Ils viennent en tout cas de consacrer leur accord bilatéral, à l’écart des Européens, qui continuent d’explorer les voies diplomatiques pour obtenir des garanties de Téhéran, à l’ombre aussi des spéculations sur l’éventualité d’une action américaine musclée. La Russie marque ostensiblement ses positions face aux Etats-Unis sur un marché nucléaire iranien qui paraît avoir tiré de l’ornière sa propre industrie atomique, grâce à un contrat de 800 millions de dollars à Bouchehr. Et l’Iran évoque déjà la perspective d’un deuxième réacteur à Bouchehr. Gholamreza Aghazadeh enfonce le clou : en matière d’énergie nucléaire, «la Russie a la priorité», affirme-t-il.

A l’horizon 2020, la République islamique se verrait bien avec six réacteurs supplémentaires, pour subvenir a ses besoins croissant en électricité. Il lui faudrait au moins produire 7 000 mégawatts. Rien que du civil bien sûr, assurent ses dirigeants qui se montrent en même temps suffisamment chatouilleux sur leur volonté d'indépendance pour inquiéter tous ceux qui redoutent la prolifération du nucléaire militaire. D’autant que l’Iran continue d’afficher sa détermination à produire son combustible. En attendant, la querelle nucléaire autour de l’Iran se poursuit entre les anciens et les nouveaux alliés atomiques de Téhéran.

Pour sa part, le ministère russe des Affaires étrangères précise que le combustible nucléaire mentionné dans l’accord du 27 février ne sera pas livré avant que la centrale de Bouchehr soit en état de le recevoir. Moscou insiste en revanche sur l’importance de cette nouvelle étape qui devrait d’ailleurs voir prochainement «plusieurs experts nucléaires russes se rendre à Bouchehr pour préparer la centrale». Mais pour l’essentiel, calendrier et agendas restent confidentiels.


par Monique  Mas

Article publié le 27/02/2005 Dernière mise à jour le 27/02/2005 à 18:56 TU