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Coupe du monde 2006

L'Italie en finale

Gianluigi Buffon, le gardien italien. Forza Italia ! 

		(Photo : AFP)
Gianluigi Buffon, le gardien italien. Forza Italia !
(Photo : AFP)
L'histoire ne se répète jamais. les Allemands croyaient, devant leur public en leur bonne étoile. Ils n'avaient jamais été battus à Dortmund, mais ils n'avaient jamais pris le meilleur sur leur adversaire du jour lors de leurs confrontations précédentes en Coupe du monde. Les Italiens étaient les meilleurs, surtout avec cette intraitable défense qui pourrait bien les conduire à la victoire finale dimanche prochain. Ils ont été patients pour mater Ballack et les siens alors qu'on préparait déjà la séance des tirs au but. L'Italie disputera sa première finale depuis 1994 où elle s'était inclinée face au Brésil.

 Symphonie multicolore au Westfalen Stadion pour cette première demi-finale très attendue entre le pays organisateur et l’Italie. Un stade fétiche pour la Mannschaft qui n’y a jamais perdu depuis le 8 mai 1935 : 13 victoires et un nul (1-1 contre le Pays de Galles, en décembre 1977). Un stade tout en noir, blanc et or aux couleurs de l’Allemagne. Un terrain en blanc pour les Allemands et bleu pour les Italiens. En rouge orangé pour Jens Lehman, le portier allemand, en rouge grenat pour Gianluigi Buffon, son vis-à-vis italien. En jaune pour l’arbitre et ses deux assistants ? Sans oublier un tailleur tout vert pour Angela Merkel. Elle avait annoncé la couleur : « le vert est celle de l’espoir ». Campé le décor, tout était dit, en attendant ce rendez-vous que les 66.000 spectateurs, pour l’essentiel des Allemands, bien sûr, attendaient avec une certaine appréhension, dans cette ultime confrontation avant la grande finale. Une seule intruse, la chaleur. Il faisait 27° au moment du coup d’envoi. Ce qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur le comportement des joueurs dont la plupart avait déjà cinq matches dans les jambes..

L’Italie plus entreprenante

On attendait d’entrée une furieuse bataille, une prise d’initiative allemande devant son public et ce sont les Italiens qui se montrèrent les plus entreprenants comme ils n’allaient cesser de l’être tout au long de la première période, les plus ardents à porter leurs efforts dans le camp de l’adversaire. Sans être pour autant très menaçants pour Lehman, sinon sur une frappe de Totti. Côté allemand, on tentait de colmater les offensives italiennes sans être très inspiré, notamment sur le côté droit de la défense avec Friedrich derrière et Schneider plus en avant qui souffraient sur les montées de Grosso. Les chiffres étaient révélateurs :  possession de la balle, 58% pour les Italiens, 42 pour les Allemands, 5 corners pour les Italiens contre 1 à la Mannschaft. Et une seule frappe dangereuse de Klose (34e), l’homme aux cinq buts en Coupe du monde 2002 et encore cinq cette année. Un bon match, animé, relativement rapide compte tenu des circonstances climatiques, mais pas un grand match. Visiblement la pression était très forte sur les protégés de Jürgen Klinsmann qui donnaient l’impression d’être moins frais que leurs rivaux du jour. A la mi-temps, tout était à faire. Pas de but, ni pour les locaux, ni pour les visiteurs. Léger avantage aux points à la Squadra Azzurra aurait dit les boxeurs.

L’Allemagne se reprend

Au retour sur le terrain, sans doute encouragé par Klinsmann dans les vestiaires, les Allemands donnaient un coup d’accélérateur, mais sans parvenir le football résolument offensif des premiers matches. De toute évidence, ils n’étaient pas au summum de leur condition physique. Les Italiens toujours aussi efficaces dans le jeu défensif contraient toutes les montées allemandes. A l’heure du jeu, un tir en pivot de Podolski trouvait sur sa trajectoire l’inévitable Buffon, un des tout meilleurs gardiens du monde, peut-être le meilleur. Le premier changement intervenait à la 72e minute, côté allemand, Schweinsteiger entrait à la place de Borowski pour donner un peu plus de tonus à l’attaque. Quelques instants plus tard, Gilardino prenait la place de l’attaquant de pointe Toni. La chasse au but était réveillée à un quart d’heure de la fin de la rencontre. Les Allemands étaient à la manœuvre alors que les premiers chœurs se faisaient entendre dans les tribunes. Et le suspens grandissait alors que les deux gardiens n’étaient que rarement alertés. A dix minutes de la fin deuxième changement au sein de la Mannschaft, Odonkor à la place de Schneider. Klinsmann renforçait pour la deuxième fois ses couloirs, dans l’espoir de donner de la vitesse à ses ailes, le centre de la défense italienne se révélant infranchissable avec le duo formé du capitaine Cannavaro et de Materazzi. Mais le tableau de marque ne bougeait pas et les deux équipes se voyaient contraintes de disputer la prolongation, la deuxième consécutivement pour les Allemands qui ne s’étaient débarrassés des Argentins en quart de finale qu’à la faveur des tirs au but.

Forza Italia

Après quatre-vingt dix minutes, il était toujours aussi difficile de livrer le nom du futur finaliste. Changement de tactique dans le camp italien à l’entrée des prolongations, Marcello Lippi décidant d’adjoindre un deuxième attaquant au côté de Gilardino ; Iaquinta remplaçant Camoranesi. Coup sur coup, en l’espace de deux minutes à peine, Lehman était sauvé par son montant gauche puis par sa transversale sur des frappes de Gilardino et de Zambrotta. Le tournant de la rencontre ? Allez savoir. L’Italie changeait brusquement de braquet. Mais les Allemands se reprenaient et se réinstallaient fréquemment dans le camp bleu, s’offrant une belle occasion, juste avant le changement de côté sur une montée de Ballack prolongée par Odonkor et un centre de ce dernier pour la tête de Podolski, seul devant Buffon qui mettait à côté de la cage. Podolski qui trouvera encore sur sa route le grand Buffon au début de la deuxième prolongation. Une prolongation bien plus spectaculaire que le reste de la partie, chacune des deux équipes cherchant cette fois le KO. Sans le trouver jusqu’à une minute de la fin. Sur un corner Pirlo décale bien Grosso, le joueur de Palerme qui du pied gauche ne laisse aucune chance à Lehman. Coup de tonnerre à Dortmund, le stade où l’Allemagne n’avait jamais perdu. Et Del Piero ajoutait même un deuxième but à une minute de la fin. La malédiction italienne avait encore sévi et l'Allemagne continuait de jouer de malheur face à sa bête noire en Coupe du monde.

2-0 pour les Italiens. Les Italiens qui disputeront  leur sixième finale (3 victoires en 1934, 1938, 1982) dimanche prochain face au vainqueur de France-Portugal. C’est une autre histoire, mais il faudra être très fort pour tromper Buffon et ses complices de la défense. Forza Italia.

La fiche technique

Italie - Allemagne 2 - 0 après prolongation (0-0 ; 0-0)
4 juillet 2006, Dortmund, Westfalenstadion 
Spectateurs: 66.000
Arbitre: Benito Archundia (Mexique)
Buts: Grosso (119), Del Piero (120) pour l’Italie
Avertissements: Borowski (40), Metzelder (56) pour l’Allemagne; Camoranesi (90) pour l’Italie

Les équipes:

Italie:
Buffon - Zambrotta, F. Cannavaro (cap), Materazzi, F. Grosso - Camoranesi (Iaquinta 91), Gattuso, Pirlo, Perrotta (Del Piero 104) - Totti - Toni (Gilardino 74).
Entraîneur: Marcello Lippi
Allemagne: Lehmann - A. Friedrich, Mertesacker, C. Metzelder, Lahm - Schneider (Odonkor 83), Kehl, Ballack (cap), Borowski (Schweinsteiger 73) - Klose (Neuville 111), Podolski. Entraîneur: Jürgen Klinsmann

 



par Gérard  Dreyfus

Article publié le 04/07/2006Dernière mise à jour le 04/07/2006 à TU