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Burundi

L’ancien président Ndayizeye arrêté pour complot

Le président Domitien Ndayizeye, le jour de son arrestation, accompagné par les forces de police de Bujumbura. 

		(Photo: AFP)
Le président Domitien Ndayizeye, le jour de son arrestation, accompagné par les forces de police de Bujumbura.
(Photo: AFP)

L'ancien président de la transition, Domitien Ndayizeye, a été arrêté lundi pour tentative de coup d’Etat. Huit autres personnalités politiques, parmi lesquelles son ex-vice-président, Alphonse-Marie Kadege avaient été jetées en prison le 31 juillet. L’opposition nie l’existence d’un complot. Les Nations unies se déclarent inquiètes par la multiplication des arrestations qui peuvent compromettre la paix et la démocratie dans cet Etat africain.


Domitien Ndayizeye a été arrêté lundi, au Sénat de Bujumbura, après avoir été déchu de son immunité parlementaire. Accusé «d’atteinte à la sûreté de l’Etat», l’ancien président de la transition est détenu à la prison centrale de Bujumbura avec son ancien vice-président, Alphonse-Marie Kadege, un colonel et une demi-douzaine d’autres présumés complices d’une tentative de complot contre le régime présidé par Pierre Nkurunziza. «Nous venons d’arrêter Domitien Ndayizeye dans le cadre du coup d’Etat. Il était à la tête de ce putsch en préparation», déclare un responsable des services secrets burundais.

Le procureur Jean Bosco Ndikumana affirme disposer de preuves, notamment des enregistrements et des plans manuscrits, impliquant Domitien Ndayizeye dans un projet d’assassinat du président Pierre Nkurunziza, vainqueur du scrutin de 2005 qui avait mis fin à la transition. 

L’opposition conteste les accusations de complot

Plusieurs partis politiques, parmi lesquels le Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu), la formation politique de Ndayizeye, ainsi que des associations et des radios privées accusent le pouvoir d’avoir inventé ce complot de toutes pièces pour «museler l’opposition». Mardi, un communiqué du Frodebu condamnait l’arrestation «arbitraire et illégale de l’ancien président et actuel sénateur», critiquant «la dérive autoritaire et dictatoriale du pouvoir en place qui est de nature à compromettre de façon irrémédiable le processus de paix qui a été engagé au Burundi».

Léonce Ngendakumana, le président du Frodebu, assure que l’ancien président avait été arrêté «pour un coup d’Etat imaginaire, un pur montage du pouvoir destiné à nous réduire au silence». Il affirme également que des agents sud-africains ont aidé le pouvoir burundais à monter ce «faux coup». Pour sa part, Alphonse-Marie Kadege avait porté plainte la semaine dernière, accusant des policiers et un conseiller à la présidence de l’avoir torturé. Pour sa part, la ministre burundaise des Droits humains, Françoise Ngendahayo, avait dénoncé début août la pratique de tortures à l’encontre de plusieurs supects dans cette affaire.

Les Nations unies préoccupées

Le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, se déclare «gravement préoccupé par les événements récents au Burundi, en particulier par les rapports faisant état d'un possible coup d'Etat et de l'arrestation entre le 31 juillet et le 3 août de plusieurs individus, y compris des personnalités politiques importantes et de l'ancien président de la République Domitien Ndayizeye». Le secrétaire général des Nations unies demande au gouvernement du Burundi que soient respectés «les droits des individus emprisonnés, afin de résoudre cette situation délicate».

Kofi Annan appelle les dirigeants politiques et leurs partis «à travailler ensemble afin de préserver la paix et de consolider la démocratie fragile dans le pays» sorti récemment d’une guerre civile entre majorité Hutu et minorité Tutsi engagée en octobre 1993 avec l’assassinat du premier président hutu élu au Burundi, Melchior Ndadaye, du Frodebu. La guerre a fait quelque 300 000 morts. Le scrutin présidentiel de 2005 avait marqué la fin d’une longue transition conduite par Domitien Ndayizeye et l’avènement au pouvoir de Pierre Nkurunziza issu de l'ancienne rébellion hutu du Conseil national pour la défense de la démocratie (CNDD). Restait à régler la question de la rébellion hutu du Front national de libération (FNL) resté en dehors des accords de paix de 2003. Mais visiblement tous les contentieux ne sont pas vidés non plus entre le Frodebu et le CNDD.



par Antonio  Garcia

Article publié le 23/08/2006 Dernière mise à jour le 23/08/2006 à 18:25 TU