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Liban

Plus de 7 milliards de dollars de promesses

Fouad Siniora a reçu, à la conférence de «Paris III», une promesse d'aide financière massive de la communauté internationale. 

		(Photo : AFP)
Fouad Siniora a reçu, à la conférence de «Paris III», une promesse d'aide financière massive de la communauté internationale.
(Photo : AFP)
Les donateurs internationaux ont accordé une aide financière qui dépasse les sept milliards de dollars pour le Liban, lors de la conférence dite de «Paris III», ce jeudi. Un succès pour Fouad Siniora. Contesté par l’opposition pro-syrienne qui réclame sa démission, le Premier ministre libanais vient de recevoir le soutien politique et financier de la communauté internationale. Au moment même où cette aide conséquente pour le Liban venait d’être annoncée à Paris, à Beyrouth, des affrontements éclataient ce jeudi dans plusieurs quartiers de Beyrouth, faisant au moins quatre morts et 35 blessés, suite à une bagarre à l’université arabe de la capitale. Les appels au calme se multiplient et le Hezbollah a demandé à ses partisans de «se retirer des rues». Le Premier ministre appele les Libanais à «refuser l'escalade».

Evoquant une situation d’«urgence», le Premier ministre libanais a demandé un «soutien sûr et complet» de la communauté internationale. Il a été entendu. Il vient d’obtenir à la conférence de Paris III, des promesses d’une aide financière massive pour la reconstruction du Liban et l’application de son programme de réformes.

L’aide promise au Liban par les donateurs internationaux dépasse les 7,6 milliards de dollars sous diverses formes, notamment des dons et des prêts. Les principales contributions émanent de : l’Arabie saoudite (1 milliard de dollars), la Banque mondiale (1 milliard de dollars), la Banque européenne d’investissements (1,25 milliards de dollars), des Etats-Unis (770 millions de dollars), l’Union européenne (520 millions de dollars). La France a annoncé l’octroi de 650 millions de dollars sous forme de prêts à conditions avantageuses. La Grande-Bretagne, de son côté, a annoncé un don de 48 millions de dollars destiné surtout aux réfugiés palestiniens au Liban.

Le montant obtenu à Paris III dépasse largement celui obtenu lors de la conférence de 2002, de 4,1 milliards de dollars. Il est à noter que, des promesses faites à l’époque, à peine plus de la moitié a été effectivement transformée en espèces sonnantes et trébuchantes.

La tension est à son comble

Quoi qu’il en soit, le montant élevé de l’aide, annoncé à Paris III, représente un indicateur du niveau de soutien de la communauté internationale au gouvernement Siniora en pleine tourmente.

En échange de l’aide financière internationale, Fouad Siniora s’est engagé à appliquer un plan de réformes, très contesté par l’opposition. Qualifié de «courageux» par le président Chirac, ce programme de réformes destiné à éliminer le déficit budgétaire en cinq ans, prévoit des mesures très impopulaires, dont le relèvement de la TVA et la privatisation du secteur de la téléphonie, avant la fin de l’année.

Cette conférence représente aussi un succès pour le président français, Jacques Chirac, l’initiateur de cette mobilisation internationale en faveur d’un «Liban uni et souverain». Qualifiant cette conférence d’«échéance cruciale» pour réaffirmer avec force le «vœu d’un Liban uni, rassemblé et souverain», le président français avait demandé un appui financier «substantiel et immédiat» pour le Liban.

Reste que le pays menace de plonger dans le chaos. La tension est à son comble. Au moment même, où le président Chirac annonçait à Paris le montant de la collecte au profit de la reconstruction du Liban, éclataient dans la capitale libanaise des affrontements entre partisans du gouvernement et de l’opposition, suite à une bagarre entre deux étudiants - l’un appartenant au Courant du futur (pro-gouvernemental) et l’autre de l’opposition - à l’université arabe de la capitale. Le premier bilan annoncé par la chaîne de télévision de l’opposition NBN faisait état d’au moins quatre morts et 35 blessés.

Les appels au calme se sont multipliés. Le chef sunnite de la majorité anti-syrienne, Saad Hariri a appelé «tous les partisans du Courant du futur à rester calmes». Le président du Parlement et chef du mouvement chiite Amal (opposition), Nabih Berri a appelé «les partisans des deux bords à la retenue». Pour sa part, le Hezbollah, principal mouvement chiite de l’opposition libanaise, a appelé ses partisans «à se retirer des rues», selon un appel lancé sur sa chaîne de télévision Al-Manar. Depuis Paris, le Premier ministre, Fouad Siniora, a lancé un appel à la «sagesse» des Libanais, leur demandant de «refuser l'escalade». 



par Elisa  Drago

Article publié le 25/01/2007 Dernière mise à jour le 25/01/2007 à 15:52 TU