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Présidentielle 2007

Une cybercampagne jusqu'aux résultats

Dimanche, la parole va enfin être donnée aux électeurs. D’ores et déjà, quelque soit le résultat du scrutin, Internet est le grand vainqueur de cette élection. Blogs, podcast, vidéos, chats et newsletters ont retenu l’attention des Français tout au long de la campagne.

Lors de cette campagne, les Français ont massivement consulté les sites d'information indépendants. 

		
Lors de cette campagne, les Français ont massivement consulté les sites d'information indépendants.

Fini le temps des seules poignées de mains sur les marchés et dans les meetings. Nicolas, Ségolène, François et les autres ont pris conscience que près d’un électeur sur deux, est connecté, au travail et à domicile. D’où de gros efforts de leur part. En plus des sites de campagne bien fournis en données où l’on peut trouver programmes, journal de campagne, communiqués de presse, vidéos ou biographies, les candidats ont compris l’intérêt de faire du bruit, du «buzz», dit-on sur le Net. Avec plus ou moins de talent, les douze prétendants à l’Elysée ont investi les blogs, les forums, les newsletters ou bien encore les podcasts.

A l’instar des candidats américains lors de la dernière élection présidentielle, le candidat de l’UMP a donné dans le marketing agressif : vidéos, liens promotionnels, envoi massif de mails. Nicolas Sarkozy a dépensé près de la moitié de son budget de communication sur le Net. Avec moins d’argent mais tout autant de résultats, la candidate socialiste a choisi le forum participatif et le débat libre d’idées. Dans la philosophie d’Internet, le programme de Ségolène Royal a été conçu, sur le modèle du wiki qui permet tout à chacun d’enrichir des contenus en ligne.

Des blogueurs prêts à braver la loi

De son côté,  le centriste François Bayrou a proposé d’organiser avant le premier tour un débat sur le Net. Un premier était prévu entre les quatre grands candidats. Il devait être suivi de deux autres, composés chacun de quatre petits candidats, afin de respecter l’équité de temps de parole. Cette proposition a été abandonnée faute de débatteurs. Même le plus âgé d’entre eux, le leader du Front national Jean Marie Le Pen, qui s’est limité à six rassemblements publics en tout et pour tout, a mené sa campagne essentiellement sur les plateaux télés et sur le Web. A l’extrême gauche, rien de bien révolutionnaire, les célèbres trois «B», Buffet, Besancenot et Bové, ont mis en ligne des sites plutôt conventionnels.

Opération de marketing ou véritable outil de démocratie participative, le Net a eu, en tout cas, un effet non négligeable sur la campagne de terrain. L’illustration la plus forte est le nombre d’adhésions en ligne. Tous les candidats se sont largement appuyés sur leur plateformes de blogs pour augmenter leur nombre de militants. Autre phénomène qui mérite que l’on s’y attarde : l’apparition de plusieurs sites d’information indépendants. Parmi les incontournables, on citera les sites election-presidentielle.fr, netpolitique.net, debat2007.fr, agoravox.fr, ou encore le site votons.info qui permet, en quelques clics, de comparer les programmes des candidats sur différents thèmes. 

Le rôle des sites basés à l'étranger

Le Web, c’est également une fabuleuse caisse de résonnance. Même si les blogs politiques n’ont pas plus de 30 000 lecteurs par jour, ils se font l’écho de ce qui circule. Et lors de cette campagne, les médias dans leur ensemble ont décortiqué puis repris l’actualité de ces blogs. Les principaux candidats l’ont appris parfois à leurs dépens. Ségolène Royal s’est attiré les foudres des enseignants. Une vidéo diffusée en ligne a rendu publique le fait que la candidate socialiste doutait du temps de travail des enseignants, estimant que beaucoup d’entre eux n’atteignait  pas les 35 heures hebdomadaires. La porte-parole de Nicolas Sarkozy, Rachida Dati, aurait dû réfléchir à deux fois avant de se présenter comme la future «ministre de la rénovation urbaine à coup de karcher». Une caméra de télévision la filmait, depuis, la vidéo a été largement diffusée en ligne. Nicolas Sarkozy, lui aussi, s’est pris les pieds dans la toile. Invité à la conférence «Le Web 3», rendez-vous parisien d'un millier d'entrepreneurs du Net et de blogueurs, le candidat de l’UMP n’a pas emporté l’adhésion de l’assistance venue discuter de l’avenir du Web et non de la campagne. Pour François Bayrou, cela a été la vidéo de l’éditorialiste Alain Duhamel qui a annoncé ses préférences politiques pour le leader centriste, le journaliste est depuis privé d’antenne.

Et il fallait s’y attendre… jusqu’au dernier jour de la campagne, la toile a fait son show. Alors que la loi française interdit la publication des sondages avant la fermeture des bureaux de vote le jour de l’élection, des blogueurs envisagent de briser l’embargo. C’est Jean-Marc Morandini, animateur sur la station de radio Europe 1 qui a lancé le débat en déclarant la semaine dernière sur son blog son intention de publier «les rumeurs certifiées qui circulent dans les rédactions à partir de 18 heures ». D’autres lui ont immédiatement emboité le pas. La Commission nationale de contrôle de la campagne promet des poursuites si des infractions sont constatées. Reste que la Commission n’a pas les moyens d’empêcher les publications de ces estimations sur les sites basés à l’étranger.



par Myriam  Berber

Article publié le 20/04/2007 Dernière mise à jour le 20/04/2007 à 14:43 TU

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Dossier Présidentielle 2007, une campagne très Net. 

		(Photo : AFP/ Montage : RFI)