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Tchad

Les combats prennent le pas sur les cérémonies

Article publié le 01/12/2007 Dernière mise à jour le 01/12/2007 à 19:07 TU

Les affrontements ont repris sur un autre front. Le président Deby, qui était dans la capitale pour fêter son accession au pouvoir, est aussitôt reparti dans l'Est. Il a limogé son ministre de la Défense.

Idriss Deby, le 1er décembre 2007.(Photo : Marie-Pierre Olphand / RFI)

Idriss Deby, le 1er décembre 2007.
(Photo : Marie-Pierre Olphand / RFI)

Avec l’envoyée spéciale de RFI à Ndjaména

Après une semaine passée à l'Est du pays, Idriss Deby a fait une apparition éclair dans la capitale ce samedi matin.

Il est venu fêter le 17ème anniversaire de son accession au pouvoir. Sa présence a mis du baume au cœur des Tchadiens après les durs combats de cette semaine, commente le directeur de cabinet du président.

Sur la place de l'Indépendance, on peut lire sur les banderoles, «Le peuple uni soutient IDI», ou encore «Pour un Tchad uni et fort».

Certains de ses proches auraient aimé que le chef de l'Etat s'adresse à la population, mais il est reparti silencieux. Destination : de nouveau, l'Est du pays.

Entre temps, la nouvelle est tombée : Idriss Deby a limogé son ministre de la Défense, Mahamat Nour.

Inquiet pour sa sécurité, l'ancien leader du FUC, le Front uni pour le changement, s'était réfugié hier vendredi à l'ambassade de Libye. Au même moment, ses troupes affrontaient les forces nationales tchadiennes, à l'Est, dans la ville de Guéréda.

Pourquoi Mahamat Nour a-t-il été écarté aujourd'hui du gouvernement ? Et quelles seront les conséquences ?

En tout cas, la nouvelle de son départ ajoute un peu plus de confusion à la situation après une semaine de conflits.


Des affrontements ont eu lieu, samedi, à Kalaït dans le Nord-Est du Tchad entre l'armée et les rebelles du Rassemblement des forces pour le changement. Le RFC de Timan Erdimi n'avait pas encore été impliqué dans les combats qui sévissent depuis lundi. Cette reprise des affrontements entre le mouvement rebelle dirigé par Timan Erdimi et les forces gouvernementales ouvre donc un troisième front dans l'Est du pays.

Le raid héliporté mené par l'armée tchadienne sur les combattants du RFC peut surprendre à première vue. Depuis plusieurs jours,Timan Erdimi se disait prêt à discuter avec les autorités d'une reconduction du cessez-le-feu signé le 25 octobre, en Libye. La réponse est venue jeudi de la bouche du Premier ministre tchadien: « Prenez votre courage à deux mains, venez à Ndjamena, l'accord de paix est toujours valable mais n'est pas négociable », lui a affirmé Kassiré Coumakoye. Une politique de la main tendue a minima qui masque mal le peu de confiance existant entre les autorités et le chef du Rassemblement des forces pour le changement.

S'il est encore difficile de préciser les raisons exactes qui ont poussé l'armée tchadienne à mener une opération sur les hommes de Timan Erdimi, le bombardement aérien d'hier pourrait sans nulle doute relancer le RFC dans la bataille qui se joue actuellement à l'Est. « Nous cherchons un lieu de cantonnement et le gouvernement nous bombarde, les autorités ont rendu l'accord de paix caduc », explique le porte-parole de ce mouvement rebelle.

Après une semaine de combats d'une violence inédite avec l'UFDD de Mahamat Nour et un accrochage vendredi avec des hommes du Front uni pour le changement (FUC) qui a débouché sur le limogeage de Mahamat Nour du poste de ministre de la Défense, ce bombardement des troupes du RFC ouvre donc un troisième front dans l'Est du pays. Idriss Déby a-t-il choisi de se lancer dans une guerre totale avec l'ensemble des mouvements rebelles ? C'est désormais la question que tout le monde se pose à Ndjaména.

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