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Slovaquie / Energie

Bratislava menace de relancer ses vieilles centrales nucléaires

Article publié le 11/01/2009 Dernière mise à jour le 11/01/2009 à 20:30 TU

Les cheminées de refroidissement de la plus vieille centrale nucléaire de Slovaquie, construite par les soviétiques. Photo du 16 octobre 2003.(Photo : AFP)

Les cheminées de refroidissement de la plus vieille centrale nucléaire de Slovaquie, construite par les soviétiques. Photo du 16 octobre 2003.
(Photo : AFP)

Le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, président en exercice de l'Union européenne, est enfin parvenu à convaincre Moscou et Kiev de signer un accord sur le déploiement d'observateurs chargés de surveiller le transit du gaz russe en territoire ukrainien. Mais le travail de ces observateurs est reporté. Moscou affirme en effet ne pas avoir reçu la copie de l'accord paraphé par les autorités ukrainiennes. La Russie accuse l'Ukraine de subtiliser du gaz et en attendant le déploiement de ces observateurs, les robinets de gaz vers l'Europe restent donc coupés. Conséquence, la Slovaquie annonce son intention de relancer une centrale nucléaire datant de l'ère sovietique. Bratislava est entièrement dépendante du gaz russe pour son approvisionnement. Mais l'Union européenne qui avait jugé cette centrale vétuste et dangereuse, n'est pas d'accord.

Avec notre bureau de Bruxelles

Sur un plan purement juridique, la Slovaquie n’a pas le droit de relancer son réacteur nucléaire. Bratislava n’a pas notifié sa demande auprès de la Commission européenne, mais surtout cette décision violerait l’accord d’accession signé par la Slovaquie pour adhérer à l’Union.

Cependant, « à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle », défend le Premier ministre slovaque, Robert Fico. La réouverture d’une tranche de la centrale permettrait de renforcer les capacités de production d’électricité.

A l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire tenu samedi, le gouvernement reconnaît ainsi « préférer violer les traités, plutôt que de voir l’effondrement de son réseau ». 

La question est maintenant de savoir si la Slovaquie maintient toujours sa position. La réouverture de cette unité nucléaire a été annoncée quelques heures avant l’accord entre l’Union européenne, la Russie et l’Ukraine, sur le contrôle du transit du gaz russe à destination de l’Europe.

Bratislava affirme avoir pris sa décision une fois le point critique dépassé. Il faut en effet un délai technique de six jours pour relancer cette centrale de conception russe. La tranche concernée est fermée depuis le 31 décembre 2008, une première unité avait aussi été mise à l’arrêt deux ans auparavant.

Frédéric Marillier

Chargé de campagne « Nucléaire et énergie » à Greenpeace France

« C'est une centrale qui est un vieux modèle russe, qui présente d'importants risques au regard des normes européennes. (...) Aujourd'hui, la crise russe est une mauvaise excuse en termes énergétiques, mais c'est ce que tente d'utiliser le gouvernement pour rouvrir cette centrale; (...) c'est juste une occasion supplémentaire de mettre un peu de pression sur la Comission européenne pour garder cette vieille centrale ouverte. »

11/01/2009 par Valérie Lainé

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Gaz pour la Slovaquie

« Le gouvernement dirigé par Robert Fico, Premier ministre de gauche, inclut des représentants de forces populistes et d'extrême droite; ce bizarre attelage très critiqué dans le reste de l'Union européenne fait aujourd'hui pression pour obtenir au plus vite un accord gazier russo-ukrainien en tentant de faire oublier aux 5 millions de Slovaques ses manquements et ses responsabilités. »

11/01/2009