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Algérie / Présidentielle

Une élection sans suspense

Article publié le 08/04/2009 Dernière mise à jour le 09/04/2009 à 13:49 TU

Un peu plus de 20 millions d’Algériens sont appelés à voter ce jeudi. Le scrutin oppose le président sortant à cinq candidats, dont une femme. À la faveur d’un changement constitutionnel, Abdelaziz Bouteflika brigue un troisième mandat, à l’âge de 72 ans. Aucun ténor de l’opposition ne participe à ce scrutin. Le président candidat est donc assuré de l’emporter. Le taux de participation et le score du futur président sont les seules inconnues.

Dans un bureau de vote d'Alger, le 9 avril 2009. (Photo : AFP)

Dans un bureau de vote d'Alger, le 9 avril 2009.
(Photo : AFP)

Reportage dans les bureaux de vote d’Alger

« Dans les cinq centres que j’ai pu visiter, je n’ai vu qu’une seule petite file d’attente, ailleurs, les électeurs viennent au compte-gouttes… »

09/04/2009 par Marie-Pierre Olphand

De notre envoyée spéciale à Alger, Marie-Pierre Olphand

Aux dernières législatives de 2007, le taux de participation n’avait été que de 37%, d’où la campagne menée depuis des semaines par les  autorités en faveur du vote. Le gouvernement a même promis aux régions qui se mobiliseraient le plus, qu’elles pourraient obtenir le statut de « wilaya » (division administrative) qu’elles réclament lors du prochain découpage administratif.

L'important est de voter

« Votez contre nous, votez même avec un bulletin blanc, mais votez », a déclaré Abdelaziz Bouteflika au cours de sa première réunion publique, tandis que le secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, a fustigé les partis qui ont appelé au boycott, estimant qu’il s’agissait d’une position politique malsaine. De fait, le RCD et le FFS ont dénoncé l’interdiction qui leur a été faite de faire campagne pour le boycott. Un militant du FFS a notamment été interpellé durant plusieurs heures, la semaine dernière, dans la ville de Tizi-Ouzou, pour avoir transporté des tracts jugés subversifs.

De la mobilisation des Algériens aujourd’hui va dépendre la légitimité du futur président. Rien n’est acquis pour l’instant. Dans les grandes villes, beaucoup estiment que leur voix ne sert à rien et que, faute d’enjeu, ils ne se déplaceront pas. 

La pomme de terre, le 7e candidat du scrutin

Mardi, dans un marché du centre d’Alger, les habitants se montraient plus préoccupés par la hausse du prix des légumes que par l’élection et son résultat. Le prix de la pomme de terre a presque triplé ces dernières semaines, et atteint les 100 dinars le kilo, soit environ un euro. La presse a même fait de la pomme de terre le 7e candidat de ce scrutin. « Nos pouvoirs publics ont réussi quelque chose d’extraordinaire, ils ont appauvri le peuple alors que nous sommes un pays riche, c’est un exploit dont ils peuvent être fiers », dit avec cynisme un petit commerçant du marché. « La flambée des prix est due aux responsables qui gèrent le pays, c’est une question d’homme, on a une crise d’hommes. Les gens compétents se sont envolés au lieu de rester en Algérie », déplore un autre marchand d’épices.

Confiant, le directeur de campagne du chef de l’Etat, Abdelmalek Sellal, a prédit un taux de participation supérieur à 60%. Mais dans l’opposition, on affirme que les vrais chiffres pourraient être maquillés en cas de large abstention. Pour le Front des forces socialistes « le taux annoncé ne représentera que le taux de peur  du pouvoir algérien ». Le FFS qualifie ce scrutin de « récréation politique », et affirme qu’il sera en mesure d’annoncer les résultats avant le ministère de l’Intérieur, dans les wilayas où seront déployés les mille observateurs du parti mobilisés ce jeudi.

« Pas de fauteuil usé »

Abdelaziz Bouteflika qui brigue son troisième mandat table sur un score massif. Il considère qu’un président qui n’est pas élu à une majorité écrasante n’en est pas un. Lors de son dernier meeting, il a déclaré « qu’il ne voulait pas s’asseoir sur un fauteuil usé », et que, s’il n’avait pas de majorité absolue, il se retirerait. Lors de la précédente élection présidentielle, en 2004, il avait obtenu 85% des voix. Le taux de participation était alors de 58%.