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Sri Lanka

Vers une enquête pour crimes de guerre

Article publié le 20/05/2009 Dernière mise à jour le 20/05/2009 à 15:33 TU

Des soldats sri-lankais célèbrent leur victoire contre les Tigres Tamouls, le 19 mai 2009.(Photo : Reuters)

Des soldats sri-lankais célèbrent leur victoire contre les Tigres Tamouls, le 19 mai 2009.
(Photo : Reuters)

C'est jour férié au Sri Lanka, jour de fête nationale pour célébrer la fin de la guerre. Mais la priorité aujourd’hui, c’est d’aider les victimes des combats, pour cela, les humanitaires sont à Colombo, dans la capitale. Ils attendent maintenant de pouvoir se rendre dans le nord-est de l’île, dans la zone qui était jusqu’à présent contrôlée par les Tamouls. Le conflit séparatiste qui vient de prendre fin a fait 70 000 morts en 37 ans, dont, estime l'ONU, 6 500 civils entre fin janvier et mi-avril.

Avec notre correspondant à Colombo, Philippe Levasseur

Les humanitaires peuvent monter vers le nord de l'île sur quelques centaines de kilomètres et ils sont bloqués dans une ville qui s’appelle Vavuniya qui est située tout près de la ligne de front. Mais à partir de ce point, ils ne peuvent accéder à la zone des combats et, ce qui est plus grave, ils ne peuvent pas non plus rejoindre l’intérieur des camps de réfugiés que l’armée a installés. Des camps entourés de barbelés qui ressemblent plus à des camps militaires qu'à autre chose.

Il est impossible d'entrer en contact avec les réfugiés qui, dès qu’ils sortent de la zone des combats, sont embarqués par l’armée dans des bus et amenés, qu’ils le veuillent ou non, vers ces camps où l’armée vérifie leur identité.

On peut se demander pourquoi tant de précautions, pourquoi ne pas laisser les humanitaires accéder aux réfugiés ? A cela, l’armée répond  que ce n’est pas nécessaire, qu’elle peut très bien gérer la situation humanitaire sur place, alors que la Croix-Rouge internationale, elle, parle de « catastrophe humanitaire inimaginable ».

Sarafi Vichnaratney, porte-parole de la Croix-Rouge internationale (CICR), à Colombo

« Nous n’avons toujours pas d’informations sur ce qui se passe sur le terrain. Depuis dimanche, nous avons perdu le contact avec notre équipe sur place et nous n’avons toujours pas réussi à le rétablir. »

20/05/2009 par Georges Abou

La visite de Ban Ki-moon 

Dans ce contexte, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, sera sur place ce vendredi où il va tenter de faire un premier bilan. Sur un plan humanitaire, il peut s’attendre à des choses très diverses. Tout dépend de l’accès que lui donneront les autorités sri-lankaises. S’il peut se rendre vers cette ligne de front, il verra un paysage dévasté, des milliers d’habitations détruites ; 6 500 morts depuis le mois de janvier, selon l’ONU, cela fait 70 civils tués par jour. C’est dire si les combats ont été violents.

Ban Ki-moon est censé examiner également, lors de son séjour ici au Sri Lanka, l’éventualité d’un procès pour crimes de guerre contre les autorités sri-lankaises. On a eu connaissance, sous couvert d’anonymat jusqu’à maintenant, que certaines organisations humanitaires affirmaient que des bombes, des armes chimiques ont été utilisées par les deux parties et que des civils ont été tués par milliers. Cela pourrait constituer l'amorce pour lancer une enquête sur  d’éventuels crimes de guerre.

Philippe Levasseur

Correspondant de RFI au Sri Lanka

« Le cadavre qui a été montré à la télévision nationale sri-lankaise ressemble très très fortement à celui de Prabhakaran. Il porte l'uniforme des Tigres tamouls et le général qui regarde ce cadavre extrait de l'une de ses poches la carte d'identité de Prabhakaran. »

20/05/2009 par Edmond Sadaka