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15/10/2004
Chronique Livres

L'essentiel d'un livre
Dans les bas-fonds de l’Afrique nouvelle

(MFI) Florent Couao-Zotti livre avec son nouveau roman un hymne à l’Afrique des marges et des humbles.


Depuis son premier ouvrage, paru en 1995, le Béninois Florent Couao-Zotti explore inlassablement les bas-fonds de la société béninoise, donnant à voir l’univers âpre et tragique des laissés pour compte, des prostituées et des marginaux. Son nouveau roman Le cantique des cannibales qui vient de paraître cet automne ne déroge guère à la règle. Il raconte une histoire d’amour entre une femme gangster admirée des foules, et un inspecteur de police idéaliste. Mêlant habilement romance, intrigue policière et satire politique, ce roman donne la mesure de l’inventivité de son jeune auteur, considéré comme un des écrivains les plus talentueux de la génération montante d’écrivains africains.
Inspirée de la figure de Phoolan Devi, la « reine des bandits » indienne, Gloh est la protagoniste principale du Cantique des cannibales. C’est un personnage hors du commun, construit sur le modèle des personnages de femmes inoubliables de la littérature africaine tels que la Grande Royale(Cheikh Hamidou Kane), la reine Johanna Simetho (Boubacar Boris Diop) ou Perpétue (Mongo Béti). Née dans la pauvreté et la privation, Gloh s’est érigée en « gangster en pagne », protectrice des plus humbles. A la tête d’une bande de malfrats redoutables, les Assoukas, elle détrousse les riches et redistribue le butin aux démunis, se faisant ainsi des amis dévoués parmi les marginaux et des ennemis redoutables parmi les puissants. Lorsque la police parvient à mettre la main sur celle qu’elle considère son ennemie numéro un, elle la fait enfermer pour longtemps après l’avoir vicieusement torturée. Or tel est le prestige de Gloh auprès du petit peuple des faubourgs et de la campagne que le président du pays, candidat à sa propre succession, lui demande de faire campagne pour lui. Il lui promet, en contrepartie, liberté et lucre. Gloh fait semblant d’accepter l’offre pour recouvrir sa liberté, mais ne voulant salir sa réputation en s’alliant avec les hommes du régime qui utilisent la démocratie pour mieux tenir le petit peuple à l’écart des fruits de la croissance, elle s’enfuit dans les montagnes, entraînant avec elle son amant qui n’est autre que l’inspecteur Alabi, celui-la même qui l’avait arrêtée autrefois. Le gendarme et la voleuse constituent un duo de choc aux yeux du peuple, mais réussiront-ils à triompher des forces du mal déchaînées par le président Kéké (sic!) pour les neutraliser ?
Le cantique des cannibales est le troisième roman de Couao-Zotti. Venu à la littérature à l’âge de 26 ans, cet ancien journaliste a également publié des nouvelles, des pièces de théâtre, des ouvrages pour la jeunesse. Dans son précédent roman Notre pain de chaque nuit, Couao-Zotti avait raconté la liaison dangereuse et émouvante entre un jeune boxeur montant et une prostituée. Ses nouvelles et ses pièces de théâtre campent leurs personnages dans les zones d’ombre interlopes de la capitale béninoise. C’est avec une force d’imagination singulière que cet auteur évoque le monde de la rue, ses turpitudes et son humanité. L’histoire de son nouveau roman se déroule, elle aussi, en partie, dans la rue: « ces rues poubelles – nids d’amour des moutons – ses odeurs d’afitin mal conservé, ses éternelles histoires de sorcières brouteuses d’enfants égarés » que Gloh parcourt de long en large à la recherche de la tendresse et de la solidarité. Mais, comme l’a écrit Abdourahman A. Waberi, l’intérêt premier de la fiction de Couao-Zotti se trouve « dans les plis et les replis de son écriture, (...) sa respiration singulière, son rythme tout en brisures et reprises ». Un rythme haletant qui rend la lecture de son nouveau roman agréable, malgré la noirceur et la corruption des âmes qu’il met en scène.

Le cantique des cannibales, par Florent Couao-Zotti. Ed. Le Serpent à Plumes, 264 pp., 18,90 euros.

Tirthankar Chanda


L’Autrichienne Elfried Jelinek honorée par le jury Nobel

(MFI) Le prix Nobel de littérature de 2004 vient d’être décerné à l’écrivain autrichienne de langue allemande Elfriede Jelinek. Ägée de cinquante-neuf ans, née d’un père juif tchèque et d’une mère viennoise, celle-ci est auteure d’une trentaine d’ouvrages (romans et pièces de théâtre) aux titres souvent révélateurs de leurs thématiques subversives: Les Exclus (1989), Lust (1991), Maladie ou femmes modernes: comme une pièce (2001), Avidité (2003). Dans son communiqué de presse annonçant le nom de la lauréate, l’Académie suédoise déclare lui avoir attribué le prix « pour le flot musical de voix et contre-voix dans ses romans et ses drames qui dévoilent avec une exceptionnelle passion langagière l’absurdité et le pouvoir autoritaire des cliché sociaux ». La satire, la critique sociale sont présentes dans l’oeuvre de Jelinek dès ses premiers romans parus dans les années 70. Mais c’est son récit à base autobiographique La Pianiste, porté à l’écran par Michael Hanecke et interprété par la talentueuse Isabelle Huppert, qui l’a fait connaître au grand public. Une jeune professeure de piano, étouffée par la très forte personnalité de sa mère, plonge dans une relation sado-masochiste avec son élève. A travers les tourments physiques et psychiques de son personnage principal, Jelinek explore le désarroi des femmes dans « un pays aux classes sociales figées, au système d’éducation autoritaire et centré sur la réussite, comme l’Autriche ». Dans ses livres, elle fustige particulièrement, son pays natal, sa bourgeoisie figée dans sa médiocrité, sa culpabilité nazie non assumée, la violence sexuelle dont ses femmes sont victimes. C’est une oeuvre dérangeante, polémique à cause de son côté imprécatoire, mais aussi à cause de la pornographie, la perversion, des outrances langagières dont l’auteure se sert avec délectation pour exprimer sa haine de la société. Les critiques ont également souligné l’utilisation originale que Jelinek fait du langage: elle le chamboule, le déconstruit, le réduit en fragments pour révéler « les structures souterraines du pouvoir ». Après avoir commencé sa carrière littéraire comme romancière et poète, l’auteure de La Pianiste écrit essentiellement aujourd’hui pour le théâtre. Ses pièces ont été produites en Allemagne comme à Paris par des metteurs en scènes prestigieux. Le public francophone peut lire en français l’œuvre de Jelinek, traduite par une petite maison d’édition dès la fin des années 80. Son dernier roman Avidité a été publié en français par les éditions du Seuil.

T. C.


Un jeune nouvelliste malien : Ibrahima Aya

(MFI)Durant deux années, chaque premier lundi du mois, les lecteurs du journal malien L’Essor ont découvert une nouvelle de leur compatriote, Ibrahima Aya. Quelques mois plus tard, ce sont quinze de ces textes qui sont réunis sous le titre Les Larmes de Djoliba. L’initiative et l’originalité de la formule éditoriale méritent d’être soulignées, tant il semble évident que les jeunes écrivains ont besoin de ces laboratoires d’expérimentations que peuvent être les journaux et les revues dans lesquels ils trouvent un lieu de première confrontation avec le public. L’univers d’Ibrahima Aya s’inscrit dans les instants du quotidien. Ici, les douleurs d’une enfance trop vite confrontée au monde adulte; là, les retrouvailles avec un père ; ailleurs, la détresse des mendiants et autres « sauvageons » ou une étrange compétition durant le mois de carême... Le jeune nouvelliste parsème et ponctue ses nouvelles de chants traditionnels, de poèmes et de chansons, comme autant d’échos à de plus anciennes sagesses. Ses personnages portent des patronymes empruntés au vocabulaire songhoï ou bambara (Muso « femme », Tiébé « mari », Dogo « petit frère », Kabé « barbe »), sans doute afin de mieux ancrer dans une réalité dont il souhaite restituer, avec précision mais non sans une distance teintée d’humour, les difficultés, les douleurs et les joies.
Ainsi, malgré, ça et là, une écriture qui gagnerait sans doute à éviter les surcharges inutiles, Ibrahima Aya aborde avec soin des sujets originaux dont il offre une observation qui ne manque pas de qualités.

Les larmes de Djoliba, par Ibrahima Aya. Cercle / AMAP, 156 p., 12,5 euros.

Bernard Magnier


Le dernier rêve d’Ahmed Abdel Aal

MFI) Le dernier rêve, recueil écrit et illustré par le Soudanais Ahmed Abdel Aal, est un diptyque constitué d’un premier texte dont la tonalité et le propos l’apparentent immédiatement au conte, et d’un second que l’on inscrira plus volontiers au registre de la nouvelle. Dans Les tourments du vieil aigle, Ahmed Abdel Aal conte le dernier vol d’un aigle qui converse avec le vent et perdra son dernier combat avec son complice et ennemi. Dans « La récolte du dernier rêve », un homme, « simple employé », découvre que ses sommeils sont peuplés de rêves prémonitoires qui lui permettent de réaliser le bonheur de ses congénères. Avec les soixante pages élégantes de ce joli petit livre, Ahmed Abdel Aal nous plonge dans un univers étrange et dérangeant. Son recueil semble tout entier consacré aux souvenirs enfouis, aux instants de détresse et de désarroi qui surviennent lorsque, soudain, l’oubli, le désaveu ou le mépris s’en viennent prendre place dans le regard des autres, ainsi en va t-il lorsque la vieillesse assaille l’oiseau, lorsque le sommeil abandonne l’homme aux talents exceptionnels.
Ahmed Abdel Aal qui est doyen de la faculté des Beaux-Arts de Khartoum a choisi d’illustrer ses deux textes avec des tableaux qui mêlent avec efficacité des inspirations arabes (la calligraphie y tient une place de choix) et occidentales. Ainsi, autour d’un texte qui aurait mérité parfois une plus grande attention (traduction ?), les illustrations, organisées en pleine pages ou réparties ça et là selon une maquette agréable, confèrent à l’ensemble une belle qualité artistique.

Le dernier rêve, par Ahmed Abdel Aal. Editions Alternatives. 60 p., 10 euros.


B. M.


Marche un jour de révolution

(MFI) Lucien est un étudiant appliqué qui espère un jour devenir professeur. Tandis que son jeune frère a choisi la voie de la délinquance et touche de l’argent pour jouer les nervis du gouvernement, l’aîné étudie, donne des cours au fils d’un médecin et rêve d’une journaliste étrangère rencontrée un soir. A la campagne, leur mère, presque aveugle, espère chaque jour des nouvelles de ces fils partis à la ville pour y trouver une vie meilleure. Mais les commémorations du Bicentenaire de l’indépendance haïtienne enflamment les esprits. Les étudiants décident un dimanche de marcher pacifiquement dans les rues de Port-au-Prince pour chanter « Nous n’aurons plus jamais peur » à la barbe du pouvoir. On le sait, la manifestation dégénèrera et la marche pacifique tournera au massacre. Lionel Trouillot, romancier et poète d’envergure, mais aussi intellectuel engagé, fait avec ce court récit la chronique des semaines qui ont précédé la chute d’Aristide au printemps 2004. Qui mieux que ce professeur de littérature pouvait décrire le quotidien misérable et courageux de ces étudiants ? Qui mieux qu’un Haïtien vivant à Port-au-Prince connaît la lancinante pauvreté de ses habitants ? Les pièces comptées pour acheter des cigarettes au détail, les maigres repas partagés, les vêtements usés et les livres trop chers n’entament pourtant pas l’espoir de ceux qui se vouent aux études. Un livre remarquable de sensibilité et de pudeur, à lire pour ne pas oublier que les révoltes légitimes finissent encore trop souvent en massacres.

Bicentenaire, par Lionel Trouillot. Actes Sud, 122 p., 13,90 euros.

Geneviève Fidani


Un proverbe peut en cacher un autre

(MFI) Après Les Proverbes de l’éléphant en 2003, William Wilson offre aujourd’hui dans la même veine Les Proverbes du crocodile, un album destiné aux jeunes lecteurs (à partir de cinq ans précise l’éditeur) qui met en scène, en images et en couleurs une douzaine de proverbes du continent africain. Dans ce volume, le peintre et illustrateur joue des lettres et de la typographie pour décliner en de multiples variations la graphie du proverbe qu’il illustre par ailleurs, sur une double page, avec des dessins tout à la fois naïfs et inventifs, gais et cocasses.
Les proverbes réunis font preuve d’un bel éclectisme, passant de l’énonciation de l’évidence (« Le lièvre ressemble à l’âne mais ce n’est pas son fils »), au constat heureux (« Jette le chanceux dans la mer, il en ressortira un poisson dans la bouche ») en passant par ceux qui sont empreints d’un plus grande gravité (« Quand on coupe les oreilles, le cou s’inquiète »)...
Un regard sur la tradition avec des images aux inspirations multiples, sans doute à la mesure de cet artiste né à Tours d’une mère française et d’un père togolais. Ainsi peut-on retrouver dans son travail la trace africaine des tentures d’Abomey aux côtés des peintures occidentales de Dubuffet ou des dessins de Topor. Une relecture originale et bienvenue qui devrait convaincre les parents qui devront ensuite transmettre leur enthousiasme.

Les proverbes du crocodile, de William Wilson. Editions Gallimard jeunesse, album illustré, format 230 x 252 mm, 36 p., 12 euros.

B. M.


Le Portugal et son empire

(MFI) A son apogée, à la veille de la seconde guerre mondiale, l’empire colonial portugais, avec principalement l’Angola et le Mozambique, avait une superficie représentant 23 fois celle de la métropole. La conquête de cet empire avait commencé cinq siècles plus tôt, avec le célèbre prince Henri le Navigateur, mais jusqu’au début du 19e siècle, les Portugais ne contrôlaient guère que les côtes de leurs territoires. C’est la « pacification » de l’intérieur, de 1844 à 1941, que René Pélissier a entrepris de raconter dans un livre qui se présente un peu comme un résumé de ses considérables travaux antérieurs sur les colonies portugaises.
Or, la maîtrise de cet empire plutôt démesuré a coûté très cher, en argent et en hommes, non seulement en raison de la farouche résistance des Africains, mais aussi parce qu’avant la première guerre mondiale, la Grande Bretagne et l’Allemagne, ont contrecarré les plans du Portugal. L’épisode le plus marquant de cette rivalité a été, en 1890, l’ultimatum britannique à l’explorateur portugais Serpa Pinto qui tentait de relier Angola et Mozambique suivant un axe ouest-est qui aurait coupé l’axe nord-sud du Cap au Caire dont rêvait Cecil Rhodes. Lisbonne céda : ce fut le « Fachoda portugais », écrit René Pélissier.
Mais son livre vaut surtout par la description minutieuse des innombrables campagnes que les Portugais durent lancer en Angola, au Mozambique, en Guinée-Bissau, et à Timor pour étendre et consolider leur présence. Son récit fait découvrir au lecteur quelques unes des grandes figures de cette histoire coloniale, comme le gouverneur Antonio Enes, et son adversaire, le roi des Ngoni du Mozambique, Gungunhana, capturé en 1895 après une lutte acharnée, qui mourut en exil au Cap Vert « baptisé, alphabétisé et alcoolique ».

Les campagnes coloniales du Portugal – 1844-1941, par René Pélissier. Pygmalion, 344 p., 24 euros.

Claude Wauthier


A la rencontre de la sagesse maasaï

(MFI) Sagesse maasaï est un petit livre (taille et format d’un disque compact) qui tente en un minimum de pages de donner un aperçu de la culture de ce peuple qui, entre Kenya et Tanzanie, lutte pour survivre et ne pas être broyé par l’infernale machine du « progrès ».Le livre est une sorte d’anthologie de « paroles » diverses que l’auteur, Xavier Péron, a organisé de façon à les confronter et à leur donner sens. L’essentiel du livre est constitué de propos recueillis auprès de divers interlocuteurs, célèbres (Joseph Kessel et Karen Blixen) ou inconnus parmi lesquels il convient de relever la présence de celui que Xavier Péron considère comme son « père adoptif », de quelques « hommes-médecine » ainsi que des extraits d’un journal de deux jeunes élèves. Par ailleurs, citations empruntées à des textes traditionnels, paroles de chansons, contes, bribes de conversation, proverbes... Xavier Péron fait livre de tous mots qui peuvent dire le quotidien et la « sagesse maasaï » et dénoncer les risques qui les menacent. Un maquette aérée et une belle iconographie contribuent à rendre cet album séduisant et accessible.
Parallèlement à ce livre, Xavier Péron est également l’auteur d’un volume plus important, Maasaïitis (titre éponyme d’un documentaire réalisé avec Cédric Kaplisch), un journal de voyage dans lequel l’auteur tente de rendre compte de son « voyage initiatique au cœur d’un peuple et d’une culture », de sa fascination pour son humanité et de ses craintes pour son devenir.

Sagesse maasaï, par Xavier Péron. Blanc Silex, 68 p., 13 euros.

B. M.


Echos de l'édition
Le Serpent (à Plumes) renaît de ses cendres


(MFI) La marque Serpent à plumes refait surface avec plusieurs titres, notamment Le Cantique des cannibales du béninois Florent Coua-Zotti et Le Crayon du Bon Dieu n’a pas de gomme du haïtien Louis-Philippe Dalembert. La nouvelle équipe chargée de la gestion des collections publiées sous cette marque depuis l’acquisition de cette dernière par les éditions du Rocher annonce la parution prochaine de nouveaux titres sous la signature des auteurs prestigieux du Serpent à plume tels que Ivo Androvic, Tanella Boni, Jean-François Samlong, Yannick Lahens, Alain Mabanckou ou Dany Laferrière. Le journaliste de RFO Christian Séranot qui a été nommé à la tête du Serpent par le directeur des éditions du Rocher Jean-Paul Bertrand, a affirmé son désir de renforcer la dimension internationale de la marque, tout en continuant les autres collections à un rythme soutenu : « Fiction française », « Serpent noir », « motifs ». A celles-ci viendra s’ajouter une nouvelle collection d’essais polémiques et contestataires intitulée « Le cri du monde » en référence à Edouard Glissant. Cette nouvelle collection s’ouvrira par un essai au titre tonitruant Manifeste de lutte pour l’égalité effective par Stéphane Pocrain. Ce dernier a été pressenti pour diriger la collection. Les éditions Serpent à plumes avaient été créées en 1993 par Pierre Astier. Placée sous les auspices du dieu pré-colombien Quetzalcoalt, dieu de vie, de fécondité et de création, cette maison avait réussi son pari de montrer qu’il existe une véritable république mondiale des lettres en faisant entendre des voix originales des écrivains du Sud. En l’espace de dix ans, elle a ainsi constitué un catalogue riche de près de 400 titres, comportant des auteurs prestigieux africains et caribéens tels que Nuruddin Farah, Dany Laferrière, Abdourahman Waberi, Ken Bugul ou Jean-Luc Raharimanana. La maison traversait des difficultés financières depuis quelques années et avait été vendue une première fois au groupe des éditions du Forum. Celui-ci avait maintenu l’équipe fondatrice en place. Telle n’a pas été la démarche de Jean-Paul Bertrand qui a racheté la maison en mars 2004. Ce transfert avait suscité des inquiétudes parmi les auteurs du Serpent à Plumes qui craignaient que leurs ouvrages ne soient dilué dans les publication du Rocher, maison qui a publié le dernier brûlot anti-musulman de Brigitte Bardot. Le nouveau directeur littéraire du Serpent à Plumes explique, pour sa part, qu’il a obtenu que sa marque ne sera pas intégrée dans les production du Rocher, préservant ainsi son indépendance éditoriale.

T. C.


Naissance de l’agence littéraire Astier-Civico

Fondateur et ex-directeur des éditions Le Serpent à plumes, Pierre Astier vient de s’associer avec Alexandre Civico, agent associé de l’agence littéraire et artistique Laura Fountain, pour créer leur propre agence littéraire. Dans un entretien au journal Libération, les intéressés ont proclamé leur souci de représenter prioritairement « les auteurs de l’ensemble de l’espace francophone » et de viser « la promotion d’une littérature qui offre une vision alternative du monde ». Le métier d’agent littéraire est un concept relativement nouveau dans le monde francophone où les auteurs doivent souvent faire appel à des agents étrangers pour les représenter. C’est regrettable car, comme l’explique Pierre Astier, la tâche de l’agent littéraire ne se réduit pas à la négociation et la vente des droits, mais consiste également à travailler avec l’auteur sur la mise au point du texte qu’un agent étranger peut difficilement accomplir. La création d’une agence littéraire spécialisée dans les littératures de langue française répond aussi au besoin des écrivains francophones d’être mieux défendus sur les marchés étrangers.

T. C.


« Continents noirs » casse les prix

Bonne nouvelle pour les lecteurs africains. Ils pourront désormais se procurer un certain nombre de titres de littérature africaine contemporaine à des prix abordables. En effet, les titres de la collection « Continents noirs » des éditions Gallimard seront bientôt disponibles sur l’ensemble du contient africain à un prix uniforme de 9,50 euros. En France, chaque titre vaut entre 15 et 20 euros. Suggérée par le directeur de la collection Jean-Noël Schiffano, cette idée a été plébiscitée par tous les auteurs de la collection qui se sont souvent plaints de la faiblesse des ventes de leurs productions dans leurs pays d’origine. Fondée en 2000, la collection « Continents noirs » est dédiée à la littérature africaine et privilégie la génération montante d’écrivains francophones. Elle a permis de découvrir notamment la Mauricienne Natacha Appanah-Mouriquand, la Franco-Sénégalaise Sylvie Kandé ou le Camerounais Eugène Ebodé.

T. C.



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