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MFI HEBDO: Economie Développement Liste des articles

12/11/2004
Campagne mondiale pour l’eau et l’assainissement (2)
L’heure de la mobilisation générale a sonné


(MFI) Les initiatives internationales se multiplient pour assurer à tous l’accès à une eau propre vitale pour la santé. Mais beaucoup reste encore à faire pour un traitement équitable du monde en développement, notamment en Afrique sub-saharienne mais aussi en Asie ou en Amérique latine.

Le Forum mondial WASH, organisé par le Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (WSSCC) en coopération avec le gouvernement du Sénégal, du 29 novembre au 3 décembre 2004 à Dakar, vise à mettre en valeur les solutions et les actions locales et nationales en matière d’« eau, assainissement et hygiène pour tous ». Le Forum a inscrit à son programme quatre thèmes principaux : moyens financiers, coalitions, pouvoirs publics locaux et politique.
Le WSSCC, qui a reçu son mandat de l’Assemblée générale des Nations unies, est une organisation internationale visant à améliorer la collaboration dans les secteurs de l’accès à l’eau potable et de l’assainissement afin de permettre une couverture universelle pour les pauvres. Il a été créé au début des années quatre-vingt-dix pour poursuivre le mouvement lancé dix ans auparavant dans le cadre de la décennie pour l’accès à l’eau et à l’assainissement. Il a tenu sa première réunion à Oslo en Norvège en septembre 1991, qui a été suivie de quatre autres rencontres entre 1993 et 2000.
En vue du Forum de Dakar, des consultations régionales ont été organisées entre le WSSCC, ses partenaires locaux et l’organisation Streams of Knowledge en Afrique (Harare), en Amérique latine (Bogota) et en Asie (Islamabad). Ces consultations ont permis d’échanger les expériences en fournissant une synthèse thématique et des études de cas pour les quatre thèmes du Forum. Streams rassemble des centres de ressources focalisés sur la thématique WASH et s’impliquant dans la recherche, le renforcement des capacités et le partage des informations sur l’éco-assainissement, le traitement et la réutilisation des eaux usées et la planification de l’assainissement participatif.


Une véritable menace environnementale

La communauté internationale est mobilisée depuis le sommet de la Terre de Rio (1992), qui a fixé des objectifs ambitieux paraissant difficiles à atteindre même s’ils sont nécessaires. Selon les experts de l’Onu, 1,5 milliard de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable et quelque 2,5 milliards n’ont pas accès à des services d’assainissement. Près d’un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles, chiffre qui devrait doubler au cours des trente prochaines années. La Commission du développement durable, réunie en avril 2004 au siège de l’Onu, a examiné les progrès accomplis en matière d’adduction d’eau, d’assainissement et d’établissements humains, comme cela avait été décidé au Sommet mondial pour le développement durable à Johannesburg en 2002. Elle s’est notamment inquiétée de la situation en Afrique.
Au Sommet du Millénaire (2000), les chefs d’État et de gouvernement s’étaient engagés à réduire de moitié, d’ici à l’année 2015, le nombre de personnes sans accès à l’eau potable. Un objectif similaire, celui de réduire de moitié, en 2015, le nombre de personnes qui n’ont pas accès à des installations sanitaires de base, a été adopté à Johannesburg.
Mais plus de 300 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à de l’eau salubre et 14 pays du continent connaissent des pénuries d’eau. Trente-cinq des 55 pays au monde où la consommation quotidienne d’eau par personne est inférieure à 50 litres (le minimum fixé par l’Organisation mondiale de la santé) se trouvent en Afrique. Pourtant, l’Afrique dispose d’abondantes ressources en eau : dotée de 17 grands fleuves et de plus de 160 lacs majeurs, elle n’utilise qu’environ 4 % de la quantité annuelle totale de ressources renouvelables en eau pour l’agriculture, l’industrie et les besoins ménagers.
Dans les villes d’Afrique, en particulier subsaharienne, la majeure partie des habitations ne sont pas raccordées à un réseau d’égout, mais sont équipées de systèmes individuels comme les latrines traditionnelles ou latrines à fosses étanches. Certaines habitations ne disposent d’aucun système d’assainissement. Une fois remplies, les fosses sont mécaniquement vidangées et leur contenu est rejeté à l’extérieur de la ville sans traitement préalable. Ce type de gestion pose un problème sanitaire et environnemental. Mal gérés, les excréments constituent une source des maladies évidente. Dans le même temps, les boues de vidange contaminent les nappes et les plans d’eau, rendant leurs eaux inaptes à la consommation.


Investissements nécessaires

Lors d’une conférence panafricaine sur l’eau tenue à Addis-Abeba (Ethiopie) en décembre 2003, les ministres ont élaboré un cadre pour la gestion de l’eau sur le continent dénommé « Africa Water Vision 2025 », qui appelle notamment à allouer davantage de ressources à ce secteur. Selon ce plan, le continent doit investir au moins 20 milliards de dollars par an au cours des vingt prochaines années, dont au moins 12 milliards de dollars devraient être consacrés aux services d’adduction d’eau et d’assainissement de base. Les participants ont décidé de créer un Fonds africain pour l’eau, en vue de mobiliser, d’ici à 2008, plus de 600 millions de dollars pour des programmes relatifs à l’eau et à l’assainissement.
En juillet 2004, au cours d’une réunion à Tunis, la Banque africaine de développement (BAD) a déclaré son intention de mobiliser 615 millions de dollars pour la « Facilité africaine de l’eau », lancée en application du programme d’action du Nepad. Début novembre 2004, le ministère français des Affaires étrangères a annoncé que la France participera à son financement à hauteur de 12 millions d’euros sur cinq ans. La BAD a aussi lancé sa nouvelle initiative pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement en milieu rural (IAEAR), qui prévoit de mobiliser 15 milliards de dollars d’ici à 2015. La Banque s’est engagée à fournir 30 % de ce montant. Les pays retenus pour la phase de lancement de ce projet sont le Bénin, le Burkina, l’Éthiopie, le Ghana, le Mali, le Nigeria, l’Ouganda, le Rwanda et le Sénégal. Pour sa part, l’Union européenne s’est engagée à accorder un financement de 500 millions d’euros pour des projets dans le secteur de l’eau et de l’assainissement dans les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) au titre de l’initiative européenne « L’eau pour la vie ».


Marie Joannidis

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