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18/03/2005
Agence française de développement
La réforme de la coopération française mise en oeuvre


(MFI) La France met en œuvre la réforme de sa coopération, décidée en 2004 et destinée à rendre celle-ci plus efficace. Pour Jean-Michel Sévérino, directeur général de l’Agence française de développement, c’est l’une des priorités de son organisation, à côté de la concentration des actions de développement économique et social entre les mains de l’AFD et de l’application de stratégies sectorielles.

La réforme en cours est d’autant plus importante que la France est l’un des principaux donateurs de l’aide publique au développement (APD). L’ensemble de l’APD française est de 6,5 milliards d’euros pour 2005, soit 0,4 % du PIB, et devrait atteindre 0,5 % en 2007, selon le souhait du président Jacques Chirac. « Cette réforme, explique Jean-Michel Sévérino, s’inscrit dans un cadre général d’amélioration de l’efficacité de l’aide et réorganise l’action de la France particulièrement, mais pas uniquement, dans les pays les plus pauvres. Elle comprend un volet institutionnel, avec un rôle nouveau et supplémentaire donné au ministre de la Coopération et du développement en tant que coordonnateur, pilote de l’aide publique au développement. Et un volet stratégique, avec l’établissement de stratégies sectorielles, notamment un processus de décision géographique, et l’unification des fonctions de développement économique et social entre les mains de l’AFD. »
« Mettre en oeuvre tout ce processus va être un gros chantier de l’année 2005 », a-t-il précisé, rappelant que l’AFD dépend à la fois des ministères des Affaires étrangères, de l’Outremer (nouveau nom des Dom-Tom français) et des Finances. Auparavant, la Direction générale de la coopération internationale et du développement (DGCID) et l’AFD intervenaient concurremment dans tous les secteurs, alors que la réforme prévoit une répartition des rôles par secteur. « A présent, souligne le directeur général, tout ce qui touche au développement économique et social est de la compétence de l’AFD – infrastructures, développement rural, santé, éducation, assistance technique. Restent à la DGCID, en tant qu’acteur de terrain, les secteurs gouvernance, justice, police, sécurité, affaires culturelles, recherche et enseignement supérieur. »


Trois priorités opérationnelles

Jean-Michel Sévérino a par ailleurs identifié trois priorités opérationnelles : les pays émergents, les pays pauvres et la production intellectuelle. L’extension aux pays émergents a débuté en 2001. « Nous avons élargi notre champ d’activité à l’ensemble du bassin méditerranéen et opérons désormais de la Turquie jusqu’au Maroc inclus. Nous sommes entrés en Thaïlande et en Chine et, en 2005, nous entrons en Inde et au Brésil. L’enjeu pour nous est de le faire à partir de thématiques d’intérêt général très claires. Nous n’allons pas au Brésil pour faire de l’argent, nous y allons pour rendre un service à cet Etat et à la communauté internationale », a-t-il affirmé.
Concernant les pays pauvres, il a souligné l’alignement sur les objectifs du Millénaire pour le développement, c’est-à-dire la poursuite de l’investissement dans les secteurs sociaux tels que l’éducation et la santé. Mais aussi sur les objectifs du Nouveau partenariat pour le développement économique de l’Afrique (Nepad) et notamment la réalisation de grandes infrastructures régionales. En matière de lutte contre la pauvreté, l’AFD porte ses efforts sur le développement des infrastructures (eau, assainissement) et des services sociaux tout en améliorant leur accessibilité. Autres secteurs : le soutien à la productivité agricole, en interdépendance avec la gestion durable des ressources, et l’appui aux politiques d’aménagement du territoire et de décentralisation.
En matière de production intellectuelle enfin, il s’agit d’informer et de tirer les leçons des expériences, sur des sujets comme les effets d’El Nino, le développement urbain au Maghreb ou la question de savoir si les aides budgétaires obtiennent de meilleurs résultats que le passage par l’aide-projet.

Marie Joannidis


Un budget d’un milliard et demi d’euros

(MFI) L’AFD a un budget d’activités de 1,5 milliard d’euros dont près de 500 millions sont destinés aux collectivités de l’outremer français, le reste soit un milliard d’euros étant destiné aux Etats étrangers dont 40 % pour l’Afrique. En outre, Proparco, la filiale de l’AFD pour le secteur privé dispose de 250 millions d’euros d’engagements dont 35 à 40 % pour l’Afrique. « Nous avons, au sud du Sahara, une grosse activité de prêts, notamment au Kenya et en Afrique du Sud, et nous accordons des subventions aux pays pauvres du champ [ceux ayant une coopération privilégiée avec la France, NDLR] à qui nous ne prêtons pas mais donnons », indique Jean-Michel Sévérino.
En 2004, l’agence a engagé plus de 410 millions d’euros en Afrique subsaharienne dont la moitié en subventions. Plus de 20 % de l’activité a été réalisée sous forme de subventions d’ajustement structurel et de contrats désendettement-développement (C2D). Mais les pays remplissant les conditions pour l’attribution de ce type de prêts sont encore peu nombreux. Le Kenya, le Ghana et le Gabon en ont été les principaux bénéficiaires. Conscients des disparités entre pays, Jean-Michel Sévérino souligne qu’à l’avenir, dans un monde globalisé, une partie de l’APD aura « une fonction de transfert redistributif et une autre partie aura un objectif de croissance ».

M. J.




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