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17/04/2003
Afrique : rebond en 2004, si la paix revient vite en Irak

(MFI) L’Afrique sub-saharienne pourrait renouer avec une croissance rapide l’an prochain, à condition que la paix revienne vite en Irak et que les conséquences de la guerre ne retardent pas davantage la reprise qui s’annonce plus modeste que prévue dans le monde industrialisé, estime le Fonds monétaire international (FMI).

Dans ses dernières prévisions, publiées début avril à la veille des réunions du Fonds et de la Banque mondiale à Washington, le FMI a revu à la baisse d’un demi-point le taux de croissance mondial pour 2003, à 3,2 %, à peine mieux que le résultat de 3 % enregistré en 2002. Pour 2004, le Fonds prévoit une amélioration assez nette à 4,1 %, grâce notamment à une baisse attendue des prix du pétrole et une remontée probable des bourses internationales.
Selon Ken Rogoff, l’économiste en chef du FMI, les préoccupations de trois mois de préparatifs de guerre avaient déjà pesé lourdement sur l’évolution de l’économie mondiale, à travers la montée des cours du brut, l’impact sur la confiance et la faiblesse des marchés financiers. « Alors que les incertitudes immédiates concernant le conflit semblent s’évanouir, la question qui se pose à présent est de savoir si la croissance mondiale va repartir d’un bond. C’est possible… mais la guerre n’est pas le seul risque qui affecte les perspectives », a-t-il affirmé, citant notamment les déséquilibres financiers, les faiblesses structurelles au Japon et en Europe, et d’autres facteurs comme l’épidémie de pneumopathie atypique qui se répand à partir de l’Asie. Le FMI demande par ailleurs aux grands pays de rétablir la confiance en surmontant rapidement leurs désaccords sur l’Irak en s’assurant qu’ils ne débordent pas dans le domaine économique.

La croissance devrait atteindre 4,2 % en Afrique subsaharienne cette année

Le Fonds prévoit une croissance de 2,2 % aux Etats-Unis cette année, contre 2,6 % l’an dernier, et une accélération à 3,6 % en 2004, alors que celle de la zone Euro a été revue en baisse à 1,1 % cette année, contre 2,3 % en 2002, taux que les pays européens retrouveront en 2004. Pour le Japon, le FMI prévoit un taux de 0,8 % cette année contre 1,1 %, et une faible remontée à 1 % en 2004. La faiblesse de la demande intérieure de l’Union européenne et l’appréciation de l’euro contre le dollar ne font pas l’affaire des Africains, mais l’Afrique subsaharienne hors Afrique du Sud a néanmoins enregistré une croissance de 3,5 % en 2002, et devrait connaître une accélération notable à 4,2 % cette année, malgré la sécheresse en Afrique australe et dans la Corne et les crises aux répercussions régionales qui frappent le Zimbabwe et la Côte d’Ivoire.
En 2004, estime le rapport semestriel du FMI, la croissance pourrait même atteindre 6,4 % dans la région, et 8,9 % dans les pays de la zone Franc, grâce à une meilleure gestion dans un nombre croissant de pays, les progrès vers un règlement des conflits et la réduction de la dette dans le cadre de l’initiative pour les Pays pauvres très endettés (PPTE). Ces prévisions optimistes supposent cependant de meilleures conditions climatiques et une amélioration de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest, souligne le rapport, qui ajoute que les pays africains importateurs de pétrole pourraient aussi subir un contre-coup si les conséquences de la guerre en Irak se révélaient plus importantes que celles prévues à présent.

De grandes variations selon les pays

Le rapport souligne aussi que les performances varient beaucoup d’un pays à un autre. Alors que le Zimbabwe connaîtra cette année une chute de 11 % de son PIB, qui est déjà tombé de près de 13 % en 2002, des pays sortant de conflits comme l’Angola et la République démocratique du Congo (RDC) profitent désormais. L’Angola, qui a enregistré une croissance fulgurante de 17 % l’an dernier, ne fait « que » 4,7 % cette année, mais devrait repartir en 2004 avec près de 10,6 %. Et pour la RDC, le FMI table sur des taux entre 5 % et 6 %, comme en Tanzanie et en Ouganda. Le FMI prévoit aussi une reprise de la croissance en Côte d’Ivoire en 2004, à 3 %, après une contraction de 2 % du PIB cette année, si la situation politique se stabilise.
Au Nigeria, le principal producteur de pétrole de l’Afrique sub-saharienne, le FMI prévoit une reprise de la croissance à 6,7 % cette année et 4,2 % en 2004, contre 0,5 % l’an dernier, mais critique la gestion laxiste et met les autorités en garde contre l’impact sérieux d’une baisse des cours du brut. Pour l’Afrique du Sud, géant économique de la région, le Fonds prévoit une expansion modérée de l’ordre de 2,8 % pour 2003 (3,2 % en 2004), et constate que les efforts pour réduire la vulnérabilité à l’égard de « chocs extérieurs » vont permettre aux autorités de s’attaquer aux problèmes sociaux et au chômage très élevé.

Améliorer les institutions au Sud, ouvrir les marché au Nord

L’amélioration de la gestion économique dans les pays africains a contribué à réduire les déficits budgétaires, entraînant une réduction marquée de l’inflation dans la région. A l’exception du Zimbabwe, où elle pourrait tripler cette année à 450 %, et de l’Angola, où le taux resterait aux alentours de 75 %, avant de retomber à 20 % en 2004. Le Fonds estime que les Africains doivent améliorer la gestion de leurs ressources naturelles. Les pays producteurs de pétrole, par exemple, devraient profiter des périodes à prix élevés pour mettre de côté une partie de leurs revenus afin de compenser les variations à la baisse des cours. Pour le FMI, une meilleure gouvernance et une transparence accrue faciliteraient la gestion de la plupart des ressources naturelles.
Le principal défi pour l’Afrique reste cependant, selon le Fonds, la réduction durable de la pauvreté. Bien des pays africains auront du mal à atteindre les objectifs de Développement du Millénaire si leur croissance n’est pas considérablement accélérée – ce qui exige une amélioration importante du climat des investissements. « Pour améliorer celui-ci, il faut agir dans beaucoup de domaines – rétablir la paix et la stabilité politique, améliorer les infrastructures, la santé et l’éducation, ainsi que les services publics et la gouvernance. Il faut aussi s’attaquer à la pandémie du sida », souligne le rapport. Tout cela exige un renforcement des institutions.
« Si les institutions en Afrique étaient améliorées au niveau atteint à présent par celles des pays en développement asiatiques, le revenu par habitant en Afrique serait accru de 800 à 1 400 dollars par personne et le taux de croissance moyen serait relevé de 2 % », a affirmé Ken Rogoff devant la presse. Pour le FMI, « le défi actuel est de transformer le Nepad de vision en réalité ». Ce qui exige que la communauté internationale « accompagne les efforts de l’Afrique elle-même par une aide accrue, par la réduction de la dette et, plus important encore, par un meilleur accès aux marchés ».

Jan Kristiansen,
envoyé spécial à Washington


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