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18/01/2002
Accueil des étudiants étrangers : la France prend des mesures

(MFI) La création prochaine d’un Conseil national pour l’accueil des étudiants étrangers en France a été annoncée fin 2001 par Hubert Védrine. Cette initiative et d’autres font suite à un rapport du professeur Elie Cohen constatant que, malgré une reprise des inscriptions étrangères, des progrès restent à accomplir pour renforcer l’attrait international des universités françaises.

« La compétition acharnée engagée par les systèmes éducatifs de la plupart des pays développés pour attirer les meilleurs étudiants, enseignants et chercheurs » et la plus grande mobilité étudiante ont fait de la question de l’accueil des étudiants étrangers un enjeu non négligeable pour les établissements d’enseignement supérieur français. Cette prise de conscience et la crainte d’un affaiblissement de leur pouvoir d’attraction ont été suscitées par l’érosion des inscriptions étrangères jusqu’en 1998.
C’est donc pour assurer un suivi systématique de ces questions qu’a été décidée la création d’un Conseil national pour l’accueil des étudiants étrangers en France. Sa mise en place prochaine, pour un mandat de quatre ans, vient d’être annoncée par le ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine. Ainsi que le préconise Elie Cohen, professeur des Universités et conseiller auprès du délégué aux Relations internationales et à la coopération, dans le rapport qu’il a remis mi-2001, cette nouvelle instance sera chargée d’élaborer une charte de l’accueil des étudiants étrangers et de formuler des recommandations au gouvernement.


Des procédures d’inscription écourtées

D’autres mesures annoncées récemment ont été inspirées par le rapport Cohen. La proposition d’accélérer les procédures de pré-inscription dans les établissements français pour les élèves des lycées français de l’étranger a notamment été reprise. Jusqu’à présent, ces étudiants – dont 60 à 70 % sont de nationalité étrangère pour 30 à 40 % de nationalité française ou bi-nationaux – devaient patienter jusqu’au mois de juillet pour obtenir une réponse de l’établissement où ils souhaitent suivre leurs études supérieures, après avoir déposé leurs dossiers de candidature en décembre. A partir de cette année, c’est dès le mois de février qu’ils devraient la recevoir. Le délai d’attente beaucoup trop long était en effet à l’origine, selon le professeur Cohen, d’une forte déperdition de candidatures : sur quelque 5 000 dossiers de pré-inscription traités chaque année, seuls 1 700 environ aboutissent à une inscription effective.
La généralisation des guichets uniques dans les universités afin de faciliter les démarches administratives des étudiants étrangers, et la simplification de la procédure concernant l’autorisation provisoire de travail pour les étudiants en cours de cursus sont également étudiées. Plusieurs initiatives avaient déjà été prises ces dernières années, permettant notamment un assouplissement dans l’attribution des « visas étudiants ». De fait, on a pu constater par la suite une reprise des inscriptions étrangères dans l’enseignement supérieur français.


Finie, l’érosion du nombre d’étudiants étrangers en France ?

Après dix ans de baisse, leur nombre est en effet en augmentation depuis la rentrée 1999, s’élevant, pour l’année universitaire 2000-2001, à 173 000, soit 25 000 de plus qu’en 1998. Des effectifs qui représentent 10 % des inscriptions universitaires, contre 9,2 % en 1999-2000 et 8,7 % en 1998. Cependant, comme le souligne Elie Cohen, malgré cette croissance, cette proportion se situe encore bien en deçà des 13,6 % atteint par exemple en 1985-1986. L’auteur relève en revanche une nette féminisation de cette population puisque les femmes en représentent 50,9 % en 1999-2000 contre 34,5 % en 85-86. Concernant leur origine géographique, ces étudiants sont principalement originaires des pays d’Afrique et du Maghreb (49,5 %) et des autres pays d’Europe (28,8 %), alors que la part de ceux d’Asie (14,3 %) ou d’Amérique (7,1 %) reste encore faible. La principale évolution récente à cet égard concerne la forte progression de la proportion d’Européens.
Cette évolution positive ne doit cependant pas masquer la persistance de certaines difficultés pour les étudiants étrangers, par exemple en matière de logement. Le rapport Cohen suggère donc de mettre à profit le plan « Université du troisième millénaire » pour accroître les capacités d’accueil et apporter des améliorations aux conditions d’hébergement. Pour faciliter l’adaptation des étudiants étrangers au système éducatif français et leur intégration dans la vie universitaire, il préconise la mise en place de tutorats : « tutorat pédagogique » assuré par un enseignant et « tutorat d’accueil » par des étudiants français. Il propose également de développer les dispositifs de pré-formation en français et d’assouplir les exigences actuelles en matière de maîtrise de la langue. Et, enfin, de favoriser l’insertion professionnelle des étudiants étrangers au terme de leur cursus ou de les aider à préparer leur retour dans leur pays d’origine.


Catherine Le Palud

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Le rapport Cohen peut être consulté à l’adresse suivante :
www.diplomatie.gouv.fr/actual/dossiers/accueilv.pdf

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