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MFI HEBDO: Politique Diplomatie Liste des articles

24/12/2004
2004 : une année en Afrique

Voici les principaux événements de l’année 2004 en Afrique. Une actualité marquée notamment par l’aggravation de la crise ivoirienne ; la commémoration du génocide au Rwanda ; le sommet de la Francophonie à Ouagadougou ; la conférence de Dar es-Salam sur la région des Grands Lacs, où la guerre menace de nouveau entre le Rwanda et la RDC.
Cette année fut aussi celle du procès, à Abidjan, du meurtrier de Jean Hélène, condamné à 17 ans de prison.

JANVIER


3 janvier 2004 : catastrophe aérienne à Charm el-Cheikh, en Egypte
Un Boeing 737 de la compagnie charter égyptienne Flash Airlines s’abîme en Mer rouge peu après son décollage de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, à destination de Paris. Les 148 personnes à bord, dont 134 touristes français, sont tuées dans l’accident. Une cérémonie commémorative aura lieu en pleine mer sur le lieu présumé du crash ; 122 proches des victimes ont embarqué à bord d’un navire de la marine nationale.

23 janvier 2004 : verdict dans le procès du meurtrier de Jean Hélène
Le sergent de police Théodore Seri, le meurtrier du correspondant de RFI à Abidjan, se voit infliger17 ans de prison ferme. Pour l’avocat de RFI, la peine est « exemplaire ».

FEVRIER

2-8 février 2004 : tournée européenne de Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo
Joseph Kabila se rend successivement à Paris, Londres, Berlin et Bruxelles

9 février 2004 : au Maroc, entrée en vigueur du nouveau code de la famille accordant de nouveaux droits aux femmes. Le texte pose de sévères conditions à la polygamie et à la répudiation ; il porte à 18 ans au lieu de 15 ans l’âge légal du mariage des femmes.

19 février (dans la nuit du 18 au 19) : décès de Jean Rouch, pionnier du cinéma documentaire africain et ethnologue, à l’âge de 86 ans au Niger des suites d’un accident de la circulation. Ses obsèques ont eu lieu le 24 février 2004 à Niamey. Il laisse plus d’une centaine de films consacrés pour la plupart à l’Afrique.

24 février 2004 : violent tremblement de terre au Maroc
Le séisme d’une amplitude de 6,3 sur l’échelle de Richter frappe la province enclavée d’Al-Hoceima, au nord-est du pays. Il fait 628 victimes et plus de 1 000 blessés.

MARS

1er mars 2004 : arrivée de l’ex-président haïtien Jean-Bertrand Aristide en Centrafrique
Interrogé par la radio nationale centrafricaine, le dirigeant qui a démissionné sous la pression internationale se compare à Toussaint l’Ouverture :
« Aujourd’hui, à l’ombre de Toussaint l’Ouverture, je déclare qu’en me renversant on a abattu le tronc de l’arbre de la paix ; mais il repoussera car ses racines sont ouverturiennes. Et c’est avec ces propos que je salue l’Afrique. »

7 mars 2004 : le cyclone Gafilo touche le Nord-Est de Madagascar, ravageant sur son passage des dizaines de villages et de champs. Le bilan est de plusieurs dizaines de morts et près de 100 000 sans abri. Pratiquement toute la production de vanille est détruite.
Le Premier ministre Jacques Sylla lance un appel à l’aide internationale.

25 mars 2004 : manifestation des partis d’opposition à Abidjan
Polémique sur le nombre de victimes : Les manifestations de soutien aux accords de Marcoussis et d’Accra sont violemment réprimées par les forces de sécurité. Selon le gouvernement, le bilan est de 37 morts dont deux policiers lynchés par la foule. Il est beaucoup plus lourd (des centaines de morts) selon l’opposition et les mouvements de défense des droits de l’homme. S’exprimant à la RTI, le Premier ministre Seydou Diarra réclame dans un message à la nation la constitution d’une commission d’enquête :
« A tous je peux assurer que ces faits d’une extrême gravité qui entravent tous les efforts déployés tant au niveau national qu’international pour un retour rapide et durable de la paix et de la sécurité ne seront pas impunis... Qu’une commission d’enquête internationale soit mise sur pied pour faire toute la lumière sur ces événements. »
Les Forces nouvelles (ex-rebelles) et les partis d’opposition suspendent leur participation au gouvernement.

AVRIL

7 avril 2004 : commémoration du génocide de 1994 au Rwanda
Lors des cérémonies commémorant le dixième anniversaire des massacres, le président de la république Paul Kagamé accuse la France :

« Les Français ont sciemment armé et entraîné les soldats gouvernementaux et les milices qui allaient commettre le génocide. Pour eux, tuer des proches du FPR était une tactique pendant l’opération Turquoise (…) C’était une stratégie pour protéger les tueurs et non pour sauver les victimes. C’est criminel et ils ont l’audace de rester là sans s’excuser, je ne serais pas diplomate sur cette question, je le leur dis en les regardant dans les yeux »

Réponse sur RFI d’Alain Juppé, à l’époque ministre des Affaires étrangères :
« La France n’a pas soutenu le régime génocidaire (…) La France a été pratiquement le seul pays à essayer de faire quelque chose, mais les appels que nous avons lancés à la communauté internationale sont restés vains. »

8 avril 2004 : élection présidentielle en Algérie
Le président sortant Abdelaziz Bouteflika est réélu pour un second quinquennat dès le premier tour de scrutin avec 84,99 % des suffrages exprimés, un score qui soulève la polémique dans l’opposition.

14 avril 2004 : élections générales en Afrique du Sud
Avec 69,6% des voix, le Congrès national africain (ANC) remporte ces troisièmes élections générales depuis la fin de l’apartheid en 1994. Le 28 avril, le pays fête les 10 ans de l’abolition de l’apartheid, le jour même de l’investiture du président Thabo Mbeki reconduit pour 5 ans dans ses fonctions.

16 avril 2004 : disparition du journaliste franco-canadien Guy André Kieffer en Côte d’Ivoire
Quelques jours plus tard, Jacques Chirac déplore l’absence totale d’informations sur le sort du journaliste :
« Nous sommes très préoccupés par la disparition du journaliste Pierre-André Kieffer... Je me suis entretenu au téléphone avec le président Gbagbo il y a deux jours, qui n’a pas eu d’informations malgré les moyens déployés. »

23 avril 2004 : levée des sanctions américaines contre la Libye
Quelques jours avant un voyage du guide de la révolution à Bruxelles, la plupart des sanctions économiques américaines contre la Libye sont levées. Quelques mois plus tard, le11 octobre, l’Union européenne lèvera intégralement son embargo militaire contre Tripoli.

MAI

2 mai 2004 : violences communautaires au Nigeria
Les affrontements, qui font des dizaines de morts, se concentrent dans l’Etat du Plateau, une zone de contact du Nord islamique et du Sud essentiellement chrétien ou animiste. L’état d’urgence est décrété.
La société civile s’inquiète d’une dérive autoritaire du président Obasanjo.
Réaction de Chima Oubani, directeur de l’organisation pour les libertés civiques :
« La toute première fois que le gouvernement intervient de manière visible, c’est pour imposer l’état d’urgence. Cela ne révèle pas une stratégie pour s’attaquer à des problèmes qui ne datent pas d’aujourd’hui. Le président Obasandjo n’a rien fait ces 5 dernières années. Quel sera le prochain Etat soumis à un état d’urgence... Peut -être Kano, peut-être Kaduna ? Parce que les tueries se poursuivent en ce moment dans la région de Kano. »

18 mai 2004. Laurent Gbagbo annonce le limogeage de 3 ministres de l’opposition
Le président ivoirien déclare à la télévision nationale (RTI) :
« J’ai constaté un vagabondage des ministres ivoiriens dans tous les pays. Ils voyagent même aux frais de la Côte d’Ivoire pour nuire à la Côte d’Ivoire... Les déplacements des membres du gouvernement ne se feront plus qu’avec l’autorisation du chef de l’Etat. J’ai remis au premier ministre une liste de personnalités que je ne voudrais plus voir au gouvernement. L’accord de Marcoussis nous oblige à respecter un certain équilibre, mais il ne lie pas le sort de la république à des individus. »

L’un des 3 ministres limogés, Guillaume Soro, secrétaire général des Forces nouvelles (ex-rebelles), dénonce un coup d’Etat :
« Est-ce que monsieur Gbagbo peut prendre un tel décret au regard des accords de Marcoussis ? Je ne le crois pas, à moins qu’il ai décidé de faire un coup d’Etat contre Marcoussis. »

JUIN

Juin 2004 : troubles graves en République démocratique du Congo (RDC) dans la région de Bukavu
Deux groupes de soldats dissidents s’emparent de Bukavu le 2 juin mais, sous la pression de la Monuc et de médiateurs internationaux, ils quittent la ville le 9 juin. A Kinshasa, les 3 et 4 juin, la répression de manifestations et de pillages – contre l’incapacité de la Monuc à faire cesser les combats – fait 12 morts. Le 12 juin, une tentative de putsch menée par des mutins de la garde présidentielle est matée par l’armée. Le 14 juin, les dissidents menacent d’entrer en rébellion contre le gouvernement transitoire s’il ne garantit pas la protection des Banyamulenge.
La ville de Bukavu est aux mains des insurgés et des éléments de l’armée rwandaise. Le président Joseph Kabila décrète la mobilisation générale et accuse le Rwanda.
Suite à la chute de Bukavu, les forces de la Monuc, accusées de passivité, sont prises pour cible à Kinshasa.

7 juin 2004 : Rwanda : quinze ans de détention pour Pasteur Bizimungu
L’ancien président rwandais, considéré comme un symbole de la réconciliation nationale, est condamné à 15 ans de prison pour « atteinte à la sécurité nationale, détournement de fonds publics et incitation aux divisions ethniques. »

JUILLET

6 au 8 juillet : sommet de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba (Éthiopie)
Les conflits en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo (RDC) et au Soudan sont au centre du sommet, de même que la décision d’envoyer une force de protection des observateurs au Darfour composée de 300 soldats.
Dans son discours d’ouverture, Alpha Oumar Konaré, président de l’Union, déclare : « L’Afrique ne doit pas céder au découragement. »

Le viol comme arme de guerre : un rapport d’Amnesty international accuse le Soudan de commettre des crimes de guerre et notamment de très nombreux viols de femmes dans le Darfour.

24 juillet : le Soudan est accusé de génocide par les Etats-Unis
Le Congrès des Etats-Unis adopte à l’unanimité une résolution qui qualifie de génocide les atrocités commises dans le Darfour. Le 9 septembre, Colin Powell, secrétaire d’Etat américain déclarera :
« Un génocide a été commis au Darfour. Il faut prévenir et punir les actes génocidaires que Karthoum n’a pas punis. »

AOUT

12 août : tentative de coup d’Etat en Mauritanie
Le ministre de la Défense Baba Ould Sidi déclare qu’un « groupe d’officiers » de l’armée mauritanienne envisageait de prendre le pouvoir en Mauritanie en l’absence du président Maaouiya Ould Taya, « mais leur tentative a été mise en échec par les forces armées nationales. »

13-29 août : Jeux Olympiques d’Athènes
Parmi les médailles africaines :
Zimbabwe : victoire de la nageuse Kirsty Coventry, médaille d’argent et de bronze (18 août)
Maroc : victoire d’Hicham El Guerrouj au 1500 m (28 août)
Cameroun : médaille d’or pour Françoise Mbango au triple saut (24 août)

14 août : au Burundi, massacre dans le camp de réfugiés de Gatumba, situé près de la frontière entre le Burundi et le Congo Kinshasa, et géré par le HCR. Bilan : près de 160 personnes tuées.

15 août : sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) sur le massacre de Gatumba
Olusegun Obasanjo (président nigérian, président de l’UA) déclare :
« Nous sommes choqués, nous condamnons avec fermeté cette action insensée et nous la considérons comme une tâche sur l’image et la réputation de l’Afrique. Nous interpellons le gouvernement burundais et les Nations unies afin qu’une enquête soit menée pour identifier les auteurs de ce massacre et qu’ils soient jugés.»

31 août : réunion internationale au Sénégal sur les criquets pèlerins
Les ministres de l’agriculture et des forces armées de dix pays d’Afrique occidentale, réunis à Dakar, adoptent une résolution prévoyant la mise en commun de leurs moyens de lutte contre les criquets. La FAO fournit son assistance et lance un appel aux bailleurs de fond.
Après l’Afrique du Nord, l’invasion touche le Sahel et l’Afrique de l’Ouest. C’est l’une des plus importantes depuis quinze ans. Témoignage d’une habitante de Nouakchott :
« C’était la folie, toute la ville était couverte de criquets rouges. Ils s’accrochaient aux arbres, les arbres devenaient rouges... Après je suis partie à la plage, toute la plage était rouge, et les criquets s’accrochaient aux gens... même dans l’eau il y ‘en avait plein, partout partout... »

SEPTEMBRE

16 septembre : en Afrique du Sud, naissance du Parlement panafricain
Le Parlement panafricain, qui se veut la voix des peuples du continent, fait ses premiers pas en tenant sa session inaugurale à Midrand (à mi-chemin entre Pretoria et Johannesburg), où ce nouvel organe de l’Union africaine aura désormais son siège. A terme, 265 députés venus de tout le continent formeront ce parlement : cinq pour chacun des 53 pays membres de l’Union africaine (UA), dont au moins une femme.

22 septembre : Omar Bongo, président du Gabon, plaide pour une plus forte présence africaine au Conseil de sécurité
« Est-il besoin de rappeler qu’en 1977 ici même à cette tribune, j’avais attiré l’attention de notre organisation sur la nécessité de faire une place à l’Afrique au Conseil de sécurité ? En effet, il est paradoxal que l’Afrique continue à ne pas être représentée dans la catégorie des membres non permanents, alors même que l’essentiel des décisions du Conseil de sécurité la touche directement. Nous devons donc adapter le Conseil de sécurité à la réalité changeante de ce monde. »

OCTOBRE

8 octobre : le Prix Nobel de la paix 2004 est attribué à Wangari Maathai, militante écologiste kényane
Secrétaire d’Etat à l’environnement dans son pays, Wangari Maathai est récompensée pour sa campagne en faveur de la reforestation en Afrique. Elle est la première femme africaine à remporter ce prix depuis sa création en 1901 et c’est la première fois que le comité Nobel reconnaît un travail pour la préservation et l’amélioration de l’environnement.


11 octobre. Libye : levée de l’embargo européen sur les armes et des sanctions économiques imposées à Tripoli
Jacques Chirac, président français, le 12 octobre :
« L’Union européenne a décidé la levée de l’embargo sur la Libye. Le ministre français des Affaires étrangères revient de Libye, et j’ai moi-même l’intention de me rendre à l’invitation qui m’a été faite depuis un certain temps déjà. Nous avions une première condition : que les affaires du vol français soient réglées, et une deuxième : que l’affaire de la discothèque allemande soit réglée de la même façon. A partir de là et de la levée de l’embargo, je suis tout à fait disposé à aller en Libye. »

Le 25 novembre, le président français fera le voyage de Tripoli pour rencontrer Mouammar Kadhafi. Il exprimera le souhait d’un rapprochement entre les deux pays, notamment sur le plan économique.

11 octobre : élection du président somalien
A l’issue de trois tours de scrutin, le parlement somalien réuni à Nairobi, la capitale kenyane, élit, parmi 27 candidats à la présidence, Abdullahi Yusuf, chef militaire de la région de Puntland, dans le nord-est du pays.

11 octobre : au Cameroun, Paul Biya réélu
Le président Paul Biya est réélu pour la quatrième fois depuis 1982 avec 75,24 % des voix devant John Fru Ndi, président du Social Democratic Front (SDF), principal parti d’opposition, qui recueille 17,13 % de suffrages, et Adamou Ndam Njoya, président de l’Union démocratique camerounaise (UDC) et candidat de la Coalition de l’opposition, crédité de 4,71 %. Les principaux partis d’opposition dénoncent des fraudes électorales et déposent des recours en annulation.

24 octobre : en Tunisie, Ben Ali réélu
Elections présidentielles et législatives. Réélection du président Zine El-Abidine Ben Ali pour un quatrième mandat de cinq ans avec 94,48 % des suffrages. Des opposants dénoncent la « censure » et des « irrégularités ».

NOVEMBRE

4 novembre : bombardements des villes de Bouaké et Korhogo en Côte d’Ivoire
A la suite de bombardements par l’armée régulière ivoirienne des positions défendues par les ex-rebelles à Bouaké (centre du pays) et à Korhogo (nord) les 4 et 5 novembre, auxquels les forces de l’Opération Licorne répondent, un raid de l’aviation ivoirienne lancé le 6 contre les troupes françaises à Bouaké fait 9 morts et 34 blessés parmi les soldats français. En riposte, les militaires français reçoivent l’ordre de détruire les avions et hélicoptères ivoiriens.
Peu après, des pillages et des manifestations anti-françaises à Abidjan conduisent la France à renforcer ses troupes (renforts de 600 hommes). Elle demande, le 7 novembre, au Conseil de sécurité de l’Onu, le vote d’une résolution sur la Côte d’Ivoire, adoptée le 15 novembre. Quelque 4 500 ressortissants français, sur un total de 10 000, sont rapatriés entre le 10 et le 15 novembre. Un sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) sur la crise ivoirienne, tenu le 14, demande un embargo immédiat sur les armes.

A propos des exactions contre les ressortissants français :
Témoignage sur RFI d’un habitant d’Abidjan :
« C’est la guerre aux blancs, je suis dégoûté ; 90 % des élèves du lycée Mermoz (ravagé par les “patriotes”, NDLR) sont des Ivoiriens. »

Geneviève Padovani, directrice du lycée Mermoz :
« Je ne peux pas rester. Je suis là depuis 38 ans, mais aujourd’hui on sent la haine… »

Un manifestant :
« Nous n’allons pas rentrer sans que le pays soit libéré. Si les Français continuent à circuler dans les rues d’Abidjan, nous les pourchasserons jusqu’à ce qu’ils retournent dans leur caserne ou en France. Nous n’avons pas peur du chaos, car nous savons qu’au bout de cette lutte, il y a la victoire. »

7 novembre : l’appel au calme de Laurent Gbagbo
« J’exprime les regrets de la Côte d’Ivoire pour les débordements observés et je présente ma compassion et mes condoléances aux familles des victimes ivoiriennes, françaises et américaines. J’exhorte les populations au calme, je les invite à ne pas céder à la provocation et je demande à tous les manifestants de regagner leur domicile. »

14 novembre : la France dénonce les dérives du régime ivoirien
Jacques Chirac :
« Nous avons un mandat international appuyé par la totalité des Africains et nous ne voulons pas laisser se développer un système qui ne pourrait véritablement conduire qu’à l’anarchie ou un régime de nature fasciste. Les solutions politiques en Afrique ne sont pas de la même nature qu’en Europe, et je suis naturellement et toujours partisan de ce que j’appellerais respectueusement la palabre. »

15 novembre : la ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, interpelle Laurent Gbagbo :
« Sa responsabilité de chef d’Etat doit être de rétablir le calme, c’est-à-dire de faire cesser ces déclarations racistes et xénophobes d’un certain nombre de personnes autour de lui, de faire cesser les provocations, les appels à la chasse anti-blancs, car ce sont des mots qui ont été utilisés par la RTI, d’arrêter ces groupes de jeunes proches de lui qui appellent à la chasse aux blancs, qui ont commis au cours de ces derniers jours des exactions, des destructions, des agressions contre les personnes, des viols dans certains cas. »

15 novembre : embargo sur les armes adopté à l’unanimité par les membres du Conseil de sécurité de l’Onu
Réaction de Jacques Chirac :
« Au lendemain du vote unanime de la résolution du Conseil de sécurité de l’Onu, j’appelle toutes les parties à renoncer dès maintenant avec l’esprit de dialogue et de réconciliation, à renouer le contact de façon à retrouver la paix. »
L’Union Africaine condamne le régime ivoirien et soutient la résolution française, lors du sommet d’Abuja.


19-20 novembre. Grands Lacs : 1er sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs à Dar es-Salam (Tanzanie)
Quatorze chefs d’Etat africains participent à cette Conférence pour la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs, réunie à l’initiative de l’Onu et en présence du chef d’Etat nigérian, président en exercice de l’Union africaine. Une déclaration est adoptée s’engageant à faire de la région « un espace de paix et de sécurité durables » avec la mise en place d’un cadre régional de sécurité pour la prévention, la gestion et le règlement pacifique des conflits.

· Mamadou Bah, représentant de l’Union africaine au Burundi :
« Sans aucun doute c’est une décennie perdue pour les Grands lacs, c’est une décennie perdue pour l’ensemble de l’Afrique. Il y a d’abord ces guerres qui nécessitent que les états s’arment. Cela coûte de l’argent, cela fait perdre du temps, cela détourne les hommes des objectifs prioritaires : le développement, l’éducation... Ici la démocratie à mon avis ce sera une construction... et c’est aussi une conquête des peuples... »

· Koffi Annan, secrétaire général de l’Onu :
« Tous les chefs d’Etat (de la région) sont venus à cette conférence de paix pour la première fois... d’ici 2005, il y aura trois phases, dont l’organisation d’un congrès l’an prochain. »

Clôture de la conférence internationale : signature d’une déclaration commune dite « Déclaration de Dar es salam ». Charles Murigandé, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, estime que cette réunion aura permis d’affirmer une volonté commune de faire face aux difficultés de la région.


26-27 novembre : sommet de la Francophonie au Burkina Faso
· Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie :
« Le fait culturel est supérieur au fait politique. La culture englobe tout, y compris la politique avec un grand P, c’est-à-dire la gestion de la cité ».

Le dossier ivoirien occupe une bonne partie des délibérations du sommet et donne lieu à une résolution. Abdou Diouf exprime ses préoccupations et l’inquiétude des chefs d’Etat africains sur la crise ivoirienne.

Conférence de presse finale :
· Blaise Compaoré, président du Burkina Faso :
« La Francophonie peine lorsqu’un de ses membres est en crise. »

· Jacques Chirac, président français :
« Si l’on voulait seulement réaliser les engagements pris en 2000, il faudrait passer de 50 à 100 milliards de dollars d’aide publique ... Nous ne les obtiendrons pas par l’augmentation de l’aide publique... C’est pourquoi je milite fortement pour une nouvelle taxation internationale qui permettrait de répondre à cette demande ».

DECEMBRE

4 décembre : Niger, élection présidentielle (second tour)
Réélection de Mamadou Tanja pour un mandat de 5 ans avec plus de 65 % des voix.

Mi-décembre : la crise s’intensifie entre la RDC et le Rwanda
Le spectre d’une nouvelle guerre, qui serait la troisième en 8 ans, se profile dans l’ex-Zaïre. L’armée rwandaise menace d’intervenir en RDC (Kigali ne cessera de démentir avoir mis sa menace à exécution).

· A Kanyabayonga (est), des combats opposent l’armée régulière à des soldats mutins issus d’une ancienne rébellion soutenue par le Rwanda. Plus de 100 000 personnes ont fui leurs villages depuis la reprise des combats début décembre dans la région du Nord-Kivu, selon l’Onu. Les autorités de Kinshasa affirment mener dans la zone une « guerre contre le Rwanda ». La Monuc se dit « convaincue » que des « troupes étrangères » sont entrées en RDC fin novembre et que les mutins ont « bien reçu des armes et des renforts en provenance de l’extérieur », accusation visant implicitement le Rwanda, qui dément.

Sélection par Philippe Quillerier-Lesieur,
avec le concours de la sonothèque de RFI


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