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08/08/2002
France-Afrique: Paris donne un nouvel élan

Le nouveau gouvernement français a décidé de donner une impulsion nouvelle à ses relations déjà anciennes avec l'Afrique, basée à la fois sur une aide au développement accrue (APD), un soutien à la démocratisation et la rénovation de son modèle de partenariat afin de le rendre plus rapide et plus efficace.

La volonté de relancer l’aide à l’Afrique, manifestée à plusieurs reprises par le président Jacques Chirac pendant sa cohabitation avec la gauche, a déjà été mise en œuvre par le gouvernement de droite qui a placé l'augmentation de l'aide publique au développement (APD) parmi les cinq priorités du budget 2003. Il veut faire passer la contribution française à l'APD de 0,34% à 0,5% en cinq ans.
Cet élan a été illustré par les trois voyages en Afrique effectués par le nouveau ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, depuis son entrée en fonction en mai dernier, et par sa volonté exprimée de s'occuper personnellement de la politique africaine, le ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie, Pierre-André Wiltzer, s'occupant des deux secteurs sur un plan plus technique.
Le chef de la diplomatie s'est ainsi rendu en juin à Libreville et à Dakar, et début juillet à Antanarivo, les deux déplacements étant liés à la résolution de la crise malgache.
Il a ensuite effectué une tournée dans deux pays lusophones, Angola et Mozambique, et deux francophones, Burkina Faso et Côte d'Ivoire, montrant bien le souci de Paris d'entretenir de bonnes relations avec l'ensemble du continent tout en maintenant des liens étroits avec ses partenaires francophones.


Les pays d'Afrique « principaux bénéficiaires »

Le passage en Angola a permis aux deux pays de mettre un point final à la crise qui avait éclaté à partir de décembre 2000 à la suite de l'affaire du trafic d'armes connu sous le nom de l'Angolagate et des poursuites judiciaires en France contre l'homme d'affaires franco-brésilien Pierre Falcone et son associé israélien d'origine russe Arkadi Gaydamak, considérés par Luanda comme des « agents » officiels du gouvernement angolais.
Luanda, qui semble désormais reconnaître qu'en France le judiciaire est indépendant de l'exécutif, espérait depuis l'été dernier le passage d'un membre important du gouvernement français, ce qui ne s'était pas matérialisé sous le gouvernement socialiste de Lionel Jospin. Les Africains reprochaient d'ailleurs à celui-ci une dispersion de l'aide entre un plus grand nombre de partenaires à travers le monde à leur détriment, et une baisse de l'APD passée de 0,64% du PNB français en 1994 à 0,32% en 2000.
« La cohabitation et la gauche plurielle ont provoqué une certaine désaffection de la part de la France à notre égard malgré les bonnes intentions annoncées », souligne un haut fonctionnaire africain.
La droite, qui veut aussi montrer qu'elle a rompu avec ses « mauvaises habitudes du passé », de l'époque des « réseaux et des amitiés particulières », s'est empressée de promettre une augmentation substantielle de l'aide. « Il faut rénover nos partenariats, resserrer nos interventions et déconcentrer nos modes d'actions », a souligné Pierre-André Wiltzer à l'occasion des journées du réseau de coopération et d'action culturelle du ministère des Affaires étrangères tenues en juillet à Paris.
Il a précisé que les pays d'Afrique « demeureront les principaux bénéficiaires de l'aide française », estimant que le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique) devait être mis à profit pour passer d'une culture de l'assistance à une culture du partenariat. Il a aussi considéré que la France devait intervenir plus rapidement pour porter assistance aux pays qui sortent d'une crise et jouer un rôle d'impulsion auprès des bailleurs de fonds de l'Union européenne et d'autres enceintes, notamment le Fonds monétaire international et la Banque Mondiale.


Un accent plus important sur la francophonie

Dans ce cadre, l'AFD (Agence française de développement) occupera un rôle central. Mais la France a aussi l'intention de renforcer la coopération bilatérale là où elle est déjà implantée de longue date.
Parmi les secteurs-clés de l'aide française figurent la promotion de la culture et de l'éducation, le renforcement de la démocratie et de l'état de droit et le développement durable pour lequel Paris montre un intérêt renouvelé.
Le président Jacques Chirac se rendra lui-même au sommet de Johannesburg sur ce sujet fin août.
« Nous sommes aujourd'hui tous convaincus qu'il nous faut un développement qui réponde aux besoins du présent sans hypothéquer le capital des générations futures », a déclaré le ministre délégué à la Coopération, pour qui le développement économique n'est pas séparable du développement social.
La France compte mettre également un accent plus important sur la francophonie. Pour Dominique de Villepin, le prochain sommet de la francophonie qui aura lieu en octobre à Beyrouth sera l'occasion « de relancer la coopération entre les partenaires francophones ». Le chef de l’Etat français, qui sera l'hôte du prochain sommet économique du G8 qui aura lieu à Evian, se posera enfin en défenseur des intérêts africains à cette occasion. « Il nous appartient de saisir cette opportunité pour faire valoir notre conception du développement et de la solidarité internationale. Une conception qui ne se fonde pas uniquement sur l'économie mais qui intègre le facteur humain, la culture et la recherche », a souligné le ministre des Affaires étrangères, faisant clairement allusion à la conception française de la mondialisation qui, selon Paris, doit être « maîtrisée ».


Marie Joannidis

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