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12/11/2004
Les Jeux olympiques, « vitrine mondiale de la langue française »

(MFI) Hervé Bourges, Grand témoin francophone aux Jeux olympiques d’Athènes 2004, a présenté le rapport que lui avait demandé Abdou Diouf, le secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Dressant un bilan mitigé de l’usage et la place du français lors des derniers J.O., il se veut néanmoins optimiste et fait des propositions pour les prochains Jeux de Pékin en 2008.

Lors des J.O. d’Athènes, on peut dire qu’il y a eu « violation de la langue française », a déclaré Hervé Bourges, en présentant son « rapport sur la place et l’usage de la langue française aux Jeux olympiques d’Athènes 2004 ». « Vous ne trouverez pas cette phrase dans mon texte, car à l’écrit, on se doit de peser ses mots. En revanche, quand j’étais dans la capitale grecque, j’ai fait cette déclaration qui a été immédiatement reprise par les agences de presse. Si vous parlez le langage des diplomates, on ne vous entend pas. J’ai dont été obligé d’élever un peu la voix ». Et de rappeler que l’article 27 de la Charte olympique fixe le français, à part égale avec l’anglais, comme langue officielle du mouvement olympique.
Tout en félicitant les autorités grecques pour leur accueil et la « remarquable organisation de ces Jeux olympiques 2004 », celui qu’Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) a nommé Grand Témoin francophone pour les JO décerne, dans son rapport, les bons et les mauvais points.
Hervé Bourges rappelle d’abord que les JO d’Athènes ont été regardés par « 4 milliards de téléspectateurs, dans le monde entier (...) Les échos des annonces faites en grec, en français et en anglais ont ainsi résonné sur tous les continents ».


« Comme s’il était plus chic de parler anglais… »

Le président de l’Union internationale de la presse francophone dresse toutefois un bilan contrasté. Si la place du français a toujours été reconnue aux Jeux olympiques, « sa légitimité comme langue de communication internationale était de moins en moins admise, et son maintien dans l’organisation des jeux apparaissait comme une contrainte traditionnelle, non comme une nécessité pratique ». Ainsi à Athènes, lors des cérémonies d’ouverture et de clôture, le grec, le français et l’anglais « ont été présents de manière égale ». Mais « j’ai pu regretter, au niveau des interventions officielles, que la présidente du Comité d’organisation, Gianna Angelopoulos-Daskalaki, ait choisi de ne s’exprimer qu’en anglais, avec une seule citation de Pierre de Coubertin en français. »
Notant que « sur les 45 000 volontaires sélectionnés pour ces jeux, on comptait 1 200 francophones », le rapport se félicite que le système interne de communication (INFO 2004) ait été entièrement traduit dans les trois langues (grec, français, anglais). Cependant, « plusieurs journalistes français ont fait observer que la traduction française arrivait presque systématiquement après la version anglaise ». Du coup, les journalistes francophones ne consultaient plus le système qu’en anglais.
Autre regret émis par Hervé Bourges : plusieurs officiels et athlètes de pays membres de la francophonie se soient comportés « comme s’il était plus chic ou plus élégant de faire leurs conférences de presse et leurs interventions en anglais pour la presse internationale ». Une attitude que le Grand témoin dénonce comme « défaitiste ». Aussi demande-t-il « une prise de conscience au sein de toutes les fédérations sportives des pays francophones, et que celles-ci revendiquent l’usage du français et le respect de la Charte olympique ».
On signalera aussi les inquiétudes de nombreux représentants de pays africains francophones, dont témoigne ce geste de révolte lors d’une réunion entre chefs de délégations : « A leur arrivée dans la salle, les représentants du Cameroun, du Bénin, du Niger, du Burkina Faso et du Congo ont trouvé les participants en train de parler anglais sans interprétation possible. Lorsqu’ils ont réclamé une traduction, il leur a été répondu que la traduction n’avait pas été prévue. Mécontents, les Africains se sont levés pour quitter la salle. Ils ont été rappelés par leur homologue français qui s’est proposé d’assurer lui-même la traduction. Refusant, ils ont quitté la salle. »


Une stratégie pour les quatre années à venir

Au delà d’autres péripéties plus ou moins heureuses, le rapport conclut : « Les Jeux olympiques offrent une vitrine formidable au français, mais cette vitrine n’a pas été suffisamment utilisée et éclairée à Athènes. Il est indispensable qu’elle le soit mieux et plus à Pékin en 2008 ». Hervé Bourges propose donc une stratégie « à la fois offensive et réaliste » pour les quatre années à venir.
« Rien ne doit être négligé pour obtenir une parfaite visibilité du français dans les médias mondiaux lors des prochains Jeux olympiques », écrit-il. Le Grand témoin recommande ainsi que l’OIF prenne contact avec le CIO au plus haut niveau, et également avec le comité d’organisation des Jeux de Pékin. Il propose une action auprès des médias, dont la diffusion d’un signal commenté en français par le télé-diffuseur hôte, l’octroi de crédits spéciaux et la création d’une cellule de veille permanente. « Compte tenu de la prédominance actuelle de l’anglais, la communauté francophone ne doit pas baisser les bras, ni se résigner », conclut le rapport. Les Jeux olympiques doivent être la « vitrine mondiale de la langue française (…) Ils constituent indéniablement pour le français une occasion unique de se faire entendre dans le monde entier et de se faire connaître comme une langue de communication internationale à l’égal de la langue anglaise, et hors des enceintes seulement diplomatiques. »


Philippe Quillerier

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