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20/09/2001

La chronique de Gérard Dreyfus : Quelles équipes à la CAN 2002 ?

(MFI) Conformément à l’usage, au soir du tirage au sort et les jours qui ont suivi, beaucoup se sont livrés au petit jeu des pronostics, sur la base des derniers résultats des équipes qualifiées, ceux des éliminatoires, et de la Coupe d’Afrique, et de la Coupe du Monde. En réalité, cela relevait plus d’une analyse virtuelle ou scientifique que d’une étude approfondie. Pour la bonne raison que jusqu’au dernier moment, il nous manque la donnée essentielle, à savoir quels sont les joueurs qui prendront effectivement part à la compétition ?

La question se pose, plus particulièrement, pour les cinq équipes qui, cinq mois après Mali 2002, représenteront l’Afrique à la Coupe du Monde. En principe, rien ne s’oppose à ce que les meilleurs joueurs, ceux qui pour la plupart évoluent en Europe, se retrouvent à Bamako, Kayes, Mopti, Ségou et Sikasso. Mieux les textes de la FIFA (*) font obligation à leurs clubs de les libérer, sous peine de sanctions.

Les règlements ne sont pas toujours appliqués

Seulement entre la loi et la pratique, il y a la pression exercée par les employeurs pour faire comprendre à leurs employés de joueurs que, dans leur intérêt, il serait préférable qu’ils ne répondent pas à l’appel de leur fédération. Parfois, les clubs interviennent directement auprès des fédérations concernées. Les entraîneurs sont parfaitement conscients de ces pratiques. « Je ne perdrai pas mon temps à supplier les professionnels de nous rejoindre pour la CAN », disait récemment Carlos Queiroz, l’homme en charge des Bafana Bafana. Nombre de Sud-Africains qui iront à la CAN seront issus des clubs locaux. Le Portugais a bien l’intention de leur consacrer tout son travail afin que l’équipe alignée soit la meilleure possible. Si les professionnels veulent et peuvent venir, tant mieux. Sinon, on fera sans eux. Cela vaut pour le Cameroun, le Nigeria, le Sénégal et à un degré moindre, pour la Tunisie dont la plupart des sélectionnés figurent dans l’effectif des grands clubs de leur pays. A cet égard, il n’est sans doute pas inutile de remarquer que les Camerounais n’ont jamais réalisé de prouesses lors des CAN qui ont précédé une Coupe du Monde. En 1994, ils n’étaient pas qualifiés pour le rendez-vous africain ; en 1982 et 1990, ils n’avaient pas passé le cap du premier tour ; enfin, en 1998, ils s’étaient arrêtés en quart de finale. Le cas du Cameroun est, c’est également vrai, un cas un peu particulier. Le Nigeria, par exemple, était devenu champion d’Afrique en 1994 avant de se rendre aux Etats-Unis ; l’Afrique du Sud avait terminé deuxième au Burkina Faso avant d’aller en France ; et la Tunisie avait terminé à la quatrième place en 1978 avant son déplacement en Argentine. Evidemment, il convient de se garder de généraliser l’exemple camerounais, démenti par les performances passées des autres pays.

Peut-on courir deux lièvres à la fois ?

Nul ne sait, en vérité, si un joueur, titulaire dans son club professionnel, donc extrêmement sollicité lors d’une saison raccourcie en raison de l’échéance mondiale, peut répondre efficacement présent à deux rendez-vous d’une telle importance. Son organisme est-il capable de supporter, sans que son rendement en soit altéré, de passer du froid et de la pluie au chaud, puis à nouveau au froid et enfin au climat asiatique ? Seuls les spécialistes de médecine sportive sont en mesure d’apporter une réponse. De plus, chaque footballeur est un cas différent. Il lui faut nécessairement, dans une saison, des temps de récupération. Si tel n’est pas le cas, les risques de baisse de rendement, de fatigue, mais aussi de blessures sont bien réels. Comment ne pas en tenir compte ? Partagés entre la nécessité de disposer de leurs meilleurs éléments et dans le même temps de les protéger, les entraîneurs sont dans une situation délicate. D’autant qu’ils subissent, comme les joueurs, la pression extrême des dirigeants qui ne conçoivent pas de prendre part à une compétition comme la Coupe d'Afrique pour ne pas espérer la gagner. En outre, beaucoup estiment, qu’il n’y a pas mieux qu’une CAN pour préparer une équipe avant une Coupe du Monde, pour lui apporter la cohésion indispensable, pour améliorer son rendement collectif, pour replacer certains joueurs à des postes qu’ils n’occupent pas nécessairement dans leurs clubs. On le comprend, c’est une situation extrêmement complexe, voire inextricable. Sans oublier qu’on pourrait multiplier les exemples de joueurs professionnels qui, bien que présents sur le terrain, ont négligé la CAN, pensant en priorité à la Coupe du Monde, génératrice de primes beaucoup plus élevées. Un joueur pas vraiment concerné représente davantage un poids pour son équipe qu’un atout.

Pronostic difficile

Dans ces conditions, émettre dès aujourd’hui un pronostic fiable relève du pari impossible. Ce que l’on peut avancer, c’est que la compétition est plus ouverte que jamais, qu’à l’intérieur de chacun des quatre groupes, chacune des équipes peut légitimement espérer passer, au moins, le premier tour et que les surprises peuvent être nombreuses. On pense, bien évidemment, à tous ceux qui ont échoué de peu dans les éliminatoires du Mondial et digèreraient difficilement un nouvel échec.

Gérard Dreyfus

(*) Les règlements de la FIFA stipulent que tout joueur qualifié pour la phase finale de la CAN (c’est vrai pour tous les championnats continentaux) doit être libéré quatorze jours avant le premier match du tournoi et qu’il doit être de nouveau à disposition de son club quarante-huit heures au plus tard après le dernier match disputé. Tout club refusant de libérer l’un de ses joueurs se met sous la menace de différentes sanctions, pas seulement financières…





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