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Biodiversité

Les calamars de Humboldt, des prédateurs voraces, jusqu’alors cantonnés dans la zone de la mer de Cortez au Mexique, remontent le Pacifique et semblent avoir élu domicile sur les côtes californiennes…

par Caroline Lachowsky

Article publié le 13/09/2007 Dernière mise à jour le 13/09/2007 à 16:12 TU

Le phénomène est récent et provoque l’inquiétude des pêcheurs. Les biologistes surveillent de très près ces énormes calamars que les pêcheurs mexicains ont surnommés Diablo Rojo, « les diables rouges ». Il s’agit d’énormes calamars des profondeurs, qui mesurent jusqu’à 2 mètres de long et pèsent dans les 50 kilos, qui ont  la particularité de changer de couleur en moins d’une seconde, en scintillant comme des arbres de noël. Ces prédateurs voraces et très agressifs disposent d’une vision excellente et leurs  quelque 2 000 ventouses sont, chacune, dotées de 36 dents de chitines leur permettant de déchiqueter et de dévorer tous les poissons qui passent à leur portée.

Le problème est, qu’aujourd’hui, ces diables rouges, qui vivent entre 200 et 700 mètres de profondeur, ont étendu leur territoire. Se déplaçant à 43 km heure de moyenne, ils ont remonté depuis le pacifique est  jusqu’au pacifique nord au large de la Californie, dévorant tout ou presque sur leur passage. Les biologistes de l’institut de recherche aquatique de la baie de Monterey en Californie, suivent le déplacement de ces calamars depuis une quinzaine d’années et sont frappés par l’étonnante capacité d’adaptation de ces calmars géants de Humboldt. L’investissement de ce nouveau territoire se fait aux dépends de la biodiversité. Les Diablo Rojo auraient profité à la fois des années El Nino, ce phénomène qui réchauffe les océans et qui inverse le courant mais aussi de la disparition progressive de leurs propres prédateurs : les requins et les thons.