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Cyclisme

Un pacte antidopage pour sauver le Tour de France

par Marc Verney

Article publié le 20/06/2007 Dernière mise à jour le 20/06/2007 à 13:49 TU

Le britannique Mark Cavendish (g.), le président de l'UCI, Pat Mc Quaid (c.), et Sandy Casar (d.), de la Française des Jeux, le 19 juin à Genève.(Photo : AFP)

Le britannique Mark Cavendish (g.), le président de l'UCI, Pat Mc Quaid (c.), et Sandy Casar (d.), de la Française des Jeux, le 19 juin à Genève.
(Photo : AFP)

La dernière arme pour lutter contre le fléau du dopage dans le cyclisme et sauver le Tour de France est une simple lettre. Le président de l’Union cycliste internationale, Pat Mc Quaid, a présenté, mardi 19 juin à Genève, son «engagement des coureurs pour un nouveau cyclisme» et a fortement encouragé les 600 professionnels du peloton à le signer. Ce document, sans valeur juridique, a déjà été paraphé par les coureurs Mark Cavendish (T-Mobile) et Sandy Casar (Française des Jeux).

Il n’y aura pas de Grande Boucle pour ceux qui n’auront pas signé le pacte moral lancé, mardi 19 juin 2007, dans les locaux de l’UCI à Genève. C’est la dernière réaction officielle de l’instance supérieure du cyclisme pour tenter d’éradiquer le fléau du dopage dans un sport qui, depuis longtemps, collectionne les casseroles. «Le cyclisme est arrivé aujourd’hui à un tournant capital, parce que si le passé et le présent jouent contre lui, il existe maintenant une volonté forte de la majorité de ses acteurs de changer les choses» a déclaré, optimiste, le président de l’UCI, Pat Mc Quaid, après les aveux en cascade des anciens coureurs de l’équipe Telekom, en mai 2007.

Concrètement, les 600 cyclistes professionnels sont invités à signer ce document avant le départ du Tour de France, le 7 juillet 2007. Les coureurs du ProTour y acceptent de tenir «leur ADN à disposition de la justice espagnole pour qu’il puisse être comparé avec les poches de sang saisies dans le cadre de l’affaire Puerto», une grave affaire de dopage qui a débouché en 2006 sur la saisie à Madrid et Saragosse, de grandes quantités de stéroïdes anabolisants, de matériel de transfusion sanguine et de plus de 200 poches de sang congelé. Si le document est sans valeur juridique, l’UCI pourra néanmoins infliger une amende équivalent à un an de salaire au coureur pris la main dans le sac aux produits dopants.

L’Union cycliste internationale a réussi également à imposer la mise en place d’un médecin du travail indépendant qui aura la responsabilité du suivi des coureurs durant les compétitions. Celui-ci pourra demander l’arrêt de course immédiat à l’encontre d’un cycliste qui présenterait des paramètres anormaux dans ses analyses.

Pointer les récalcitrants

«Si les vingt directeurs sportifs souhaitent y mettre fin, le dopage mourra naturellement» a lancé Pat Mc Quaid qui a ajouté «que la situation était grave mais pas désespérée». D’ici au 7 juillet, date du prologue du Tour à Londres, l’UCI va actualiser en continu la liste des signataires sur son site internet (lire). Le pari est risqué : il s’agit de compter avant tout sur la stigmatisation des récalcitrants. Ce que souligne Anne Gripper, responsable du programme antidopage de l’UCI, qui veut penser que les non-signataires de l’engagement n’oseront pas prendre le départ du Tour «à cause de la pression».

Du côté de l'Association des groupes cyclistes professionnels, on veut –pour l’instant- jouer le jeu : toutes les équipes adhérentes, a précisé Roger Legeay, le vice-président délégué, ont accepté la logique de l’UCI et feront signer le document à leurs coureurs. De même, les groupes sportifs s’engagent à ne pas présenter dans les différentes épreuves les cyclistes qui ne voudraient pas accepter les nouvelles règles du jeu. Enfin, une assemblée générale extraordinaire de l’Association est prévue avant le départ du Tour afin de statuer sur les équipes qui enfreindront à cette date le code éthique défini par l’UCI.

Le cyclisme joue gros dans cette affaire. Trop de scandales salissent l’image d’un sport dont l’actualité se passe désormais plus dans les cours de justice que sur la route. Une privation de course, une amende –même salée- infligées à une brebis galeuse seront-elles des sanctions suffisantes pour assainir le monde du vélo tant le problème y semble profondément ancré ? Faut-il parallèlement revenir sur le calendrier des courses, sur leur difficulté –moins d’étapes à trois cols- afin de respecter le métabolisme et la récupération naturelle des coureurs… Le chantier, immense, s’ouvre petit à petit : «Il y a une vraie volonté. Le cyclisme n’a pas besoin du dopage, qui est son ennemi» a déclaré Christian Prudhomme le directeur du Tour de France. Un vœu de plus ? Et dire que l’on ne connaît toujours pas le vainqueur du Tour 2006…

Le texte de l'UCI:
«Engagement des coureurs pour un nouveau cyclisme»

L’affaire Puerto a mis en lumière de graves faits de dopage dans le cyclisme. Ceux-ci, tout comme les autres affaires de dopage, nuisent fortement à mon sport et à ma situation personnelle.
L’incertitude subsistant sur l’identité des coureurs et des autres personnes qui pourraient être impliquées dans l’affaire Puerto est également très néfaste et demeurera tant que le dossier n’aura pu être clos.
Aujourd’hui, la suspicion règne. Elle mine la crédibilité de mon sport et ébranle la confiance du public, des instances, des organisateurs et de mes collègues. Pour ces raisons, je veux apporter ma contribution au redressement de cette situation et à l’assainissement du cyclisme en signant l’engagement ci-dessous, pour démontrer que j’adhère pleinement aux principes défendus par l’Union Cycliste Internationale (UCI).
«Je déclare sur mon honneur, devant mon équipe, mes collègues, l’UCI, la famille cycliste et le public, que je ne suis pas impliqué dans l’affaire Puerto ni dans aucune autre affaire de dopage et que je ne commettrai aucune infraction au règlement antidopage de l’UCI. Comme preuve de mon engagement, j’accepte, si je venais à violer ce règlement et étais condamné à la sanction standard de deux ans de suspension ou plus, dans le cadre de l’affaire Puerto ou de toute procédure antidopage, de verser à l’UCI, en plus des sanctions règlementaires, une contribution à la lutte antidopage d’un montant égal à ma rémunération annuelle pour l’année 2007.
Dans le même temps, je déclare à la Justice espagnole que je tiens mon ADN à sa disposition, pour qu’il puisse être comparé avec les poches de sang saisies dans le cadre de l’affaire Puerto. Je fais appel à la Justice espagnole pour qu’elle organise cet examen dans les plus brefs délais ou permette à l’UCI de l’organiser.J’adhère enfin à la volonté de l’UCI de rendre ma déclaration publique».

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