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Russie

Henri Paole:<br><br> «<i>C'est un type d'intervention très rare</i>»

Henri Paole, représentant en France de la société canadienne HSI qui fabrique des équipements de sauvetage des sous-marins, explique dans quelles conditions pourraient se dérouler les opérations de sauvetage du Koursk en mer de Barents.
RFI: Comment doivent se dérouler les opérations de sauvetage d'un sous-marin ?

Henri Paole: Généralement, les opérations se déroulent avec deux interventions. Une première intervention avec un scaphandre articulé qui s'appelle le Newsuit qui peut faire des interventions jusqu'à 600 mètres. Dans ce scaphandre, le pilote se trouve à la pression atmosphérique, donc il n'y a pas de problème de décompression. Il descend jusqu'au sous-marin avec un tuyau qui descend depuis le bateau de surface. Le scaphandrier fixe ce tuyau sur une valve située sur le sous-marin. Dès que le tuyau est «clampé» sur le sous-marin, on peut ventiler et augmenter la durée de survie. Ce premier contact est excellent pour le moral de l'équipage et dans certains cas il est également possible de faire passer de la nourriture par un petit sas. Parallèlement, on intervient avec un petit sous-marin, le DSRV (il en existe deux qui se trouvent aux Etats-Unis actuellement) qui est acheminé sur zone dans les sept jours. Ce petit sous-marin vient se coller sur le sous-marin en détresse au fond de façon à ce qu'on puisse évacuer l'équipage par un sas et ensuite le ramener à la surface.

RFI: Est-ce que ce type d'opération de sauvetage est fréquent ?

H.P.: Ce n'est pas fréquent, bien heureusement. Mais lorsque cela arrive, les marines sont satisfaites de disposer de ces moyens pour venir en aide aux équipages en détresse.

RFI: Quelles sont les principales difficultés dans ce type d'opération ?

H.P.:
Le plus difficile, c'est sans doute la mer démontée, telle qu'on la voit sur les images de télévision. Ce qui peut être problématique également, c'est l'angle selon lequel le sous-marin s'est échoué. Si l'angle est trop important, il est difficile de venir se clamper sur ce sous-marin.

RFI: Est-ce que ce type d'opération de sauvetage a déjà eu lieu ?

H.P.: Il y a tous les deux ans un exercice complet de l'OTAN qui s'appelle «sorbet royal» au cours duquel toutes les procédures et tous les moyens qui existent actuellement dans le monde sont mis en parallèle pour pouvoir intervenir sur des sous-marins qui seraient en détresse. Je ne dispose pas des chiffres concernant les opérations réelles effectuées, mais il y en a eu plusieurs.

RFI: Quelles sont les conditions de survie des marins à bord ?


H.P.: A bord des sous-marins, il existe des chambres de survie, une à l'avant et une à l'arrière. Elles sont prévues pour accueillir l'équipage au complet (entre 50 et 120 personnes). L'équipage se rend dans la chambre de survie la plus proche. Elles sont prévues pour avoir une autonomie de sept jours en vivres, en eau et en oxygène et il existe un moyen de captation du dioxyde de carbone avec de la chaux sodée.

RFI: Est-ce que les Russes disposent de ce type d'équipement ?


H.P.: A ma connaissance non, mais il est difficile d'avoir des éléments sur les capacités russes.



par Propos recueillis par Philippe  Couve

Article publié le 16/08/2000