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Mutilations sexuelles

Nouveau procès de l’excision à Paris

En France, ouverture ce jeudi d'un procès pour excision. Un Guinéen et ses deux épouses comparaissent aujourd'hui devant les juges de la Cour d'assises de Paris pour l'excision de trois de leurs filles. Les mutilations sexuelles ont été pratiquées au Sénégal et en Guinée. Mais elles tombent quand même sous le coup de la loi parce que les victimes sont françaises.
Cette nouvelle affaire débute en juillet 1998. Comme souvent, c'est le personnel d'un centre de protection maternelle et infantile parisien qui découvre, lors d'un banal examen, l'excision d'une des filles de Mamadou Bâ, un guinéen installé en France depuis les années 80.

L'ouverture d'une enquête, un an plus tard, va révéler que deux autres enfants ont également subis l'ablation du clitoris...

Avec une particularité: c'est que ces mutilations sexuelles ont été pratiqués hors du territoire français, lors de déplacements au Sénégal et en Guinée.

Un cas d’école

En principe, ces actes tombent sous le coup de la loi, puisque les victimes sont de nationalité française. Le père et ses deux épouses se défendent, en assurant que ces excisions ont été pratiquées à leur insu par leur famille lors de ces séjours.

Mais aux yeux des associations de luttes contre ces pratiques, il pourrait s'agir d'un cas d'école. Effectivement, face à la multiplication des procès pour des mutilations sexuelles pratiquées dans l'hexagone, un nombre croissant de familles envoient leurs filles se faire exciser dans leur pays d'origine, dans l'espoir d'échapper à la loi française.


Ecouter la sociologue Isabelle Gillette-Faye, directrice du GAMS (groupement des femmes pour l'abolition des mutilations sexuelles), 5'19''



par Christophe  Champin

Article publié le 25/03/2004 Dernière mise à jour le 24/03/2004 à 23:00 TU