Rechercher

/ languages

Choisir langue
 

Cuba

Castro entretient les espoirs de l’UE

Louis Michel, le commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire (à g.) salue le ministre cubain des Affaires étrangères, Felipe Perez Roque, le 25 mars à La Havane.(Photo: AFP)
Louis Michel, le commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire (à g.) salue le ministre cubain des Affaires étrangères, Felipe Perez Roque, le 25 mars à La Havane.
(Photo: AFP)
Le commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire Louis Michel vient d’effectuer une visite de deux jours à Cuba au cours de laquelle il s’est notamment entretenu pendant quatre heures avec le président cubain Fidel Castro. Au terme de cette rencontre, Louis Michel s’est dit plus «optimiste» quant à la possibilité de relancer le dialogue politique entre l’UE et Cuba, en précisant avoir également abordé avec Fidel Castro la question des dissidents politiques emprisonnés.

Deux mois après la levée des sanctions qui frappaient Cuba depuis juin 2003, l’Union européenne tente de rétablir un dialogue politique avec le régime castriste. Le 10 janvier, Cuba avait annoncé la normalisation de ses relations avec les 25 pays de l’UE, après avoir tenté dans un premier temps de ne le faire qu’avec ceux qui soutenaient la levée des sanctions adoptées après les lourdes condamnations prononcées en 2003 contre 75 dissidents politiques. Les dirigeants cubains attendaient en retour un geste des Européens, acceptant même de procéder à quelques libérations, dont celle du poète Raul Rivero. Ils étaient récompensés le 31 janvier avec la levée des sanctions, l’Union européenne indiquant alors qu’elle souhaitait «maintenir un dialogue constructif avec les autorités cubaines en vue de parvenir à des résultats tangibles dans les domaines politique et économique et dans ceux des droits de l’Homme et de la coopération».

Ces différents sujets, ont donné lieu , selon le commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire Louis Michel, à une franche discussion lors de la longue réunion qu’il a eue samedi avec Fidel Castro. Fidel Castro avait donné le ton avant même le début de cette réunion en demandant à son invité devant les caméras de télévision s’il n’avait pris récemment quelques kilos. «Nous avons passé en revue tous les thèmes dans une ambiance d’écoute mutuelle», a expliqué Louis Michel, en précisant que le sort des dissidents politiques emprisonnés avait également été évoqué. Et si cette rencontre ne lui a pas permis d’obtenir de nouveaux gestes concrets en direction de Bruxelles qui doit- examiner à nouveau en juillet le dossier des sanctions contre Cuba, il s’est dit persuadé de l’existence d’une «réelle volonté» des autorités cubaines de renouer le dialogue avec l’Union européenne.

Rencontres avec les dissidents

Louis Michel a insisté sur le fait qu’il avait pu, au cours de son séjour sur l’île, rencontrer facilement et librement les principaux dissidents cubains au siège de l’UE à La Havane. «Les autorités cubaines ne sont pas intervenues dans ces rencontres», a affirmé Louis Michel. Il s’est ainsi notamment entretenu avec Oswaldo Paya, prix Sakharov du Parlement européen pour son action en faveur des droits de l’Homme et dirigeant du Mouvement chrétien de libération - une formation interdite -, ou Marta Beatriz Roque, une dirigeante de l’Assemblée pour la promotion de la société civile libérée de prison en juillet dernier. Sur les 75 personnes condamnées en avril 2003 à des peines de prison allant de 6 à 28 prison, seulement quatorze ont retrouvé leur liberté à ce jour. Et l’UE ne cesse depuis de demander au régime castriste de procéder à leur libération.

A l’issue de sa rencontre avec Louis Michel, Elizardo Sanchez, président de la Commission cubaine des droits de l’Homme et de la Réconciliation nationale, n’a pas caché son pessimisme quant à l’avenir politique de l’île. «La situation des droits civils, politiques et économiques va continuer à s’aggraver à court terme, à moins que ne se produise un miracle», a anticipé Elizardo Sanchez.

La visite du commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire sur l’île a coïncidé avec celle d’un groupe de douze parlementaires européens membres du Groupe d’amitié avec Cuba. «Nous avons exprimé la nécessité de libérer les prisonniers car ils ne constituent pas, à notre avis, une menace pour le pays», a expliqué l’eurodéputé espagnol Miguel Angel Martinez. Cette délégation a également pu rencontrer les dissidents, insistant sur le fait qu’il était «indispensable» pour la société cubaine de «créer des espaces pour les gens qui pensent différemment».


par Olivier  Bras

Article publié le 27/03/2005 Dernière mise à jour le 27/03/2005 à 17:37 TU

Audio

Louis Michel

Commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire

«Il y a une réelle volonté de Cuba de renouer avec l'Union européenne.»

Articles