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Etats-Unis

Décès du président de la Cour suprême

Le président de la Cour suprême américaine William Rehnquist est décédé samedi à l'âge de 80 ans.(Photo: AFP)
Le président de la Cour suprême américaine William Rehnquist est décédé samedi à l'âge de 80 ans.
(Photo: AFP)
Le président de la Cour suprême des Etats-Unis, William Rehnquist, est décédé samedi à l’âge de 80 ans, après avoir lutté près d'un an contre un cancer. Il a façonné ces vingt dernières années une institution à son image, très conservatrice et au plus près du texte des lois. Sa succession pourrait entraîner une féroce bataille politique.

Le juge en chef de la Cour suprême des Etats-Unis, William Rehnquist, s’est éteint à son domicile d'Arlington, en Virginie, samedi, d'un cancer de la thyroïde. Son cancer avait été diagnostiqué en octobre de l'année dernière et malgré un traitement lourd, William Rehnquist avait continué à assumer ses fonctions en dépit de nombreux débats sur son éventuelle démission pour raisons de santé. Il avait alors affirmé qu'il resterait en poste tant que sa santé le lui permettrait. Son décès est intervenu en plein drame national avec la catastrophe du cyclone Katrina. Un porte-parole de la Maison Blanche, Jeanie Mamo, a fait savoir qu’informé du décès du magistrat, le président George W. Bush s'est aussitôt déclaré «profondément attristé».

«George W. Bush qui a prêté serment deux fois devant William Rehnquist pour inaugurer ses mandats à la Maison Blanche en janvier 2001 et janvier 2005 fera une déclaration dans la journée de dimanche», a ajouté le porte-parole. Le juge Rehnquist avait tranché en faveur du président George W. Bush, lors de l'élection présidentielle contestée de 2000, en arrêtant le processus de recomptage des voix, et sa dernière apparition marquante était survenue lors de la cérémonie d'investiture du second mandat du président Bush, en janvier dernier.

William Rehnquist avait façonné une cour à son image 

La Cour suprême, la plus haute instance judiciaire d'appel, a pour mission première de veiller à la constitutionnalité des lois. Les neuf juges de cette cour, nommés à vie, jouent un rôle pivot au sein de la société américaine, puisqu’ils sont amenés à trancher sur tous les grands débats sociétaux comme : droit à l'avortement, droit des minorités raciales ou sexuelles, peine de mort, notamment. Or William Rehnquist avait façonné une cour à son image, une cour très conservatrice.

Opposé aux droits des homosexuels, à la «discrimination positive» à l'égard des minorités ou aux limitations pour se procurer une arme, William Rehnquist était un fervent partisan de la peine de mort et de la religion à l'école. Longtemps, il a été le juge le plus conservateur de la Cour n'hésitant pas à rédiger des opinions divergentes sur des décisions tranchées à 8 contre 1, s'attirant le surnom de «Justicier solitaire».

Il appartiendra désormais au président George W. Bush de désigner un successeur, une décision que devra confirmer le Sénat américain. Il y a à peine deux mois, le chef de l’exécutif américain a nommé John Roberts, un juge fédéral proche de son parti républicain, en remplacement de la juge Sandra Day O'Connor, démissionnaire de la Cour suprême. Le processus de confirmation de John Roberts, 50 ans, doit commencer mardi prochain. La mort de William Rehnquist obligera George Bush à nommer un nouveau juge en chef et à combler une nouvelle place au sein du haut tribunal.

Parmi les personnalités conservatrices les plus en vue figurent notamment Michael Luttig, juge à la Cour d'appel, et l'actuel ministre  de la Justice, Alberto Gonzales. Les démocrates soupçonnent l'administration Bush de vouloir imposer ses vues, au sein d'une juridiction profondément divisée au sujet de questions de société, et la bataille politique promet d’être tendue.


par Dominique  Raizon

Article publié le 04/09/2005 Dernière mise à jour le 05/09/2005 à 08:15 TU

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Jean-Louis Pourtet

Correspoondant de RFI à Washington

«En 1986, William Rehnquist avait été promu à la tête de la Cour suprême par le président Reagan»

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