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Salon automobile de Francfort

La part belle aux voitures propres

Un modèle hybride parmi d'autres : la Cleanova III, adaptation d'une Renault Scénic.(Photo : AFP)
Un modèle hybride parmi d'autres : la Cleanova III, adaptation d'une Renault Scénic.
(Photo : AFP)
Si les stylistes se penchent toujours sur des matériaux et des lignes toujours plus futuristes, l’envolée des prix du pétrole et les préoccupations environnementales de plus en plus pressantes encouragent les constructeurs automobiles à s’intéresser aujourd’hui aux portefeuilles de la clientèle et aux technologies de motorisation hybride. Le 61e Salon de l’automobile qui ouvre ses portes aux professionnels lundi à Francfort oscille entre nouveautés aguichantes pour relancer un marché européen et stratégies d’économies d’énergie. Quelque mille exposants venus de 44 pays y présentent leurs nouveautés pendant deux semaines.

Au total, le salon présente quelque 80 premières européennes et mondiales : quelques petites citadines, des 4x4, des berlines de haute gamme, et des sportives. Stylisme et créativité se portent bien. Parmi les nouveautés on citera par exemple, sur le segment des petites voitures, deux modèles très attendus de Renault et Fiat : la Clio troisième génération et la nouvelle Punto. Honda dévoile sa nouvelle Civic hybride ; les designers de Ford ne vont pas manquer de faire parler d'eux avec des modèles fabriqués en fibre de carbone, un matériau léger, tandis que Mazda présente un véhicule pratique et économique au dispositif avant-gardiste avec un siège arrière escamotable en fonction du nombre de passagers. Dans le haut de gamme, Mercedes crée l'événement avec la nouvelle mouture de son modèle vedette, la classe S, un best-seller vendu depuis sa création il y a 25 ans à près de 500 000 exemplaires. Et, du côté des sportives : Peugeot présente la version coupé de sa 407, Volkswagen un cabriolet très attendu en Allemagne, positionné entre la Golf et la Passat.

Remarquée sur le salon cette année, l’arrivée des Chinois : pour la première fois, trois constructeurs proposent sur le salon des voitures qui sont vendues autour de 3 000 euros en Chine, un prix défiant toute concurrence et qui affole d’ores et déjà les constructeurs européens. Landwind, le premier fabricant de voitures entièrement chinoises à bas prix, espère conquérir un marché européen très porteur. Certes, leurs réseaux commerciaux étant encore à l'état embryonnaire en Europe, les constructeurs chinois ne présentent certes cette année qu'une poignée de voitures mais leur capacité à produire à moindre coût inquiète déjà une industrie européenne en difficulté, d’autant que le constructeur chinois présent avec un 4 × 4 dont le premier prix pourrait être de l'ordre de 17 000 euros, opère aussi le début d'une nouvelle offensive sur ce segment.

Les usines européennes exportent peu aujourd’hui vers l’Asie et l’Amérique latine, alors que dans un même temps le marché asiatique s’impose de plus en plus en Europe. Une nouvelle guerre des prix serait donc catastrophique pour les constructeurs occidentaux dont les marges se ressentent déjà de la morosité du marché et de l'envolée des coûts des matières premières, avec un baril qui frôle les 70 dollars. Tôt ou tard par exemple, les ventes de 4x4 et de grosses cylindrées consommant beaucoup de carburant seront affectées par cette envolée du prix du pétrole. Que ce soit pour les petites ou les grosses voitures, «Je demande vraiment à voir comment ils (les Chinois) vont passer du prix au produit. Il nous faut faire monter Fiat d'un cran sur le marché car la lutte sera à couteaux tirés», déclarait la semaine passée un haut dirigeant de Fiat à l’agence Reuters.

La tendance est aux voitures propres

La concurrence s’annonce effectivement de plus en plus rude pour les grands constructeurs européens qui vont devoir rivaliser pour séduire un automobiliste qui, toujours sensible aux allures de sa voiture, à sa carrosserie et à son habitacle, est toutefois de plus en plus regardant sur le prix de son jouet et de plus en plus attentif à sa consommation. Les Asiatiques l’ont bien compris. Lexus, filiale haut de gamme de Toyota débarque avec sa première voiture hybride , la GS 450. Avec Mazda Sassou, un modèle qui associe des technologies aérodynamiques réduisant la résistance à l’air, Mazda a travaillé sur un produit urbain et écologique indiquant quelle orientation la constructeur pourrait prendre dans les années à venir pour développer un modèle répondant aux futures normes européennes très strictes d’émission de CO2.

Francfort fera donc cette année la part belle aux voitures propres. L'Américain Ford présente quant à lui deux modèles à propulsion au bio-éthanol. Cette tendance prévisible aux économies d’énergie amène donc les européens, même les plus sceptiques comme BMW, à s'intéresser aux technologies de motorisation hybride, qui permettent à un même véhicule d'alterner consommation d'essence et alimentation électrique. Le constructeur allemand a annoncé qu’il allait rejoindre le projet de développement unissant General Motors et Daimler-Chrysler sur les hybrides utilisant des moteurs électriques associés à des moteurs à essence conventionnels. La filiale suédoise de BMW, Saab, expose une berline qui roule à l’éthanol, un carburant produit à partir de céréales. Ford, de son côté, accroît ses efforts sur les biocarburants en Europe : «Très bientôt nous vendrons en France la première voiture fonctionnant indistinctement à l’essence classique ou avec des biocarburants», a déclaré le PDG de Ford France, Eric Saint-Frison. En France, Renault et Peugeot-Citroën s’attellent au même cahier des charges pour travailler sur des hybrides à la recherche d'une technologie moins dépendante des carburants fossiles.

par Dominique  Raizon

Article publié le 12/09/2005 Dernière mise à jour le 12/09/2005 à 17:30 TU