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Politique française

Le Parti socialiste réussit «la synthèse»

Arnaud Montebourg, Francois Hollande, Vincent Peillon et Henri Emmanuelli (de G. à D.), en train de discuter, dans la nuit de samedi à dimanche, de la «synthèse».(Photo: AFP)
Arnaud Montebourg, Francois Hollande, Vincent Peillon et Henri Emmanuelli (de G. à D.), en train de discuter, dans la nuit de samedi à dimanche, de la «synthèse».
(Photo: AFP)
Le Parti socialiste, principal parti d’opposition français, est parvenu, dans la nuit de samedi à dimanche, à faire la synthèse entre ses trois principaux courants. C’est le dernier congrès des socialistes avant l’élection présidentielle de 2007. L’accord a été trouvé sans Arnaud Montebourg, l’un des dirigeants du courant Nouveau parti socialiste.

L’accord entre les différents courants du Parti socialiste est intervenu vers 3 heures 30 du matin, à l’occasion de ce congrès du Mans, le dernier avant l’élection présidentielle de 2007. «Il y a maintenant un rassemblement de tous les socialistes», s’est réjoui François Hollande, le premier secrétaire du PS.

Cette synthèse entre les différentes motions met fin à une période de divisions internes. Elles avaient éclaté au grand jour au moment du référendum sur la Constitution européenne. Laurent Fabius, à l’époque numéro deux du PS, avait appelé à voter «non» alors que la direction du parti appelait à dire «oui» au nouveau traité. Le courant Nouveau parti socialiste de son côté n’avait pas donné de consigne de vote aux sympathisants de gauche.

«Il fallait que nous trouvions un dépassement de ce qui avait pu nous séparer et une union forte pour donner espoir aux Français, c’est fait», a encore déclaré François Hollande, le numéro un du Parti socialiste. «Tous les socialistes ont fait preuve du meilleur des esprits : esprit de responsabilité face à la situation du pays, à l’attente qui est portée sur nous, au rassemblement de la gauche qui doit se faire autour de nous», a-t-il encore indiqué.

«C’est une très bonne nouvelle pour les socialistes», a pour sa part déclaré Laurent Fabius. «Je crois que ce qui est important, c’est que le Parti socialiste soit rassemblé, et sur une ligne de gauche». L’ancien Premier ministre socialiste dirige l’un des principaux courants du PS et fait partie des «présidentiables».

L’alliance a été plus difficile à réaliser avec le courant Nouveau Parti socialiste dirigé par Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Henri Emmanuelli. Arnaud Montebourg défend l’idée d’une sixième République, dans laquelle les pouvoirs du Premier ministre seraient renforcés au détriment de ceux du chef de l’Etat. Le texte adopté la nuit dernière prône seulement le passage à une «République nouvelle». Arnaud Montebourg n’a pas participé au vote de synthèse et a déclaré : «Par loyauté à l’égard de notre parti, nous avons le choix de laisser la synthèse se faire… Nous nous interrogeons sur la crédibilité, la puissance, la dynamique, contenues dans ce qui a été conçu ce soir».

Les amendements du NPS

«Tout le monde sait qu’Arnaud Montebourg accorde beaucoup d’importance à la sixième République, mais il y a eu des progrès importants, suffisants, pour qu’on estime collectivement qu’il fallait dire oui», a expliqué de son côté Vincent Peillon pour qui le rassemblement «n’est pas du tout de façade». Pour le député européen, le courant NPS a tout de même obtenu gain de cause sur 35 des 40 amendements qu’il avait déposé pour «enrichir» le programme de François Hollande, programme qui a recueilli la majorité chez les militants socialistes au cours d’un référendum interne, la semaine dernière.

François Hollande a indiqué que la motion de synthèse fait notamment référence à un niveau de salaire minimum garanti à 1 500 euros au cours de la prochaine législature, si le PS remporte l’élection présidentielle. C’était une demande de Laurent Fabius. Pour sa part le porte-parole du NPS, Benoît Hamon, indique que son courant a obtenu que soit pris en considération «un tarif extérieur commun» dans la politique commerciale de l’Union européenne. Il s’agit d’instaurer une protection douanière concernant les intérêts de l’UE.

Dominique Strauss-Kahn, député du Val-d’Oise, et l’un des candidats possibles à la candidature, s’est réjoui de la synthèse intervenue dans la nuit entre les principales motions d’orientation au PS, «ce qui a permis de dégager une majorité nette avec tous les socialistes derrière. Je voulais que la majorité soit nette et elle l’est». Pour Dominique Strauss-Kahn, les minoritaires «ont préféré être beaux joueurs, reconnaître la victoire de la motion que je représentais avec François Hollande. C’est le scénario idéal».

Dimanche matin, François Rebsamen, numéro trois du Parti socialiste, a annoncé officiellement à l’ensemble du congrès qu’une synthèse a été obtenue dans la nuit «au bout de six heures de discussions» entre les courants du PS. François Rebsamen a précisé que le vote a été acquis à l’unanimité des 102 membres de la Commission des résolutions, chargée de trouver un accord, moins cinq abstentions. La composition de cette commission reflétait le résultat du vote des militants de la semaine dernière. La synthèse obtenue dans la nuit de samedi à dimanche a ensuite été ratifiée par une large majorité des 614 délégués présents à ce congrès.    


par Colette  Thomas

Article publié le 20/11/2005 Dernière mise à jour le 20/11/2005 à 12:46 TU