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Côte d'Ivoire

Gbagbo boycotte l’ONU

Le président Laurent Gbagbo qualifie de « mascarade » le débat sur la Côte d’Ivoire qui se tient en marge de l’Assemblée générale de l’Onu. 

		(Photo : AFP)
Le président Laurent Gbagbo qualifie de « mascarade » le débat sur la Côte d’Ivoire qui se tient en marge de l’Assemblée générale de l’Onu.
(Photo : AFP)
Le président Laurent Gbagbo a multiplié, ces derniers jours, les rencontres avec les soldats de toutes les armes de son pays et leur a livré «quelques réflexions que lui inspirent les événements actuels». Des déchets toxiques à l’assemblée générale des Nations unies à New York, le chef de l’Etat ivoirien s’est appliqué à montrer à ses interlocuteurs qu’il reste ferme aux commandes.

La fermeté pour Laurent Gbagbo c’est avant tout de refuser d’aller à New York pour participer à la 61e Assemblée générale de l’Onu. Pourtant, en marge de cette assemblée, ce 20 septembre 2006 il sera question de la Côte d’Ivoire. De nombreux chefs d’Etat africains sont conviés à cette rencontre à laquelle les protagonistes ivoiriens sont également associés. Mais Laurent Gbagbo a refusé de participer à cette «mascarade» en estimant qu’il n’appartient pas à cette instance de décider de l’avenir de son pays. Toutefois, cette même instance avait un an plutôt par la résolution 1633 prorogé d’un an son mandat présidentiel arrivé à son terme. C’est par cette même disposition que l’Onu avait fixé les termes d’une transition conduite par un Premier ministre, Charles Konan Banny, dont la mission principale était d’organiser l’élection présidentielle avant le 31 octobre 2006.

Mais tous les acteurs de la vie politique en Côte d’Ivoire ont reconnu l’impossibilité de respecter les délais. Recensement, établissement des certificats d’identité et de nationalité, désarmement ont été des points de discorde qui ont bloqué le processus de paix. Laurent Gbagbo a alors considéré que tout cela a été «une perte de temps» et «un échec». Les quelque 11 000 soldats français et onusiens «peuvent partir s’ils le veulent», a-t-il déclaré en pointant l’inefficacité de leur mission. «Le temps des propositions et des négociations est terminé. J’ai fait tout ce qu’on m’a demandé, et les rebelles n’ont pas désarmé», constate-il en tenant la communauté internationale responsable des faits.

Embarrasser les Africains à New York

Les différentes interventions du chef de l’Etat ivoirien ont, depuis quelques temps, un ton très provocateur et témoignent de sa farouche volonté de reprendre les choses en main. Mais le Groupe de travail international (GTI), chargé de surveiller le processus de paix en Côte d’Ivoire, ne partage pas les mêmes sentiments et souhaite le vote d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’Onu afin de «renforcer les pouvoirs» du Premier ministre, Charles Konan Banny. Dans le cas de la résolution 1633, il faut bien ouvrir une nouvelle porte qui donne elle-même sur des perspectives nouvelles afin de sortir du blocage actuel. C’est bien pourquoi tous les principaux acteurs politiques ivoiriens sont invités à New York. Laurent Gbagbo se soustrait de cette démarche pour avoir beau jeu de dire : «je n’y étais pas, je n’ai pas signé, donc je ne suis pas concerné». 

Pour contrer toute décision qui serait prise à New York, Laurent Gbagbo évoque «un plan alternatif» qu’il soumettrait à l’Union africaine (UA). Redonnant la main à l’organisation suprême africaine, il espère embarrasser et diviser le groupe africain à l’assemblée générale de l’Onu. Mais le président en exercice de l’UA, Denis Sassou Nguesso, aurait-t-il déjà oublié le revers que lui a infligé le chef de l’Etat ivoirien, lorsqu’au nom de l’organisation panafricaine il avait récemment tenté de relancer le processus de paix en Côte d’Ivoire ?    



par Didier  Samson

Article publié le 20/09/2006 Dernière mise à jour le 20/09/2006 à 18:02 TU