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Irak

Ballet diplomatique avant la conférence

Avant sa visite, samedi à Riyad, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, aux côtés de son homologue soudanais, Omar Hassan el-Bechir, a critiqué, à Khartoum, la position américaine sur l'Irak, le Liban et les Territoires palestiniens. 

		(Photo : Reuters)
Avant sa visite, samedi à Riyad, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, aux côtés de son homologue soudanais, Omar Hassan el-Bechir, a critiqué, à Khartoum, la position américaine sur l'Irak, le Liban et les Territoires palestiniens.
(Photo : Reuters)
A une semaine de la première conférence internationale de Bagdad, prévue le 10 mars dans la capitale irakienne, l’agitation diplomatique monte d’un cran. Parmi les hauts responsables à se déplacer dans la région, le président iranien qui se rendra en visite, samedi, en Arabie Saoudite, après un voyage à Khartoum, la capitale soudanaise. Les contacts se multiplient. Avec la volonté, plus ou moins affichée, de prendre la température au niveau bilatéral avant de se mettre – tous ensemble – autour de la table irakienne.

Est-ce le dégel qui annonce le printemps ? Rien n’est moins sûr, certes. Mais le geste est suffisamment rare pour attirer l’attention des observateurs internationaux : à quelques jours de la rencontre entre les Etats-Unis et les «Etats voyous» à Bagdad, le président iranien, le chiite Mahmoud Ahmadinejad, se rend, ce samedi, chez son concurrent sunnite, le roi Abdallah d’Arabie saoudite. Cette visite est le résultat des efforts diplomatiques de ces derniers mois, au cours desquels l’Iranien Ali Larijani, secrétaire du Conseil de sécurité national suprême, a été envoyé en Arabie Saoudite. De son côté, le prince Bandar ben Sultan, conseiller à la sécurité nationale saoudienne, a effectué des visites à Téhéran.

Après ces pas, aussi prudents que stratégiques, voici, enfin, le grand face-à-face entre Ahmadinejad et le roi Abdallah, entre l’ennemi et l’allié des Etats-Unis, entre le monde chiite et le monde sunnite, entre les deux puissances qui se disputent le contrôle du Moyen-Orient. A Riyad, le président iranien et son hôte, le roi saoudien, vont parler du Liban, du conflit israélo-palestinien et du nucléaire, mais aussi de l’Irak. L’Arabie saoudite s’inquiète de l’influence grandissante de Téhéran, qui soutient les milices chiites en Irak, le Hezbollah au Liban et le Hamas dans les Territoires palestiniens.

Les Saoudiens et les Iraniens vont, ensuite, se retrouver à Bagdad le 10 mars – si la République islamique accepte enfin, officiellement, l’invitation lancée par le gouvernement irakien. Car, pour l’instant, Téhéran – comme à son habitude – se plaît à laisser planer le doute sur sa participation à cette première des deux conférences sur la paix en Irak.

«Nous assisterons à la réunion si nous parvenons à la conclusion que c'est dans l'intérêt de l'Irak», avait ainsi déclaré le haut responsable Ali Larijani ce mercredi. Mais, même si cette «conclusion» se fait attendre depuis, Téhéran ne pratiquera certainement pas la politique de la chaise vide. Il est, alors, prévisible que l’Iran se fera, au moins, représenter par son ambassadeur à Bagdad.

La plupart des observateurs restent sceptiques 

Le même souci d’envoyer des signes d’un réchauffement du climat politique existe côté américain : l’annonce, par la secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, de la participation des Etats-Unis à la conférence de Bagdad, en présence de l’Iran et de la Syrie, avait déjà fait sensation. Mais cela n’a visiblement pas suffit à l’administration Bush pour marquer le changement de sa stratégie diplomatique. Washington s’est, en outre, décidé à envoyer une haute responsable en Syrie. La visite à Damas d’Ellen Sauerbrey, chargée des questions humanitaires au sein du gouvernement américain, est clairement perçue comme un nouvel effort de détente dans les relations politiques entre les Etats-Unis et la Syrie, interrompues depuis l’assassinat, en février 2005, du Premier ministre libanais, Rafic Hariri, que Washington a imputé au régime syrien.

L’ensemble de ces manœuvres diplomatiques, en préalable à la conférence internationale prévue dans une semaine à Bagdad, ne rassure pas, pour autant, les observateurs internationaux. La plupart d’entre eux restent sceptiques : ils prévoient moins des avancées politiques réelles pour l’Irak durant cette conférence qu’une ouverture possible débouchant – peut-être – sur des pourparlers ultérieurs.

par Stefanie  Schüler

Article publié le 02/03/2007 Dernière mise à jour le 02/03/2007 à 17:21 TU